CHE Rotterdam: Adelinde, Carl et Laura dans le Championnat Grand Prix Spécial
samedi 20 août 2011

rotterdam11- cornelissen
Adelinde Cornelissen et Parzival dans le GPS © FEI

Premier lot de médailles individuelles ce samedi 20 août, et malgré une erreur, Adelinde Cornelissen et Parzival remportent l’or à l’issue de ce Grand Prix Spécial, comme à Windsor en 2009. Deux Britanniques la suivent, Carl Hester/Uthopia et, assez loin derrière, Laura Bechtolsheimer/Mistral.

 Il n’est plus conseillé de dormir dans les tribunes, car le dressage change et rien n’est plus joué d’avance, ou tellement moins. Ainsi, beaucoup de monde, pour ne pas dire tout le monde, attendait Totilas sur le podium. La question était sur quelle marche ? Aucune. Totilas finit tout de même 4e, grâce à ses points forts, grâce aussi peut-être à sa renommée, mais il a fait tant de fautes (changements de pied, piaffer), y compris un petit coup de cul à la fin d’un appuyer au galop, et il a tellement opiné du chef pendant presque toute sa reprise qu’un podium était assez vite devenu improbable. Il passait en dernier, une place difficile pour un cavalier si tendu qu’il a failli laisser passer le délai pour entrer en piste. Certes Matthias Alexander Rath a un fantastique cheval à monter tous les jours, mais ici à Rotterdam, le rêve ne devient-il pas  cauchemar ? Il devance de peu le Suédois Patrick Kittel (77,03 à 76,77), 5e avec son grand étalon alezan aux très beaux passages, piaffers et transitions, mais qui a tendance à s’effondrer un peu au galop où il perd des points. Derrière Scandic se trouve un des deux plus jeunes chevaux de ce GPS, Valegro (neuf ans) et Charlotte Dujardin, encore une Britannique, 6e. Elle précède rien moins que trois Allemandes dont la combative Isabell Werth qui a donné l’impression de vouloir cueillir une médaille, mais El Santo n’a pas encore la rage de vaincre de sa cavalière. Donc, pas plus qu’à Windsor l’Allemagne n’est dans les médailles individuelles aujourd’hui, malgré ses quatre cavaliers encore présents au GPS, comme d’ailleurs la Suède et la Grande-Bretagne.
Evidemment, les trois médaillés étaient heureux ce soir. Parzival était en pleine forme a confirmé Adelinde Cornelissen qui, du coup, a pu compter sur lui pour remonter les points perdus lorsqu’elle a commencé les changements aux deux temps à la place du contre-changement en appuyer. Mise à part cette erreur, le couple n°1 mondial a déroulé une reprise tendue au cordeau et obtenu des 9 notamment aux changements de pied, au dernier piaffer et transition avec le passage (d’autres avaient été très beaux aussi), tout comme en position pour la cavalière.
Deux chevaux plus tard, après le passage de Valegro, Laura Bechtolsheimer allait avoir un « modeste » 8,4 en position. Si l’on tient compte du fait que cette note de position et assiette comprend également les aides, ce n’est déjà pas si mal. Car, presque autant que dans son Grand Prix, la jeune, jolie et souriante Anglaise a eu une discussion puissante avec la bouche de son cheval. Et cela gâche tout de même le plaisir que l’on devrait avoir quand Mistral – que l’on dit terrible – piaffe à plus de 9. D’ailleurs, heureuse de la première moitié de sa reprise, Laura a déclaré avoir perdu l’impulsion après le pas allongé, à tel point qu’entre les deux pirouettes elle a eu toutes les peines du monde à enclencher les changements de pied.
Uthopia passait juste derrière, même nation, mais équitation différente. Toutefois, le petit étalon a semblé fatigué dès son entrée et n’a pas reproduit la reprise de rêve d’avant-hier. Médaillé d’argent individuel pour la première fois de sa carrière à quarante-quatre ans, Carl Hester a tout de même « aimé ma reprise et rappelé qu’il avait espéré ne pas revivre Hagen (championnats d’Europe 2005 où il avait fini 5e après avoir là aussi pu espérer une médaille, ndla). Uthopia a fait le mieux de ce qu’il pouvait faire aujourd’hui ». Fatigué ou pas, U.T., tel est son surnom, s’est tout de même offert un bon galop autour du rectangle après la remise des médailles. Il était le seul cheval médaillé à le faire : Adelinde Cornelissen avait troqué son blond Parzival contre un brun inconnu assez ému de s’entendre ainsi applaudir. Et Mistral avait sorti les deux personnes qui le tenaient plus qu’elles ne l’ont sorti avant même que les médaillés ne soient descendus du podium. Donc tour d’honneur tronqué, public désappointé. Y compris jusqu’à cet ultime instant, le Grand Prix Spécial laissera des souvenirs un peu moins extraordinaires que la Coupe des Nations où la plupart des couples médaillés étaient au passage pour le tour d’honneur. En revanche, il aura offert un suspense assez rare dans la discipline. Et demain dimanche, ce suspense sera probablement encore plus grand : le deuxième groupe, celui des meilleurs, commencera à 15h avec Helen Langehanenberg et Damon Hill. Fuego/Munoz-Diaz et Watermill Scandic/Kittel enchaîneront. Ces deux couples, ne devraient pas menacer les quatre suivants sauf grosse contre-performance d’au moins deux d’entre eux. Uthopia, le plus jeune (dix ans), aura-t-il récupéré suffisamment et son cavalier ne sera-t-il pas trop surpris par une musique (composée spécialement par Theo van Bruggen qui avait fait la Kür de Ferro et Cobby van Baalen, 2e de la Coupe du monde en 2000) qu’il a déclaré ne pas connaître avec un flegme tout britannique ! Mistral, Parzival et Totilas clotûreront ce Grand Prix en musique juste derrière.