En stage avec Jessica Michel-Botton : gardez-le concentré !
mercredi 02 décembre 2020

Clémentine Giraud avec Holyman Maupertuis sous l'oeil averti de Jessica Michel-Botton © DR/Boulerie Jump

A l’occasion du stage Dressage avec Jessica Michel-Botton, organisé au Pôle Européen du cheval du Mans, le week-end du 21 novembre, nous avons profité de la présence de cavaliers professionnels pour aborder différents sujets techniques. Après l’avoir nous-mêmes testé, c’est Clémentine Giraud, cavalière de dressage installée à Saumur, que nous avons suivi avec son jeune étalon de 3 ans, Holyman Maupertuis. Décryptage.

En selle sur son étalon de 3 ans, Holyman Maupertuis, Clémentine avoue que sa jeune monture n’a pas beaucoup avancé dans son travail depuis son débourrage effectué au printemps. Ce stage avec l’une des meilleures cavalières jeunes chevaux au monde était donc l’occasion rêvée pour peaufiner le travail hivernal du très énergique cheval noir. « J’avais déjà participé à des stages avec elle l’année dernière et déjà, elle m’avait demandé de prendre plus mon temps au trot afin de permettre à mes chevaux de prendre de l’élasticité et du rebond ». Et c’est dans cette optique que la première séance de Clémentine a débuté. « Elle a tendance à vouloir aller à fond la caisse », sourit Jessica. Et pour cela, la détentrice de trente-et-uns titres de championne de France Jeunes Chevaux, conseille à la cavalière de trotter enlevé moins vite, de se lever plus lentement et moins haut de la selle, de rester proche de son cheval, à la fois dans son corps et dans son bas de jambe, pour qu’il puisse ralentir sa cadence. « Le but était aussi de le garder plus concentré car il chantait un peu au début de la séance. Il s’ouvrait donc je suis restée sur un grand cercle au trot, en conservant une cadence plus lente, en utilisant mes aides extérieures pour garder le contrôle et travailler sur la concentration. Jessica me demandait aussi de garder de l’incurvation qu’il puisse rester concentré à l’intérieur du cercle », explique Clémentine. Mais attention, « ralentir sa cadence ne veut pas dire ne pas avoir d’activité, au contraire ». J’ai cette expression en tête que Jessica répète souvent : « il faut avoir la jambe rapide. Un 3 ans peut s’échapper vers l’avant sous l’action de la jambe car il ne connait pas encore les codes. Le but était de le garder rapide dans la jambe, rapide dans les postérieurs tout en conservant une cadence plus lente, pour que l’activité le fasse monter vers le haut et non vers l’avant. Grâce à Jessica, je sais qu’il est maintenant prêt à cela alors que je n’en étais pas encore certaine », se satisfait Clémentine.

Concentration et contrôle 

Et c’est un cheval à la concentration plutôt éparpillée qui est arrivé dans le manège le deuxième jour. De quoi rapidement orienter Jessica sur le travail à accomplir. « C’est typique de ce que je vais faire avec un jeune étalon très chaud qui ne se concentre pas du tout et qui en oublie même qu’il a un cavalier sur le dos », explique-t-elle. « Nous sommes restées sur la partie au fond du manège, loin de la sortie, car il essayait de l’emmener dans cette direction. J’ai demandé à Clémentine d’avoir plus de rigueur pour garder son cheval concentré, qu’elle reprenne le contrôle longitudinal mais aussi latéral », précise la coach. C’est sur un grand cercle de 20m que Jessica a demandé à son élève d’enchainer les transitions trot-pas/pas-trot. « Quelques foulées suffisent, des transitions très proches pour l’occuper et que Clémentine retrouve du contrôle ».

Après plusieurs tentatives d’évasion vers l’extérieur, le jeune étalon commence à respecter sa cavalière. « On ne veut pas trop marcher au pas dans les transitions pour garder le contrôle puis demander la transition dans le trot calmement pour ne pas le jeter à nouveau trop vite dans l’allure. Tout cela permet de l’occuper pour développer sa concentration », souligne Jessica. Après le contrôle longitudinal, Jessica s’est donc attardée au contrôle latéral. « Il voulait clairement la sortir en partant vers l’extérieur. Clémentine a dû plus utiliser ses aides extérieures sur le cercle pour retrouver un contrôle latéral de son cheval. Elle devait être plus rigoureuse avec sa rêne extérieure mais aussi sa jambe. Pour un jeune étalon de 3 ans, la rêne extérieure ne représente rien, c’est très facile de la traverser ». Et dans tout ce travail au trot, Jessica a incité Clémentine à rester au trot assis. « Elle est légère, le cheval est plutôt grand pour elle, et pour un trois ans, il a déjà beaucoup de force, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il prend le dessus. De rester au trot assis lui a permis d’avoir une certaine stabilité et une certaine « force » pour le contrôler et ne pas se laisser emmener. Elle était plus efficace et le cheval n’a eu aucun problème à le supporter, insiste Jessica en ajoutant : d’ailleurs, lorsque je lui ai demandé de repasser au trot enlevé il est à nouveau parti vers l’avant ».

Sous les conseils de Jessica, la séance s’est poursuivie au galop. « Cela reste un 3 ans avec un grand galop qui n’a pas suffisamment de portant. Rester sur un cercle de 20m plusieurs tours n’est pas si facile et l’idée n’était pas non plus qu’il recommence à partir vers l’extérieur parce qu’il trouvait ça trop difficile », lance Jessica. Après le départ au galop, Clémentine est donc restée sur un seul grand cercle avant de marcher droit. « On veut donner la possibilité au cheval de respecter la demande de son cavalier et pour cela, il a encore besoin d’un certain galop ». 

Ne pas être trop gourmand

Une fois le contrôle de la vitesse et de la rondeur trouvé, Clémentine a pu évoluer au trot sur l’ensemble du manège. « Je lui ai demandé de le monter plus pour effectuer le tour du manège, qu’il sente qu’elle demande quelque chose, qu’il se concentre sur ça et non pas sur le fait d’essayer de la sortir. L’objectif était de terminer la séance en pouvant utiliser l’ensemble de l’espace mais tout en gardant ce contrôle grâce à sa concentration aux aides ». C’est au pas que la séance s’est conclue, à la recherche du relâchement. « Il est très chaud, il peut piétiner, il faut donc y prêter attention dès maintenant sans pour autant vouloir marcher pendant une heure, que cela soit en début ou en fin de séance. Sa concentration est encore trop faible pour cela et il risque de s’énerver ». Et Jessica rappelle que le cavalier ne doit pas être trop gourmand dans ses demandes. « Sur des rênes mi- longues - de quoi conserver le contrôle du cheval dans le couloir des rênes - nous avons quand même pu obtenir du cheval qu’il marche correctement sur deux huit de chiffre, et cela suffisait. Il faut se contenter de peu, se dire que cela va progresser au fur et à mesure. Sinon, vous risquez de perdre tout le travail effectué en amont », conclut-elle. 

Pour découvrir la première partie de cette saga "En stage avec Jessica Michel-Botton", cliquez ici.