Morgan Barbançon : "Mon but est de garder mon cheval heureux "
mercredi 24 juillet 2019

Morgan Barbancon Sir Donnerhall II Aix la Chapelle 2019
Morgan Barbancon Sir Donnerhall II Aix la Chapelle 2019 © Eric Knoll

Morgan Barbançon Mestre était au CHIO d'Aix-la-Chapelle avec Sir Donnerhall II dont elle s'est bien sortie en dépassant les 70% sur chacune de ses reprises. A un mois des championnats d'Europe, la Tricolore fait le point.

Morgan, vous revenez d'Aix-la-Chapelle où vous avez décroché les bonnes moyennes de 71.130 dans le Grand Prix et de 71.489 dans le Spécial. Quel regard portez-vous sur ces deux performances ? 

C’était un gros plateau avec beaucoup de concurrence. Pour moi Aix-la-Chapelle c’est le concours de la confirmation. Il y a beaucoup de chevaux qui obtiennent beaucoup de points pendant l’année et qui se font taper dessus à Aix. Sir D est resté dans ses points de l’année. Il a fait énormément de progrès dans les changements de pied depuis quelques mois (mis à part à Compiègne) et cela a joué dans l'augmentation de nos notes cette année. 

J’étais très contente de notre reprise le premier jour. Le stade d’Aix-la-Chapelle reste un stade impressionnant dans lequel les chevaux ont vite tendance à se faire petits. Je dois dire que ce n’était pas le cas dans le Grand Prix. Dans le Grand Prix Spécial il était un peu fatigué, il est repassé derrière moi dans le travail au trot qui est normalement le point fort du cheval et qui n’a pas été au point ce jour-ci. Mais c’est une longue semaine à Aix. 

Comme chaque année, quelques uns des meilleurs dresseurs mondiaux étaient présents, c'était l'occasion de les observer. Qu'ont-ils en plus ? 

L’expérience ! Les Allemands étaient chez eux, ils sont très précis et ils ont des chevaux avec énormément de qualité. 

À Aix, vous auriez du être accompagnée de Boléro. Comment va-t-il ? 

Boléro va parfaitement bien. Il a fait comme une petite colique avant de partir. J’ai décidé de lui donner les médicaments dont il avait besoin, or ces derniers le rendaient positif au contrôle anti-dopage pendant une semaine et la visite vétérinaire était le mardi. J’ai donc préféré ne pas l’amener. En plus cela ne servait à rien d’amener un cheval pas prêt. 

Mis à part ce petit souci de santé, il a semblé connaître une belle progression cette saison lui qui pouvait parfois se montrer tendu dans les indoors? 

Boléro a beaucoup tourné cette saison. Nous sommes allés chercher nos points pour entrer dans le Groupe 1. Pour moi c’était une priorité d’y parvenir. On a très bien tourné sur les Coupes du monde. Ensuite nous sommes allés à Fritzens-Schindlhof qui s’est moyennement bien passé, en partie à cause de la chaleur puisqu’il faisait 40° en plein GPS et c’était moyennement vivable. Le cheval a fait énormément de progrès cette saison et j’ai beaucoup d’espoirs pour lui l’année prochaine. 

En indoor nous faisions nos premiers concours ensemble et il nous a fallu le temps d’apprendre à nous connaître. Cela a pu donner l’impression qu’il était plus tendu mais c’est un point de vue que je ne partage pas. Le cheval a parcouru beaucoup de kilomètres sur la piste. Comme je le dis, l’expérience est la meilleure des sciences : plus il sort et plus ça va. Je vais beaucoup miser dessus à l'avenir. 

Voilà un moment maintenant que vous travaillez avec Dorothee Schneider. Comment se passe cette collaboration ? 

Cela fait maintenant un an que nous travaillons ensemble et cela se passe super bien. Nous avons la même philosophie et la même vision du cheval. Elle aime beaucoup mes chevaux donc cela tombe bien (rires). Nous recherchons des chevaux rapides c'est à dire des chevaux réactifs à la jambe et à l’assiette, des chevaux qui ont envie de travailler, pas des chevaux trop lents même si Sir Donnerhall est un peu une exception. Pour moi, le mental est le plus important. C’est clair qu’un cheval de dressage se construit. Il est important d’avoir de bonnes allures de base mais on peut avoir le cheval qui bouge le mieux du monde, s’il n’a pas envie de travailler, cela ne nous mènera nulle part. Je préfère avoir un cheval avec un peu moins de qualité qui a envie de travailler et de tout donner. S’il reste toujours très positif, on ira beaucoup plus loin avec lui. 

Dans moins d'un mois vous devriez prendre la route des championnats d'Europe de Rotterdam. Quels sont vos objectifs ? 

Mon but est de rentrer en finale et de décrocher un ticket pour les Jeux Olympiques pour la France. Pour l’heure, je suis la seule qui rentre dans les critères fédéraux pour aller à Rotterdam et nous ne savons pas encore s'il y aura une équipe à Rotterdam mais j'aimerais beaucoup que ce soit le cas, c’est plus sympa de courir un championnat en équipe !

Le pêché mignon de Sir Donnerhall reste les piaffers. Comment travaillez-vous cet exercice ?  

Il n’y a que trois piaffers dans une reprise. L’année dernière j’étais notée entre 5 et 5,5. Cette année ils sont généralement notés entre 6 et 7. Je ne veux pas les bidouiller avant les championnats d’Europe. Je préfère assurer le 6,5 et améliorer le trot, le galop et le pas plutôt que de trop l’embêter avec les piaffers et risquer de détériorer quelque chose. Mon but est de garder mon cheval heureux et de conserver son envie de travailler comme il l’a maintenant. J’en obtiendrai beaucoup plus que ce que j’ai pu obtenir par le passé. C'est d'ailleurs ce qui m’a fait perdre les changements de pied au galop. Le reste n’était pas non plus assez peaufiné parce que je me suis trop concentrée sur le piaffer et cela a blasé le cheval. Maintenant, il nous donne beaucoup plus !