Les champions de France de para-dressage sacrés
mercredi 13 novembre 2019

Adib El Sarakby et Walk of Fame
Adib El Sarakby et Walk of Fame, champions de France para-dressage de grade III © Astrid Ringot/Handi Equi Compte

Organisés en parallèle du Grand National de dressage, le Championnat de France de para-dressage avait lieu ce week-end au Pôle hippique de Saint-Lô, du 8 au 10 novembre. Les meilleurs cavaliers tricolores du Grade I au Grade V ont été récompensés.

Trois reprises attendaient les concurrents en lice dans chaque grade avant de pouvoir espérer l’écharpe de champion de France : la Team Test vendredi, la reprise individuelle imposée le samedi et la Libre en musique le dimanche. 

En Grade I, la médaille d’or revient à Amandine Mezzoni et Verden d’Hanovre. « J’ai changé d’entraîneur et je pense que l’on a trouvé notre méthode et le rythme de travail qui nous correspond bien à Verden et à moi. Nous faisons des séances de travail plus courtes mais plus intenses », analyse la cavalière. « Je suis très contente du comportement de mon cheval, il est très rassurant, il fait très attention à moi presque trop parfois (sourires). » Fanny Delaval, chef d’équipe, reconnait également une belle progression du couple. 

En grade II, la victoire revient à une habituée du haut niveau. Mais Céline Gerny avait du se passer pour l’échéance de son cheval de tête et s’est lancée avec Rhapsodie*ENE-HN. « J’ai fait un très bon concours avec Rhapsodie. C’est normalement ma jument d’entraînement mais j’apprends énormément avec elle ! Vol de Nuit reprenant tout juste le travail après sa blessure en juillet, l’École (ENE) m’a permis de continuer à monter et d’être présente sur le circuit en me prêtant Rhapsodie. C’est une super jument, elle est très attentive, c’est une bonne travailleuse. Pour l’instant je n’ai pas de réels objectifs de compétition car je suis vraiment dans la remise en route et sur un travail de mise en selle. Pour progresser encore, il faut que j’arrive à mieux dissocier mes aides. Je pense être de retour sur les CPEDI au printemps 2020 sauf bien entendu si l’équipe à besoin de moi avant pour la qualification pour Tokyo ! », déclarait avec engouement la championne de France. La chef d’équipe note elle la belle envie de Céline de revenir au meilleur niveau. 

Le titre de champion de France du grade III n’a pas échappé à Adib El Sarakby et Walk of Fame, qui représentaient la France lors des derniers championnats d’Europe de Rotterdam. « Je suis très content d’être champion de France et bien entendu très content de mon cheval. Il est très régulier et c’est là son vrai point de force. Après le Championnat d’Europe de Rotterdam, nous sommes repartis avec des axes de progression et particulièrement sur les allures dont le pas qui est très important dans mon Grade. Il semblerait que notre travail avec ma coach Elodie Lambolez ait porté ses fruits ! » commente le vainqueur. « Je dois beaucoup à Elodie qui fait un travail formidable depuis que je me suis re-mis à cheval il y a deux ans. Elle est très investie et travaille main dans la main avec le staff fédéral. Pour cette année, les objectifs sont atteints, il faut maintenant continuer étape par étape. J’irais à Mâcon afin d’aider la France à se qualifier pour les Jeux paralympiques de Tokyo. S’il y a des places, nous tenterons bien entendu d’être sélectionnés. » 

Le grade IV a peut-être été le plus disputé, mais c’est finalement l’expérience qui a payé puisque le titre de champion de France revient à José Letartre, associé à son tout nouveau Hamilton. « On a vu un beau match entre Camille Jaguelin, Vladimir Vinchon et José Letartre en Grade IV », admet Fanny Delaval. « Le couple champion est à suivre. Vladimir a également présenté sa nouvelle recrue, un 6 ans avec beaucoup de potentiel. Il est jeune mais on y croit ! Camille avec Wimke déroule un bon championnat avec de la régularité sur l’ensemble des reprises, il reste encore une marge de progression qui permettra au binôme d’aller chercher quelques points en plus », détaille-t-elle. José était heureux du comportement d’Hamilton : « Il a 9 ans et tout est à construire mais je pense qu’il a du potentiel. Cela faisait longtemps que je cherchais un cheval pour prendre la relève de Swing Royal*ENE-HN, et nous avons pris notre temps avec Philippe Limousin pour trouver celui qui me permettrait d’aller vers le plus haut niveau tant en para qu’en valide. Il a encore beaucoup de technique à acquérir mais nous ne nous en sommes finalement pas trop mal sortis face à Camille et Vladimir (sourires). Je serais à Mâcon en décembre et nous verrons ensuite le programme 2020. » 

Enfin le grade V a consacré un tout jeune couple du para dressage français. Johanna Zilbertsein s’est imposée aux rênes de Sir Swaroski II V. La cavalière, qui faisait l’acquisition de son acolyte début juin, se félicite du travail accomplit en si peu de temps. « Il a énormément de potentiel mais c’est un cheval très sensible qui manque réellement de métier. Il a donc besoin de dérouler pour gagner de l’expérience. Les belles performances de ce week-end, je les dois pour beaucoup à Michel Autran, notre entraîneur. Nous avons fixé des objectifs ensemble et nous travaillons tous les jours pour y arriver. Sur le championnat, je suis plutôt contente de notre Team Test, j’ai fait une grosse faute qui nous a lourdement pénalisé mais Swarovski s’est très bien comporté ! Je suis moins satisfaite de l’Individual où nous étions tous les deux plus tendus, en revanche j’ai pris un réel plaisir sur la Freestyle et cela se ressent dans les notes. En décembre nous irons à la Master class et si cela se passe bien à Mâcon en janvier. Idéalement j’aimerais sortir en valide et en CPEDI l’année prochaine », se projette-t-elle. « Nous avons des nouveaux cavaliers qui arrivent et qui montrent de très belles choses », ajoute Fanny Delaval. « À l’aube de Paris 2024, c’est positif de voir notre vivier de sportifs s’agrandir ! ». 

Les résultats ICI