On a testé pour vous, un stage avec Jessica Michel-Botton
mardi 24 novembre 2020

En stage avec Jessica Michel-Botton
En stage avec Jessica Michel-Botton © Adèle Vaupré

Le week-end dernier, Claire Mozat et l’équipe du Boulerie Jump du Mans organisaient un stage de dressage réservé aux professionnels, encadré par l’une des meilleures cavalières jeunes chevaux au monde, Jessica Michel-Botton. L’occasion s’est présentée de pouvoir tester ce stage aux côtés de celle qui détient trente-et-un titres de championne de France.

Organisés depuis plusieurs années maintenant, les stages hivernaux de dressage avec Jessica Michel-Botton sont ouverts à tous, et une majorité de cavaliers en profite pour y présenter de jeunes chevaux, grande spécialité de la cavalière olympique. Je me suis donc inscrite à ce stage avec ma jument de 5 ans dans le but de préparer les épreuves de dressage réservées aux chevaux de 6 ans. 

Faire face à un problème

La séance du samedi était entièrement tournée vers l’amélioration de la locomotion de base de la jument, au trot et au galop, pour rechercher plus de rebond et de portant dans les allures, et plus de réactivité à la jambe. Une fois ces bases acquises, nous avons pu effectuer une séance plus technique le dimanche. Après une détente libre en gardant en tête les conseils de la veille, Jessica recueille mes premières impressions. Ma jument est, à ma grande surprise, plus en forme que le samedi.
Dès l’entame du travail, elle montre un manque de fluidité dans sa mise en main au galop, cherchant notamment à s’ouvrir dans les départs. Jessica trouve immédiatement une solution à mon problème : « Elle doit rester dans les aides. Reste sur un grand cercle de 20m au trot et pousse-la avec la jambe intérieure en cession à la jambe sur le cercle. Garde les épaules vers l’intérieur avec la rêne extérieure. Lorsqu’elle est prête dans son corps, demande-lui de partir au galop ». Les conseils s’enchainent très rapidement. « Repasse au trot et pousse-la de nouveau en cession à la jambe, qu’elle reste dans les aides et se concentre, tout en gardant les épaules vers la droite. Quand tu sens qu’elle est fluide, tu peux demander le galop ». C’est ensuite dans le contrôle de la hauteur de nuque que Jessica me rappelle à l’ordre, pour éviter la perte de connexion. « Sur le cercle de 20m, pense à la rectitude en gardant plus ses épaules vers la droite sans pour autant rétrécir ce cercle (nous sommes au galop à main droite, NDLR). Maintenant, fais la même chose sur la longueur du manège, en piste intérieure, en gardant les épaules à droite de façon un peu exagérée, sans laisser la nuque être plus haute et en sentant plus lincurvation vers la droite ». 

Réactivité à la jambe

Les informations fusent mais la jument bouge de mieux en mieux, se porte de plus en plus tout en restant dans mes aides. Nous poursuivons le travail au galop, toujours à main droite, dans le but de développer le portant et la locomotion. D’abord, en restant sur la ligne du quart pour obtenir plus de rectitude, en exagérant le maintien des épaules vers la droite grâce à la rêne extérieure, puis sur le grand cercle. « Ne laisse pas la nuque se remonter, pense d’abord rectitude avec la rêne extérieure et la jambe intérieure, qu’elle reste dans l’incurvation. Pousse-la de nouveau en cession à la jambe droite sur le cercle au galop, aucun problème si elle repasse au trot ». S’il y a bien une chose à retenir du travail avec Jessica, c’est son respect des chevaux dans ses demandes. « Si elle se bloque un peu, garde le contact sur les deux rênes, conserve l’incurvation à droite et redemande le galop. Elle doit respecter la jambe droite. » 
Dans le travail au trot, Jessica m’a orientée vers la préparation des appuyers, mouvements demandés dans les reprises des 6 ans. Sur plusieurs voltes de 10m au trot, réparties dans le manège, j’ai travaillé la réactivité à la jambe, le contrôle de la nuque et l’incurvation. « Tourne bien avec les aides extérieures sur le cercle et conserve lactivité après le cercle ». Au bout de quelques voltes, la stabilité est acquise et Jessica nous fait enchainer plusieurs mouvements : « Double dans la longueur à main gauche, enchaine avec une volte de 10m à gauche puis pars en appuyer vers la gauche sans trop mettre de pli ». Les doigts dans le nez ! Grâce à la préparation, la jument s’est montrée disponible. À droite, c’est plus difficile. « Laisse-lui le temps de se stabiliser, prépare-la sur la volte, garde ta tête au milieu de tes épaules pour bien finir ton cercle. » C’est reparti pour l’enchainement doubler-volte-appuyer. Tout semble si facile quand la préparation est bien faite !

Adapter sa séance

La fin de séance se fait au pas sur les demi-pirouettes, également au programme des 6 ans. Pour cela, je m’installe à main gauche sur un doubler dans la largeur sur des rênes pas trop courtes. « Garde de la vitesse lorsque tu tournes les épaules pour que ça soit un peu plus facile. Il ne faut surtout pas mettre la jambe extérieure au contact et pousser dedans en permanence jusqu’à la fin du mouvement. Tourne les épaules et les hanches avec les aides extérieures en gardant de la vitesse ». À gauche, tout va bien mais à droite, ma jument se bloque et recule. Là encore, Jessica a la solution : « Tourne-la vers la droite sur un petit cercle, puis remet-la droite et cherche de nouveau à sentir la réaction à la jambe extérieure en la mettant, puis en la relâchant. Ne cherche pas à tourner trop serré au début et si elle s’arrête tourne-la vers la droite sur un tout petit cercle avec la jambe droite. Elle doit accepter la jambe intérieure pour tourner dans le même sens. Installe-la sur un plus grand cercle pour sentir la réaction à la jambe extérieure pour amener les hanches vers l’intérieur. Tu dois juste sentir qu’elle met un peu plus les hanches vers l’intérieur, ne cherche pas à faire la pirouette à main droite. Elle doit sentir la réaction qu’elle doit avoir à la jambe, à savoir, rentrer ses hanches vers l’intérieur du cercle ». Après plusieurs tentatives, la jument a commencé à accepter les aides en s’efforçant de porter son postérieur gauche, externe donc, sous elle afin de croiser et de pousser ses hanches vers la droite.

Voilà de quoi nous orienter dans le travail à effectuer ces prochains mois !

Pour découvrir le second volet de cette saga "En stage avec Jessica Michel-Botton" porté sur la concentration du jeune cheval, cliquez ici