Mado Pinto : « Mon objectif est de suivre les traces de mes parents »
jeudi 29 octobre 2020

Mado Pinto
Mado Pinto était omniprésente lors des championnats des As au Mans la semaine passée ! © Les Garennes

A 18 ans, Mado Pinto, fille des cavaliers professionnels de dressage Isabelle et Carlos Pinto, en a terminé avec la catégorie Juniors avec une très belle 6e place aux championnats d’Europe de Budapest, cet été. Mais la jeune cavalière n’a pas fini de faire parler d’elle. La semaine dernière, lors des championnats de France des As, tenus au Boulerie Jump du Mans, Mado était au départ des épreuves Juniors, Jeunes Cavaliers et U25, rien que ça ! Et la cavalière est rentrée de Sarthe avec deux médailles d’argent autour du cou. Rencontre.

Vous avez pris une très belle 6e place aux championnats d’Europe Juniors cet été, à Budapest, avec Hot Bit de la Gesse. Vous attendiez-vous à un tel résultat après une saison 2020 particulière ? 

Non pas du tout ! Cela a été une année assez particulière en effet, surtout qu’il s’agissait de la première année de concours de Hot Bit. Avec le confinement, si j’ai pu le faire avancer sur le niveau supérieur notamment grâce à la présence de mon papa tous les jours pendant deux mois, je n’ai pas pu le sortir en concours et c’est vraiment ce dont il avait besoin. Obtenir cette 6e place aux championnats d’Europe n’était donc pas du tout un objectif ! Nous espérions faire partie du voyage car je connais le potentiel du cheval, je savais qu’il aurait sa place en équipe, mais de là à nous classer 6e en individuel ! Cela a été une très belle surprise d’autant que ces championnats étaient initialement annulés et qu’il a donc fallu se remettre dans le bain des concours très rapidement ! Même pour moi, qui tourne depuis un moment, cela a été un peu compliqué de retrouver ma routine, mais avec un championnat d’Europe à la clé, cela est quand même vite revenu (rires). 

Vous avez évolué sur cette « courte » saison avec trois chevaux, Rafale du Coussoul de la Gesse, Sirano de Luxe et Hot Bit de la Gesse, dans les épreuves U25, Jeunes Cavaliers et Juniors. Un fait assez rare pour une jeune cavalière française pour être souligné ! Pouvez-vous nous présenter vos trois montures ? 

Je monte Rafale (hongre LUS de 15 ans) depuis maintenant sept ans. C’est le cheval qui m’a permis de décrocher mon premier titre de championne de France, de participer à mes premiers championnats d’Europe (il y en aura quatre au total, NDLR), il m’a offert mes premières médailles. Nous sommes passés des Amateurs 3 aux épreuves U25 et nous avons même commencé le niveau Pro Elite à Pompadour cette année. Rafale et moi nous nous connaissons par cœur, il est mes jambes et je suis sa tête, nous ne faisons qu’un et dans le carré c’est un vrai guerrier. 

Cela fait deux ans et demi que Sirano (hongre OLD de 9 ans) est à la maison et avec lequel j’évolue en Jeunes cavaliers. Il est assez délicat de par son passé, nous avons mis du temps pour en arriver-là. C’est un cheval qui a beaucoup de potentiel mais il faut savoir le prendre dans le bon sens et une fois qu’on le connait c’est un cheval qui je pense peut faire de grandes choses. Pendant le confinement, nous avons pu avancer sur le niveau Grand Prix, il a un très bon piaffer et passage, c’est très prometteur.

Hot Bit (Hongre HAN de 9 ans) est à la maison depuis un peu moins de deux ans et je le sors actuellement sur les épreuves Juniors. Pour autant, il s’agissait de ma dernière année à ce niveau. Pendant le confinement, nous avons pu travailler le niveau Jeunes Cavaliers, nous débuterons donc sur ces épreuves l’année prochaine. C’est un cheval très gentil, avec un mental exceptionnel. Malgré son côté stressé, il prend toujours sur lui, il a toujours envie de bien faire, il est toujours partant pour tout, c’est un vrai régal ! 

Vous étiez au Mans pendant deux semaines, la première pour le CDI Jeunes et la deuxième pour les championnats de France des As. Le concours international était-il une étape de préparation pour la semaine suivante ? 

Oui mais nous l’avons principalement fait pour que mes parents puissent courir un international. Nous essayons toujours d’aller sur des concours sur lesquels nous pouvons tous les trois monter. C’était donc l’occasion pour moi de préparer les championnats de France, de faire les derniers réglages, notamment avec Sirano dont ce sont vraiment les débuts en Jeunes Cavaliers.  

« Mathilde a été meilleure que nous, c’est ça le sport »

La deuxième semaine a été marquée par vos deux médailles d’argent en Juniors et U25, ainsi qu’une 4e place chez les Jeunes cavaliers. Quel bilan tirez-vous de ces championnats As ? 

En Juniors, je suis satisfaite des résultats en eux-mêmes puisque de terminer le championnat avec une moyenne générale de 74% est vraiment super. Maintenant, on aurait aimé aller chercher une médaille d’or, notamment après avoir réalisé par deux fois les meilleures performances françaises à Budapest. Mais Mathilde (Juglaret, sacrée avec Caporal de Massa, NDLR) a été meilleure que nous et c’est ça le sport ! Dans les U25, il y avait beaucoup moins de partants mais cela reste quand même une médaille d’argent donc nous sommes toujours contents. Je suis très heureuse de Rafale car il ne s’agit que de notre quatrième concours à ce niveau. En ce qui concerne Sirano, je suis très satisfaite de lui. Je n’aurais pas pu espérer mieux sur la semaine du championnat puisque lors du CDI, si le premier jour s’est bien passé, sur la deuxième épreuve cela a été plus compliqué. Nous n’avions pas d’objectifs, il s’agissait surtout de prendre de l’expérience mais il s’est très bien comporté, même sur la très difficile reprise en musique de Rafale que j’ai utilisée dans l’urgence ! 

Avec un tel piquet de chevaux, quels sont vos objectifs pour la saison 2021 ? Pensez-vous mettre l’accent sur un niveau en particulier ?  

J’aimerais pouvoir aller aux championnats d’Europe avec Hot Bit chez les Jeunes Cavaliers, c’est vraiment l’objectif 2021. Avec Sirano, je ne sais pas encore si nous allons rester dans les épreuves Jeunes Cavaliers ou si nous allons le passer sur le Petit Tour chez les Pros. Nous verrons comment il va évoluer et ce qui lui correspondra le mieux. Enfin, avec Rafale, le but sera de prendre de l’expérience en confirmant le niveau U25 à l’international et de débuter le Grand Prix sur les nationaux. 

Comment gérez-vous votre entrainement quotidien en parallèle de vos études ? Quel est votre projet professionnel pour l’avenir ?

A la maison, j’ai au minimum cinq chevaux à monter, les trois de concours plus deux jeunes chevaux du Haras de la Gesse, un 3 ans et un 5 ans. Je suis en BTS communication donc je ne peux pas forcément monter mes chevaux tous les jours lorsque je suis à l’école, même si je profite quand même d’un emploi du temps avec des horaires assez souples. J’ai la chance d’avoir mes parents qui sont là pour m’aider et faire avancer mes chevaux quand je ne peux pas les monter. D’ailleurs, mon objectif est de suivre leurs traces, de pouvoir travailler avec eux comme nous le faisons déjà aujourd’hui mais à temps plein. Initialement, je voulais arrêter mes études après le BAC mais ma mère m’a toujours dit qu’il était important d’avoir un bagage supplémentaire. Cela aurait été dommage de ne pas saisir l’occasion de le faire. Et puis, dans notre milieu, la communication est aujourd’hui très importante. L’objectif est de travailler avec mes parents mais aussi d’apporter quelque chose de plus à la structure, une touche de jeunesse (rires).