Muriel Leonardi : « Tous les juges ont salué la belle équitation de nos cavaliers »
lundi 24 août 2020

Les Children en bronze aux championnats d'Europe de Budapest ! © FEI - Lukasz Kowalski

Alors que les championnats d’Europe Poneys vont débuter à Budapest, la chef d’équipe des Jeunes tricolores, Muriel Leonardi, revient sur deux semaines riches en émotion déjà passées en Hongrie. Les cavaliers des équipes de France Children, Juniors, Jeunes Cavaliers et Moins de 25 ans ont en effet enregistré des résultats historiques sur ces championnats d’Europe organisés malgré la crise sanitaire liée à la Covid-19.

Les deux premières semaines des championnats d’Europe Jeunes se sont conclues à Budapest avec une quatrième place par équipe des Juniors, une médaille de bronze des Children et une sixième place par équipe des Jeunes Cavaliers. Quel est le bilan de cette édition 2020 de ces championnats continentaux ?

Je suis très contente, nous avons passé deux semaines vraiment extras avec une très bonne ambiance dans toutes les catégories d’âges. Il est certain que nous avons eu de très bons résultats notamment les Children (Thanais Capelle Morosi/Escortgirl Maurepuis, Anna Dupuy Pelardy/Hilario Saint H, Stella Briand/U2 Jass du Derby, Eloise Thomas/Kind of Magic Fast, NDLR) qui ont décroché la médaille de bronze. C’est d’ailleurs la sixième médaille européenne de la France dans cette catégorie et une belle revanche sur l’année dernière puisque nous étions cinquièmes à très peu de points de la médaille. Chez les Juniors (Alexandre Chéret/Bamona, Ella Lostria/Bon Romantic, Mado Pinto/Hot Bit de la Gesse, Mathilde Juglaret/Caporal de Massa, NDLR), nous prenons une très belle quatrième place par équipes tandis que chez les Jeunes Cavaliers (Arthur Barthel/Bambino de Massa, Léa Bonifay/Fantastique 16, Camille Audo/Behroez, Capucine Noël/Soleil Noir Vom Rosenhof, NDLR) nous avons fait face aux petites contre-performances de Léa Bonifay, dont la coach, Virginie Deltour, a été hospitalisée après avoir fait un choc anaphylactique à la suite d’une piqure de guêpe. Léa s’est donc retrouvée seule alors qu’elle forme une vraie équipe avec sa coach. C’était assez compliqué à gérer, nous l’avons aidée du mieux possible mais tout cela ajouté au fait qu’il s’agissait de sa première année en Jeunes Cavaliers avec son cheval n’a pas été facile pour elle.

Si les résultats par équipes ont été très encourageants, les couples n’ont pas non plus démérité en individuel… Comment expliquez-vous ces très bons résultats pour le cru 2020 ?

La vraie grande satisfaction a été d’avoir deux couples qualifiés pour la finale individuelle (en musique pour les Juniors, Jeunes Cavaliers et Moins de 25 ans, NDLR), dans l’ensemble des catégories d’âges et ça c’était une première pour nous ! Cela fait une dizaine d’années que nous avons mis en place ce système qui a permis d’élargir la pyramide avec de plus en plus de jeunes, de plus en plus d’entraineurs impliqués et beaucoup ont aussi investi dans des chevaux de qualité. Je pense aussi que le confinement a permis à certains cavaliers comme Ella Lostria, Alexandre Chéret, Mado Pinto ou encore Mathilde Juglaret, de monter tous les jours puisque leurs parents sont des professionnels avec leurs écuries à la maison. Je pense qu’ils se sont ainsi plus préparés et plus entrainés qu’habituellement. Pourtant, nous n’avions pas beaucoup de recul par rapport aux autres nations en compétition et d’ailleurs pour certains couples encore en formation, le manque de concours s’est fait un peu ressentir.

Justement, comment s’est déroulé le cycle de sélection pour les couples ?

En raison de la situation j’avais précisé que les concours du début d’année seraient pris en compte car un certain nombre de couples étaient quand même sortis jusqu’en mars et notamment sur des internationaux. Nous avons ensuite rapidement mis en place deux concours de sélection, Mâcon et Pompadour. Nous avons autorisé les couples qui prétendaient à la sélection en Jeunes Cavaliers à ne pas revenir une deuxième fois en France puisqu’ils sont plusieurs à vivre à l’étranger et le passage des frontières n’était pas forcément évident. Ils ont pu sortir en Angleterre en Allemagne ou en Hollande. 

Finalement cette saison un peu particulière semble avoir souri aux couples tricolores ? 

Oui mais malgré tout nous n’avions pas du tout de recul par rapport aux autres nations, on ne savait pas vraiment où l’on se situait alors que normalement on croise les autres équipes plusieurs fois dans la saison à Hagen, Compiègne et Saumur. Chez les Children, je me suis retrouvée avec deux couples qui n’avaient jamais participé à un concours international ! Et c’est à nouveau le cas pour les Poneys cette semaine. Mais l’autre grande satisfaction pour nous a été de recevoir de nombreux compliments de la part des juges, notamment les juges 5* Maria Colliander et Katrina Wüst, des organisateurs mais aussi des autres chefs d’équipe. Ils nous ont félicité pour nos progrès et la belle équitation à la française présentée sur les deux semaines de compétition. Ce sont des choses qui font vraiment plaisir à entendre.

Vous le disiez, de nombreux cavaliers ont profité du confinement et de pouvoir rester dans les écuries de leurs parents pour peaufiner leur entrainement. Les catégories Jeunes sont donc bel et bien en train de se professionnaliser ? 

Oui c’est certain et nous l’avons longtemps vu avec les cavaliers allemands dont les noms chez les Jeunes étaient les mêmes que chez les Seniors ! Sara Magnusson-Lostria a confié son cheval de 8 ans, Bon Romantic, à sa fille Ella Lostria, Véronique Pruède a laissé sa jument de Grand Prix Bamona à son fils Alexandre Chéret, le Haras de la Gesse a confié Hot Bit de la Gesse à Mado Pinto alors qu’il travaille déjà avec ses parents Isabelle et Carlos Pinto, quant à Mathilde Juglaret, Caporal de Massa a été préparé par Arnaud Serre. C’est une belle génération d’enfants de professionnels qui peuvent désormais évoluer chez les Jeunes ! 

Comment se profile la saison 2021 après avoir engrangé de si bons résultats sur ces championnats d’Europe 2020 ? Abordez-vous cette nouvelle étape avec sérénité ?

Je ne vais pas me reposer sur ces résultats et je vais continuer à travailler car cela reste très éphémère. En effet, nous perdons l’année prochaine Camille Audo et Capucine Noël qui vont évoluer dans les épreuves Moins de 25 ans dont est en charge Jan Bemelmans. Plusieurs cavaliers en fin de cycle ont profité du confinement pour aborder le niveau supérieur donc ils devraient être plus nombreux en U25 l’année prochaine. Chez les Juniors présents à Budapest, Mado Pinto montera l’année prochaine en Jeunes Cavaliers tandis qu’Alexandre Chéret et Mathilde Juglaret auront la possibilité de choisir en fonction de leurs chevaux. Chez les Children, il ne me restera qu’un seul couple la saison prochaine, il va donc falloir en trouver de nouveaux et pour cela je vais attaquer la détection dès le mois d’octobre en surveillant les classements, en restant en contact avec les CRE et en me déplaçant en novembre dans le sud, du côté de Pierrelatte, comme tous les ans. Les saisons se suivent et ne se ressemblent pas forcément, on peut avoir des périodes de creux comme connaissent en ce moment les Suisses ou encore les Belges en catégorie Juniors. 

Les résultats complets : ICI.