CDI 3* du Mans : Christophe Koschel prend le meilleur sur Camille Judet Cheret
samedi 17 octobre 2020

Camille Judet Chéret et Duke of Swing, deuxièmes du Grand Prix 3* au Mans © DR

Alors que la saison indoor devrait pleinement débuter en ce mois d’octobre, la deuxième vague de Covid-19 se charge à nouveau de remanier le planning international de la sphère dressage. Ainsi, après l’annonce de l’annulation ferme et définitive du Longines Equita Lyon, et donc de l’étape de la Coupe du monde de dressage, le CDI 3* du Mans apparait comme le dernier concours international 2020 sur le sol français.

S’il y a bien une chose dont Philippe Rossi peut se satisfaire pour son dernier concours international de dressage de l’année, c’est bien la présence en nombre de cavaliers étrangers. En effet, malgré le contexte actuel particulier et la mise en place de quarantaine dans de nombreux pays européens, les cavaliers de dressage n’ont pas boudé le CDI 3* du Mans. Et si l’on regarde le calendrier de la FEI, il ne devrait rester que douze CDIs organisés à travers l’Europe d’ici à la fin décembre. Tout cela sans compter sur de nouvelles annulations liées à la Covid-19. « Nous sommes déjà très contents d’avoir pu juger un Grand Prix, sur un CDI, le tout avec un assez grand nombre de partants et plusieurs nations représentées », lance Raphaël Saleh qui officiait en H sur ce Grand Prix. « Il n’y aura quasiment aucun Grand Prix Coupe du monde cet hiver, c’est donc très bien que les chevaux aient pu dérouler un Grand Prix ce week-end. Les cavaliers européens ont osé voyager, ce qui nous fait plaisir, mais je pense que cela est aussi dû à la qualité de l’accueil et des terrains. Les gens connaissent bien ce concours et c’est pour cela qu’ils ont fait l’effort de venir », poursuit-il.

En effet, sur vingt-cinq partants, les drapeaux de douze nations, dont la France, étaient affichés sur le listing de départ. « Venir n’a pas été un problème alors j’espère que cela sera pareil pour rentrer en Autriche », lâche la présidente du jury du Grand Prix, Sissi Max-Theurer. Si pour la juge internationale rejoindre le Mans n’a donc pas été un problème, cela a aussi été le cas des cavaliers qui, en tant qu’athlètes de haut niveau et professionnels, ne rencontrent pas de problème sur les routes européennes. « Je pense que tout le monde était content de pouvoir participer à un concours et les étrangers nous ont dit que les conditions pour les professionnels étaient assez flexibles. S’il y a bien une chose dont tout le monde s’est rendu compte avec le confinement est que la routine de concours est très importante. Il ne s’agit pas seulement des chevaux qui vont bien à la maison, ils ont besoin de dérouler et d’être dans le contexte de la compétition, même si pour cela il faut faire plus de route », analyse Camille Judet Chéret. Et pour Sissi Max-Theurer, l’avenir des compétitions indoors se trouve peut-être dans un format différent. « Je pense qu’il y aura plus de concours indoors dans ce type d’environnement plutôt que dans de grands halls d’exposition. Ici, au Mans, il n’y a que les cavaliers et très peu de public, simplement les proches et les entraineurs ». 

Trois français dans le Top 10

Et justement, du côté du sport, c’est la cavalière de Pamfou Dressage qui a réalisé la meilleure performance tricolore. En selle sur Duke of Swing, propriété de son altesse royale la princesse Sirivannavari de Thaïlande, Camille Judet Cheret a pris la deuxième place du Grand Prix avec une note de 70,239%. « Je me suis régalée !, sourit la cavalière. Autour de la piste je me suis dit qu’il fallait tout donner et prendre des risques et le cheval a joué le jeu. Ce n’était pas parfait, il y a encore pleins de choses à améliorer, mais je pense que c’était dans le bon sens et le cheval a montré de quoi il est capable », explique Camille qui n’a pas hésité une seconde à venir sur ce dernier CDI français de l’année. « On s’est vraiment dit qu’il fallait venir avec les chevaux que l’on pouvait emmener car on ne connait pas la tournure que tout cela va prendre. Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre en termes de présence de cavaliers étrangers mais finalement cela a été une belle surprise », poursuit-elle alors que son partenaire aux écuries et dans la vie, Corentin Pottier, a pris par deux fois la deuxième place du Medium Tour du CDI 2* avec Gotilas du Feuillard.

La victoire dans le Grand Prix est alors revenue à l’Allemand Christophe Koschel, en selle sur Eaton Unitechno, avec une moyenne de 70,956%, tandis que la Russe Aleksandra Maksakova a complété le podium avec Bojengels (69,891%). Les Portugais, venus en force, réalisent un tir groupé aux 4e, 5e et 6e places avec Gonçalo Carvahlo et Craque das Figueiras (69,739%), Maria Caetano avec Fenix de Tineo (69,195%) et Carlos Pinto avec Sultao de la Gesse (68,956%). Deux autres couples tricolores se sont classés dans le Top 10 de ce Grand Prix, Bertrand Liegard, 8e avec Star Wars (68,631%) et Marie-Emilie Bretenoux, 9e avec Quartz of Jazz (67,457%). « Les cavaliers français ont bien monté, en présentant une équitation correcte. Je trouve que l’on rattrape de plus en plus notre retard technique et cela se voit sur les concours internationaux », conclut Raphaël Saleh. 

La compétition se poursuit au Mans avec la Reprise Libre en Musique samedi après-midi, et le Grand Prix Spécial, dimanche.

Les résultats complets : ICI.