GN Jardy : Charlotte Chalvignac frappe un grand coup
dimanche 03 avril 2022

Charlotte Chalvignac et Icaro Das Figueiras
Charlotte Chalvignac et Icaro Das Figueiras © Claude Bigeon

L’Ecurie Cavalcar cavale en tête lors de l’étape de Jardy du Grand National de dressage, devant l’écurie Khety Solutions – Stockosyl. Retour avec Charlotte Chalvignac sur sa performance du jour, où elle classe ses quatre chevaux dans le top 7, ainsi que sur son fonctionnement.

Charlotte, vous venez de remporter ce Grand Prix Pro Elite et l’étape de Grand National de Jardy, que ressentez-vous en sortant de cette épreuve ?

C’est une vraie satisfaction personnelle. Je trouve que Jardy, c’est un peu mythique. Quand on remporte le Grand Prix de Jardy, il y a un côté en plus.

Votre truc en plus, c’est d'avoir eu quatre chevaux dans cette épreuve : l'un termine en tête, l'un est troisième et les deux autres sont classés. Comment avez-vous monté les quatre reprises de ce Grand Prix ?

Chaque cheval avait sa préparation. Chaque Grand Prix était vraiment monté pour chaque cheval. Aucun de mes chevaux ne se ressemblent, ni dans leur force, ni dans leur équilibre, ni dans leurs points forts. Du coup j’ai dû vivre mes reprises, mais avec du recul entre chaque cheval. J’ai vraiment réfléchi à comment les monter et comment aborder les exercices. J’ai beaucoup de chance d’avoir des chevaux avec moi, alors que les conditions n’étaient pas vraiment faciles avec le vent. Hermès (par Rico Gub, sixième, ndlr) était très, très bien, un tout petit peu en dessous dans le piaffer. Je l’ai monté un petit peu cool, c’est un cheval qui est très sensible et qui reprend le Grand Prix. Il n’a que dix ans. Je l’ai peut-être monté un petit peu "petit bras" dans le piaffer, mais je suis très satisfaite. Fangarifau (par Nostradamus Do Top AMP, septième, ndlr) est un cheval qui a un petit peu plus d’expérience, un petit peu moins de points forts, mais qui est vraiment très homogène. Je suis très contente de lui, il était vraiment avec moi. Je me suis régalée dans le galop, c’était vraiment super. Elice (par Morango, troisième, ndlr) a eu des hauts et des bas l’année dernière donc cette année, j’ai décidé de l’aborder différemment, notamment avec le nouvel entraîneur dont je bénéficie grâce à la Fédération. D’habitude, j’avance beaucoup trop. Là, elle était plus rassemblée, elle a très bien piaffé. Elle était avec moi, je suis très contente de la jument. Icaro (das Figueras, par Epico das Figueiras, vainqueur, ndlr) qui passait en dernier n’a pas bénéficié de mon énergie naturelle. Il en a mis tout seul, et pour moi, ça fait partie de ses meilleurs Grands Prix car il était beaucoup plus autonome, même si les pirouettes étaient un peu moins bien aujourd’hui. Comme j’étais un peu fatiguée, je l’ai laissé plus s’exprimer et c’était génial ! J’ai pu lui faire confiance du début à la fin. Jusqu’à l’arrêt final, il était plein gaz.

Votre performance est vraiment historique. Quand vous êtes arrivée, vous vous êtes dit "Je vais engager quatre chevaux dans le Grand Prix" ?

En fait, normalement, je suis plutôt à trois chevaux engagés sur le Grand Prix depuis deux ans. Au moment des engagements, j’ai discuté avec mon mari et je lui ai dit "Les quatre vont super bien, je ne peux pas choisir lequel ne pas emmener, j’ai envie de tous les monter." Je m’étais dit qu’il y aurait beaucoup d’engagés et que j’aurai le temps entre les chevaux. Du coup, j’ai engagé les quatre. C’était un peu trop, car j’avais aussi un sept ans le matin.

Comment est organisé votre piquet de chevaux ?

J’ai une amie et mécène suisse qui me suit énormément. Pour l’instant, elle n’a pas encore de chevaux sur le Grand Prix, elle en a des plus jeunes, des quatre ans, des sept ans et c’est une aide incroyable. Ensuite, j’ai des associés surtout sur les Lusitaniens (Hermes, Icaro et Elice), avec Olivier Arnal, qui est, je pense, le plus gros marchand de Lusitaniens en France. J’ai commencé à travailler avec lui avec Fangarifau. Fangarifau a été vendu à Estelle Schurink qui me l’a confié pour l’instant. C’est vraiment une histoire d’équipe. J’ai quelques parts sur les chevaux, mais on est tous ensemble. Ce sont des victoires ensemble.

Quels sont vos autres chevaux hormis ceux engagés dans le Grand Prix ?

J'ai un nouveau depuis peu, Danzig W, qui était à Franck Portejoie. Ensuite, j’ai trois sept ans, des cinq ans, des trois ans… J’ai beaucoup de chevaux. Je pense qu’il faut monter énormément pour prendre le maximum d’expérience. Il faut vraiment penser à la relève. Aujourd’hui, j’ai quatre chevaux sur le Grand Prix, mais j’ai peur d’être à pied demain. Je monte huit chevaux par jour à la maison.

Quel est l’objectif de votre saison ?

J’avoue qu’avec mon sept ans Friedrich Majishan (Finest, ndlr), j’aimerais bien aller aux championnats du monde. Je pense qu'Icaro est mon cheval le plus affuté dans mes chevaux de Grands Prix. Il n’y a pas vraiment d’objectif hormis de continuer la progression. D'ailleurs, j’aimerais bien faire le CDI4* du Mans dans un mois avec lui. Bien sûr que comme tous les cavaliers, j’ai envie d’aller aux championnats du monde cette année, mais je ne peux pas définir ça comme un objectif. Mon objectif, c’est d’améliorer les points, la technique, me sentir plus à l’aise et me mettre plus avec le cheval.

Depuis votre premier titre de championne de France Pro Elite à Vierzon et aujourd’hui, comment avez-vous évolué ?

Je pense que j’ai pris beaucoup d’expérience sur le Grand Prix. Lights (of Londonderry, ndlr) m’a propulsée. Cela a été assez dur quand on a arrêté de le sortir en concours, car quand on a goûté à des notes à 70%, on a envie de rester à 70%. Il a fallu que je fasse un énorme travail mental pour me reconcentrer sur le travail et pas la note. Je pense que j’ai pris beaucoup de maturité par rapport à ça. Et je vois les choses différemment. Cela m’a fait mûrir. Maintenant quand je rentre sur le rectangle, je veux que mes chevaux soient souples, soient avec moi et qu’on danse ensemble.

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