Lee Pearson, cavalier sans concession
lundi 25 avril 2022

Lee Pearson, ici lors des Jeux paralympiques de Tokyo
Lee Pearson, ici lors des Jeux paralympiques de Tokyo © FEI/Liz Gregg

C’est une légende du para-dressage. Depuis plus de vingt ans, le Britannique Lee Pearson domine sa discipline et affiche un palmarès des plus impressionnants : six participations aux Jeux Paralympiques – et quatorze médailles d’or ! –, plusieurs titres de champion du monde et de champion d’Europe, de nombreuses autres prestigieuses victoires… Si bien qu’en 2017, il a été décoré du titre de chevalier par le Prince William pour tout ce qu’il a pu apporter à son sport et à sa nation, et est ainsi devenu Sir Lee Pearson CBE.

Drôle, franc, ouvertement gay, homme de cheval et cavalier hors du commun, Lee Pearson a un esprit indomptable et une détermination sans faille. Né en 1974 avec une maladie appelée "arthrogryose congénitale multiple" – ses muscles ne s'étaient pas développés correctement dans l'utérus de sa mère, ce qui le limite aujourd’hui au niveau de ses mouvements et de ses articulations –, cela ne l’a pour autant jamais arrêté ou empêché de réaliser ses rêves. « Apparemment, lorsque je suis né, les infirmières m'ont emmené et caché car elles ne voulaient pas que ma mère me voit. Elle a été sous sédatifs pendant trois jours et quand ils m'ont finalement amené à elle, elle a dit qu'elle ne voulait pas mal réagir parce qu'elle avait peur qu'ils m'emmènent à nouveau. Mes parents ont alors décidé de me ramener à la maison et de me donner les mêmes opportunités qu'à mes frères », raconte Lee. Tout comme ses frères Damien et Darren Pearson, il a ainsi pu tout expérimenter, sans jamais considérer son handicap comme un obstacle. « J'ai fait tout ce qu'ils ont fait : du skateboard sur la colline où nous vivions, du vélo, du ski nautique debout dans une paire de bottes en caoutchouc coupées, du quad et de la moto… Mes parents ne m'ont jamais arrêté. Je suis allé dans une école spécialisée jusqu'à l'âge de huit ans mais je n'étais pas assez stimulé là-bas, alors mes parents m’ont inscrit dans une école traditionnelle », raconte Lee, qui a grandi dans la campagne du Staffordshire, dans le Nord de l'Angleterre, entouré d’ânes et de poneys, dont Sally et Duke, ses premiers compagnons. « Je chutais souvent mais j’adorais partir en  balade et faire du cross. J'ai toujours aimé les chevaux et les films de western, avec ces cow-boys et leurs montures. J’ai toujours aimé monter à cheval et je le ferai toujours. Même si j'étais millionnaire, je continuerais à monter et à entraîner des chevaux, car j'aime plus que tout les travailler et danser avec eux. Ce sont eux mes jambes », confie Lee avec humour et tendresse.

Malgré les défis physiques et les limites que lui imposent son handicap – chaque jour, il passe par exemple plusieurs heures à bander ses jambes et utilise des béquilles ou un fauteuil roulant pour se déplacer –, rien n’empêche Lee de faire ce qu’il aime le plus.

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 414 de L'Eperon Hebdo (paru le 20 avril 2022), disponible sur notre boutique en ligne.