Finale Coupe du monde : Jessica von Bredow-Werndl et Dalera époustouflantes
dimanche 10 avril 2022

Jessica von Bredow-Werndl et TSF Dalera BB, ici lors de la finale Coupe du monde de Leipzig
Jessica von Bredow-Werndl et TSF Dalera BB, ici lors de la finale Coupe du monde de Leipzig © Scoopdyga

Elles l’ont fait : après avoir remporté les Jeux Olympiques, les championnats d’Europe et chaque épreuve des différents CDI-W auxquels elles ont pris part cette saison, Jessica von Bredow-Werndl et TSF Dalera BB se sont offert, pour la première fois de leur carrière, la finale du circuit Coupe du monde. Une victoire qui, pour de multiples raisons, a suscité beaucoup, beaucoup d’émotions.

Leipziger Messe, 19h10. Coup d’envoi de l’ultime épreuve de dressage de cette finale du circuit Coupe du monde, la Reprise libre en musique. Plus de huit mille spectateurs s’étaient regroupés dans les gradins entourant la piste pour assister à un spectacle qui s’annonçait exceptionnel. Et, à en croire les très nombreux applaudissements tout au long de la soirée, ils n’ont pas été déçus ! Au total, cinq couples ont réussi à signer une reprise au-delà de la barre symbolique des 80%. Parmi eux, les trois représentants du Danemark, Nanna Skodborg Merrald et sa Atterupgaards Orthilia (IPS Gribaldi), Carina Cassøe Krüth et Heiline's Danciera (Fuerstenball Old) ainsi que Cathrine Dufour et Vamos Amigos (Vitalis). Quinzième couple à s’élancer, Carina Cassøe Krüth et Heiline's Danciera ont d’ailleurs mis une ambiance exceptionnelle au cœur de la Leipziger Messe. Aux sons très entraînants des comédies musicales Fame ou encore Dirty Dancing, le couple a proposé une reprise des plus dynamiques, avec de très beaux allongements au trot et au pas, et n’a pas hésité à prendre quelques risques, notamment en réalisant des changements de pieds au temps sur un demi-cercle. Si ces derniers n’ont pas été parfaits, saluons tout de même la prise de risque, tout comme la qualité du travail aux trois allures. Un travail récompensé par la moyenne de 84.971% et une belle quatrième place. Dans le clan danois, notons également la très belle prestation de Cathrine Dufour et son jeune mais très talentueux Vamos Amigos qui, ce soir, était dans ce que l’on appelle une forme olympique. C’est en effet avec une énergie tout à fait exceptionnelle que le bai a déroulé sa reprise, proposant ainsi un travail au trot avec un engagement des postérieurs comme on en voit rarement. « Ce soir, Vamos Amigos a été une véritable bombe », affirmait avec humour Cathrine Dufour. « Ce n’est que la deuxième fois de sa carrière qu’il déroule sur une telle piste. Je suis si fière de lui et de ses progrès », ajoutait-elle en précisant que, dans les semaines à venir, elle travaillera à préparer une reprise spécialement pour son énergique bai. Si le couple sortait de piste avec la bonne moyenne de 80.019%, cela n’a, comme la veille, pas suffit pour arracher la victoire. Une fois de plus, Cathrine Dufour et son Vamos Amigos ont ainsi dû se contenter de la deuxième place. « Jessica, tu peux prendre un congé maternité un peu plus long que prévu si tu veux ! », lançait-elle à la favorite de l’épreuve avec humour.

Isabell Werth et Weihegold OLD finissent en beauté…

À peine leurs noms ont-ils été prononcés et la piste foulée que le public les acclamait plus fort que jamais. Isabell Werth et Weihegold OLD étaient définitivement les plus attendues ce soir. Il faut dire que cette reprise libre en musique avait, pour le couple autant que pour leur public, une saveur toute particulière. Comme l’avait annoncé la cavalière allemande il y a quelques mois, c’est ici à Leipzig, à l’occasion de la finale Coupe du monde, que sa fidèle partenaire allait faire ses adieux au sport, après plus de huit ans au plus haut niveau. Et sous les yeux de leurs si fidèles supporters, Isabell Werth et Weihegold OLD ont déroulé une reprise techniquement très juste, avec de superbes notes (pas une seule en-dessous de 8)sur les figures à fort coefficient (les pirouettes au galop, les piaffers et le travail au passage), comme toujours. Mais une chose est sûre : si la technique était présente et saluée par les juges tout comme l’aspect artistique de la reprise, l’émotion a été, sur la dernière ligne et après le salut final, des plus palpables. Debout, le public a acclamé pendant de longues minutes celle qui, à plus de cinquante reprises tout au long de sa carrière, a franchi la barre très symbolique des 80 % et a fait flotter cinquante-six fois le drapeau allemand au-dessus de la plus haute marche du podium sur la scène internationale. Si, cette fois-ci, le couple n’a une nouvelle fois rien pu faire face aux stars actuelles du dressage mondial Jessica von Bredow-Werndl et TSF Dalera BB (Easy Game), il a de nouveau signé une reprise d’une grande qualité et été récompensé par la moyenne de 85.921 %. Pour leur dernière prestation ensemble, Isabell Werth et Weihegold OLD se sont ainsi offert une très belle troisième place. C’est ce qui s’appelle finir en beauté. À l’issue de cette ultime reprise, l’Allemande ne cachait d’ailleurs pas sa joie. « Je suis tellement contente, même si j'étais un peu tendue pour être honnête. Je voulais me surpasser pour notre dernière reprise libre en musique ensemble. Mais finalement, dès la première minute passée en piste, je me suis sentie chez moi et ce fut absolument merveilleux. » Quelques minutes après la remise des prix, la piste de Leipzig fut d’ailleurs vidée et laissée à Isabell Werth et Weihegold OLD pour un ultime tour de piste, émouvant aux larmes la cavalière et son public.

…tout comme Jessica von Bredow-Werndl et sa fabuleuse TSF Dalera BB

Ce soir à Leipzig, il n’y a pas eu qu’une seule "dernière fois". Outre celle d’Isabell Werth et Weihegold OLD, il y a également eux celles de Jessica von Bredow-Werndl et TSF Dalera BB (Easy Game). Car les championnes olympiques et championnes d’Europe en titre foulaient-là pour la dernière fois avant quelques mois une piste internationale. « Cela me rend un peu triste, il faut bien l’avouer, mais cette reprise en musique sera notre dernière apparition avant mon congé maternité », rappelait hier la cavalière allemande. Plus encore, ce soir, c’était la dernière fois que le public avait la chance de contempler cette RLM réalisée à partir de la bande originale du film La La Land et devenue si connue. « Pendant mes quelques mois d’absence, j’ai pour projet de créer une nouvelle RLM pour Dalera. Cela m’enchante autant que cela me rend nostalgique car La La Land allait si bien à Dalera », confiait Jessica von Bredow-Werndl. Une chose est sûre : pour cette dernière, les deux championnes ont livré une performance exceptionnelle. Dès leur entrée en piste, elles ont éblouit juges et public avec un piaffer d’anthologie. Rares sont les couples capables d’effectuer cette figure avec un tel abaissement des hanches. Et pour décrire le reste de la reprise, comme souvent avec Jessica von Bredow-Werndl et Dalera, les superlatifs manquent. Si le couple n’a pas battu le record qu’il avait établi à Tokyo lors de sa reprise libre en musique (91.732%), la cavalière allemande l’assure, ce soir, elle a eu la sensation de n’avoir jamais déroulé meilleure reprise. « À Tokyo, c’était incroyable. Mais je dois bien l’admettre, je n’ai jamais ressenti auparavant les sensations que j’ai pu avoir ce soir, pas même aux Jeux Olympiques lorsque nous avions établi notre nouveau record. Reprise après reprise, Dalera ne cesse de progresser, c’est d’ailleurs assez difficile à croire. Elle se surpasse et me surprend à chaque fois », affirmait la cavalière à qui visiblement les mots manquaient pour décrire ce qu’elle a pu ressentir. Quoi qu’il en soit, après deux titres olympiques et trois titres européens, ce soir à Leipzig, Jessica von Bredow-Werndl et Dalera ont ajouté un nouveau titre à leur palmarès, celle de grandes gagnantes de la finale du circuit Coupe du monde.

Morgan Barbançon-Mestre et Gus dans le top 7

Seul couple tricolore au départ de cette finale Coupe du monde, Morgan Barbançon-Mestre et son Sir Donnerhall II (Sandro Hit) n’ont pas démérité face à cette concurrence des plus redoutables ! Sur quelques-uns des grands classiques de Céline Dion, le duo a déroulé une reprise très propre mais, surtout, très énergique. « Gus est en train de vivre une seconde jeunesse », affirmait la cavalière avec un immense sourire. « On ne l'a jamais vu au top de sa forme comme ça. Je pouvais à peine le toucher, j'étais un peu sur les freins. C'est un plaisir quand il est comme ça. J'espère que l’on va pouvoir continuer comme ça tout au long de la saison. Là, il va pouvoir avoir une petite pause. Je vais, je pense, le ressortir sur le CDIO5* de Compiègne, après faire le 4* de Cannes aussi, j'avais envie de le faire et Rotterdam ou Aix vu que j'ai reçu une invitation personnelle pour Aix. Je ne sais pas, on va voir. J'ai dit à tout le monde que de toute manière, je ne mettais aucune pression sur lui, c'est lui qui va faire son truc. Il n'a plus rien à prouver, il est comme il est, c'est Gus. C'est vrai que là, avec la forme qu'il a eue hier, si ça avait été le long Grand Prix, ça aurait été vraiment à notre avantage parce que tout arrive avec beaucoup plus de temps, j'aurais eu plus de temps pour tout préparer. Là, les changements de pied sont faciles, je n'ai plus besoin de pousser pour rien donc je suis super contente. Je n'ai pas de mots. Et puis septièmes... septièmes quoi ! Vous avez vu le monde qu'il y a ici ? Et nous on se faufile là-dedans. C'est incroyable, je suis tellement fière de lui. » Une excellente expérience donc, conclue par la belle moyenne de 76.986 %.