Une finale très disputée à Jablines
dimanche 04 octobre 2009

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Mme Robiez (Kineton)avec Julia Chevanne et Rémy Issartel © Béatrice Fletcher

Deux équipes étaient ex æquo avant cette finale, Kineton-Passier et Château des Iles-Lambey. Si la première remporte la seconde édition du Grand National comme elle l’avait fait en 2008, Normandie 2014 a doublé au poteau Château des Iles Lambey. ITV des teams Kineton-Passier et Normandie 2014

Le résultat d’une belle solidarité entre les deux coéquipiers de Team Normandie, dans la droite ligne de l’esprit requis pour ce circuit..

En 2009, Julia Chevanne a défendu quasiment seule les couleurs de la sellerie parisienne de M. et Mme Robiez, son co-équipier Rémy Issartel n’ayant participé qu’à la toute première étape de Compiègne. Et les soucis de santé d’Hilton de Clotobie ne lui permettaient pas davantage de courir à Jablines. Donc Julia a remis Calimucho, qui était en semi retraite depuis plusieurs semaines, au travail modéré pour que l’écurie Kineton-Passier ne soit pas purement et simplement forfait dans cette compétition décisive. Et le Hanovrien, qui cette fois semble promis a une retraite complète, a bien servi la cause en offrant encore aux spectateurs une reprise très régulière ponctuée de belles lignes de changements de pied, malgré une petite faute aux deux temps, et de jolis piaffers précédés et suivis de bonnes transitions avec le passage. Sa moyenne de 69,70 ne lui a pas permis de battre le vainqueur du jour, mais ce dernier Grand Prix fait honneur à la carrière de ce performer et n’en rendait que plus émouvantes les larmes de sa cavalière à la sortie du terrain, après une saison ponctuée de plusieurs petits problèmes de santé dont le dernier avait écarté le couple des débats windsoriens.

Le vainqueur de l’étape n’est autre que le meilleur couple français des championnats d’Europe, Jean-Philippe Siat et Tarski vd Zuuthoeve, qui a mis très tôt la barre à 69,95 pour la plus grande joie du clan Mouré. auquel s’ajoutait pour l’occasion Ludovic Henry qui venait de dérouler un beau Grand Prix, assez sévèrement noté, avec Greystoke, l’autre cheval de Jean-Philippe. Afin de mettre toutes les chances dans l’escarcelle de Team Normandie (un point de bonification pour les écuries complètes), Jean-Philippe avait réussi à persuader son coéquipier – dont le cheval Dartagnan se remet d’un mauvais abcès au pied - de courir cette finale en montant quasi au pied levé le délicat Greystoke. La sauce a très bien pris et l’opération fut réussie puisque Team Normandie abandonne sa 3e place à Château des Iles-Lambey qui lui laisse la 2e. Marc Boblet, seul de son équipe et tout de même gêné par une déchirure musculaire à la cuisse, n’a pu faire mieux avec son deuxième cheval, Olivier, que 6e.

Dominique d’Esmé n’ayant pu défendre les couleurs de DP Nutrition-Ecolit, Roi de Cœur étant indisponible, douze équipes sur les treize engagées cette année étaient présentes à Jablines et sept d’entre elles avec leurs deux coéquipiers dont Puy du Fou-Villa do Retiro (Isabelle et Carlos Pinto) à la lutte pour la 4e place avec Kineton-Sprenger représentée par Marina van den Berghe et Pierre Subileau. Marina avait engagé pour l’occasion Roméo dans son premier Grand Prix et le second termine à une belle 4e place après une reprise très plaisante, fluide et sans faute, avec son « vieux « Carlos en super forme. Toutes ces équipes assuraient déjà une belle participation à laquelle se sont ajoutés quelques cavaliers indépendants, soit vingt-six partants au total. L’entraîneur national Alain Francqueville se félicite de ce plateau « du meilleur niveau national qui m’est très utile au niveau de la détection », une caractéristique des étapes du circuit. Et Jablines lui offrait aussi de voir en conditions de compétition de nouveaux couples, tels que Roméo ou Frido et Stéphanie Childéric. Et d’en revoir d’autres très peu sortis encore, comme Das Bin Ich et Gabrielle Mathieu ou Hohwald des Cloets et Jean-Noël Mychalysin.Le président du jury Bernard Maurel notait lui aussi cette participation conséquente – pour une discipline encore pauvre au plus haut niveau –, une qualité technique moyenne en progression alors que trop de cavaliers « manquent d’encadrement technique ». Il insistait avec satisfaction sur le vent nouveau que le Grand national fait souffler sur le dressage « qui est un sport comme un autre où l’esprit d’équipe chasse l’image du passionné individualiste. Ici, le speaker permettait en plus à tout le monde de comprendre l’implication des entreprises qui s’investissent auprès des cavaliers et auxquelles le dressage donne une image de sérieux, de rigueur et d’élégance ». Le speaker en question était Bernard Daney, également aux manettes pour assurer un très agréable accompagnement musical. De quoi donner à la manifestation un petit air de fête fort sympathique renforcé par le doux soleil automnal et la bonne ambiance générale qui régnait ce samedi dans les belles installations équestres dirigées par les Perrin.