Morgan Barbançon Mestre : "Le championnat de France n’était pas dans mes plans quoi qu’il arrive"
samedi 08 août 2020

Morgan Barbançon Mestre
A Budapest, Morgan Barbançon Mestre a recolté de belles performances avec Sir Donnerhall II et en a profité pour glaner deux victoires sur le Petit Tour avec la prometteuse Habana Libre © DR/Petra Kerschbaum.

A peine ses épreuves terminées sur le CDI-W de Budapest, en Hongrie, que la Française Morgan Barbançon Mestre s’est prêtée au jeu des questions-réponses pour revenir sur ses très belles performances enregistrées tout au long de la compétition, à la fois avec Habana Libre A dans le Petit Tour (72,265% et 72,941%) mais surtout avec Sir Donnerhall II OLD dans la Coupe du monde (72,065% et 77,960%).

L'Eperon : Vous repartez du CDI-W de Budapest avec deux deuxièmes places dans la Coupe du monde avec Sir Donnerhall II OLD. Quel est votre sentiment sur ce premier international depuis la fin du confinement ?

Morgan Barbançon Mestre : Je suis super contente, le cheval était vraiment très à l’écoute alors que parfois il peut être un peu derrière la jambe en épreuve. Pour la première fois il n’est jamais passé derrière moi, il était très motivé en pensant toujours vers l’avant. Il a fait de gros progrès sur le piaffer, il faut maintenant que l’on travaille l’élévation mais on arrive désormais à rester sur place tout en gardant un rythme régulier. Nos pirouettes au galop sont aussi plus serrées et plus sur place. Dans la Libre, on réalise notre deuxième meilleure performance avec quand même une faute dans la ligne aux temps. Si jamais la Coupe du Lyon a bien lieu je souhaite d’ailleurs créer une nouvelle chorégraphie.

Pourquoi avoir fait le choix du CDI-W de Budapest plutôt que de participer au Master Pro qui se tiendra à Vierzon du 13 au 16 août ?

J’aime participer aux concours internationaux et le championnat de France n’était pas dans mes plans quoi qu’il arrive, même si les Jeux de Tokyo avaient été maintenus. Depuis que je représente la France j’ai décroché une médaille d’or et une médaille d’argent sur le Master Pro donc mon idée est plus de continuer à le montrer sur les internationaux. En revanche, je participe au circuit du Grand National qui est une tournée que je trouve vraiment sympa.

« Je mise tout sur Habana pour les JO de Paris 2024 »

A Budapest vous avez aussi remporté les deux épreuves du Petit Tour avec Habana Libre A, qui après son titre de champion de France des 7 ans confirme son potentiel…

C’est vraiment le cheval sur lequel je compte pour les Jeux olympiques en 2024 ! Le premier jour à Budapest, le travail au galop a été vraiment super mais je n’ai pas très bien monté au trot. En revanche dans l’Inter I, il a été vraiment fantastique ! Pourtant je ne suis pas allée chercher l’expression pour décrocher les 8 ou 9, j’ai juste essayé de dérouler une reprise propre avec un cheval avec moi, détendu et c’est ce que nous avons réussi à montrer. Habana est vraiment le cheval sur lequel je mise à 100% pour Paris, j’y crois énormément, c’est certainement le meilleur cheval que j’ai monté ! Il a toutes les qualités nécessaires, je ne lui trouve pas de défaut sauf peut-être d’être un peu regardant mais il a déjà beaucoup évolué sur ce point. Il faut lui laisser un peu de temps, qu’il prenne de l’expérience et c’est pour cela que je vais le prendre en training sur des grands concours pour qu’il puisse voir des pistes. C’est le seul moyen pour que le concours devienne quelque chose de normal pour lui, que cela devienne une routine.

Avez-vous déjà en tête une date pour ses débuts en Grand Prix ?

C’est lui qui me le dira mais dans l’idée j’aimerais le sortir en Medium Tour en 2021 et peut-être en fin d’année le débuter sur le Grand Prix. L’objectif est de l’avoir un peu plus confirmé sur ce niveau fin 2022 début 2023.

Vous avez effectué votre retour en concours sur le Grand National de Mâcon après le confinement. Comment s’était passée cette reprise ? Le manque de concours s’est-il fait sentir sur vos chevaux ?

Oui les chevaux étaient en manque de routine et notamment Gus (surnom de Sir Donnerhall II OLD, NDLR) qui est habitué à sortir une à deux fois par mois en concours. Le confinement a été un peu long pour lui mais cela nous a aussi permis d’améliorer certaines choses sur lesquelles nous n’avons pas toujours le temps de nous attarder entre les concours. A Mâcon, le premier jour, nous avions perdu notre rythme. Il a besoin de ce rythme de travail qui s’articule autour des concours pour rester au top de sa forme et nous l’avions bien vu en fin d’année dernière lorsqu’il a fallu courir pour la qualification olympique ! Il progressait de concours en concours.

« Le report des JO de Tokyo nous offre un an de travail en plus »

De combien de chevaux votre piquet actuel se compose-t-il ? Nous avons notamment pu noter votre première sortie en concours à Budapest avec Zaeta de Malleret, âgée de 6 ans …

Zaeta est arrivée dans mes écuries il y a cinq semaines et Gérald Martinez (Propriétaire du Haras de Malleret, NDLR) souhaitait que je la sorte en concours avec comme objectif de tenter une qualification pour les championnats du monde à Verden cet hiver. C’était donc l’occasion de la sortir sans trop de pression. Elle a encore besoin de temps et surtout que notre couple se fasse mais je suis très satisfaite de son comportement, elle veut travailler et elle apprend vite. En ce qui concerne mes autres chevaux j’ai Lilo (Deodoro, NDLR) que je pense amener dans le Grand Prix au Grand National de Cluny, Bolero, que l’on devrait revoir très bientôt en Grand Prix, mais aussi deux autres chevaux du Haras de Malleret, Forfable de Malleret, que je vais continuer à sortir dans les 7 ans et Zeus de Malleret, qui poursuit sa progression sans aucune pression. Je viens aussi de rentrer un 3 ans par Spielberg, issu de la même lignée que la mère de Verdades (médaillé par équipe aux JO de Rio et aux JEM de Tryon sous la selle de l’Américaine Laura Graves, NDLR).

Comment vivez-vous le report d’un an des Jeux olympique de Tokyo ?

Cela me donne un an de travail en plus, le cheval continue de se bonifier et puis je pourrais à nouveau compter sur Bolero. C’est peut-être un mal pour un bien dans mon cas, cela me permet d’avoir un peu plus de temps pour me préparer et de rester sur la pente ascendante sur laquelle je me trouve avec Gus depuis un an. D’ailleurs, il m’a vraiment étonnée ce week-end car malgré la chaleur et une détente un peu plus longue que d’habitude, il ne m’a pas lâchée en piste ce qui m’a rassurée sur sa capacité à rester présent malgré des conditions climatiques particulières.

Quelle est la suite de votre programme pour les semaines à venir ?

J’ai un concours régional à quelques kilomètres de chez moi côté France sur lequel je pense emmener un ou deux chevaux avant de prendre la direction du Grand National de Cluny (du 11 au 13 septembre, NDLR). Je prévois ensuite de participer au CDI 3*de Nice du 1er au 4 octobre puis au CDI 3* d’Ornago, du 15 au 18 octobre mais nous devons attendre les réglementations sanitaires mises en place par l’Italie. Puis si tout va bien, nous irons au CDI-W de Lyon.