Vladimir Vinchon : « J’ai la chance d’être très bien équipé avec Tarantino et Fidertanz »
lundi 22 mars 2021

Vladimir Vinchon entouré de ses deux chevaux, Tarantino Fleuri (à gauche) et Fidertanz For Rosi (à droite)
Vladimir Vinchon entouré de ses deux chevaux, Tarantino Fleuri (à gauche) et Fidertanz For Rosi (à droite) © DR/Coll. privée

Membre de l’équipe de France aux Jeux paralympiques de Londres, aux Jeux équestres mondiaux de Caen et de Tryon et aux championnats d’Europe de Moorsele, Vladimir Vinchon est une figure incontournable du circuit para-dressage en France. Inscrit sur les listes Tokyo JOP et Paris JOP avec ses deux chevaux, le cavalier qui évolue en Grade IV s’est entouré d’un encadrement de haut niveau pour atteindre ses objectifs et s’envoler pour le Japon.

Vladimir Vinchon est un membre à part entière de l’équipe de France de para-dressage depuis les championnats d’Europe de Moorsele, en 2011, auxquels il participait avec Flipper d’Or*ENE HN. Son parcours vers le haut niveau en para-dressage n’était pourtant pas écrit pour le cavalier aujourd’hui âgé de 47 ans. C’est dans les courses d’obstacles que Vladimir Vinchon évolue jusqu’à l’âge de 20 ans avant d’affronter le plus grand défi de sa vie. « J’ai été blessé gravement lors d’un accident de voiture et j’ai dû être amputé de la jambe droite. Il m’a fallu du temps pour me reconstruire et j’ai quitté un temps le monde des chevaux. J’ai alors rencontré mon épouse, j’ai eu deux enfants et j’ai fait du basket fauteuil jusqu’en National 2 ». Il faudra attendre cinq années avant que Vladimir ne retrouve le chemin de ses premiers amours, les chevaux. « J’avais gardé un pied dedans en étant propriétaire de deux chevaux de course puis j’ai commencé à remonter le samedi chez mon dernier entraineur, Philippe Cottin. Rapidement, je me suis rendu compte que je m’ennuyais à monter sans vraiment avoir de but et que la compétition me manquait énormément », explique-t-il. C’est là que tout va changer pour Vladimir qui fait la rencontre de Francis Rebel. « Je suis allé chez lui essayer une jument de 14 ans qui avait été présélectionnée pour les épreuves Juniors. Je suis tombé et je l’ai achetée (rires). C’est elle qui m’a remis en selle », se souvient-il. Après avoir décroché deux titres de champion de France et un titre de vice-champion de France sur le circuit de saut d’obstacles handisport (arrêté depuis 2015, comme expliqué dans notre article publié le 12 mars dernier), le compétiteur rêve de haut niveau. Et pour cela, il doit alors se tourner vers une toute autre discipline, le dressage. C’est une nouvelle rencontre, avec Flipper d’Or*ENE HN, qui va à nouveau changer la vie du cavalier. « C’est grâce à Fanny Delaval et Alain Soucasse que j’ai pu essayer Flipper à l’ENE. Cela a été un vrai tremplin et en 2011 je participais à mes premiers championnats d’Europe ». 

Les Jeux paralympiques dans la tête

En 2015, Vladimir débute un nouveau cheval sur le circuit international de para-dressage, Tarantino Fleuri. Le couple décroche plusieurs titres de champion de France mais le hongre Selle Français rencontre des problèmes de santé. « À l’époque il était mon seul cheval et je n’ai pas forcément pris assez de temps pour bien faire les choses. J’ai ainsi trainé cette blessure pendant deux ans jusqu’au moment où j’ai finalement décidé de le mettre un an au pré ». En novembre 2017, seulement trois mois après la reprise du travail de Tarantino Fleuri, le couple est sacré champion de France à St Lô, avant de s’envoler l’année suivante pour les Jeux équestres mondiaux de Tryon, aux Etats-Unis. Fort de son expérience passée, Vladimir décide d’investir dans un deuxième cheval avec pour objectif de participer à nouveau aux Jeux paralympiques et notamment ceux de Paris, en 2024. Et lorsque les ambitions sont élevées, le choix du cheval s’avère essentiel. « Pour toucher le très haut niveau et être performant il faut un cheval avec une qualité intrinsèque aux trois allures, il faut de la locomotion, de la facilité mais aussi une bonne tête », souligne-t-il. C’est sous les conseils de Pauline Guillem que Vladimir Vinchon part en Allemagne pour essayer Fidertanz For Rosi, un hongre de 6 ans pour lequel il avait eu le coup de cœur en vidéo. « Le gros problème avec mon handicap est l’acceptation du cheval au fait que je n’ai qu’une seule jambe et que j’utilise une badine. Fidertanz est resté droit dans ses baskets, il a répondu à toutes mes demandes à la fois à ma jambe et à la badine. C’est ce qui a fait la différence avec les autres chevaux que j’ai essayés ». En 2019, alors qu’il se concentre sur sa préparation pour les Jeux paralympiques de Tokyo, à l’époque toujours au calendrier de l’année 2020, Vladimir confie l’apprentissage technique de Fidertanz à Pauline. Après seulement quelques mois d’entrainement ensemble, le couple décroche la médaille de bronze aux championnats de France Cycles Classiques 6 ans à Saumur, de quoi confirmer tout le potentiel du nouveau partenaire de Vladimir. « Ce n’était pas vraiment prévu de l’emmener sur la finale SHF mais après deux concours, le cheval a obtenu des notes de 80%, on s’est donc dit que c’était aussi l’occasion de lui faire prendre de l’expérience », ajoute Vladimir. 

Nouveau départ

À l’aube des Jeux paralympiques de Tokyo, Vladimir Vinchon est fort d’un piquet de deux chevaux performants, expérimenté pour l’un et en devenir pour l’autre. C’est alors en se tournant vers une écurie de haut niveau, chez Charlotte Chalvignac et Jean Vesin, que le cavalier a décidé de poursuivre sa préparation olympique. « Je louais des boxes vides pour mes deux chevaux au Lion d’Angers mais je devais faire une heure de route aller puis retour tous les jours pour aller les nourrir et les monter. J’étais encadré techniquement par Serge Cornut, qui m’a beaucoup apporté avec Fidertanz notamment par sa sagesse, mais qui est très pris par le concours complet », explique le cavalier. C’est alors que son épouse découvre par l’intermédiaire des réseaux sociaux que Charlotte Chalvignac et Jean Vesin s’installent en Pays de la Loire. « J’ai regardé à combien de kilomètres se trouvaient leurs écuries et il s’est avéré qu’elles étaient à une trentaine de minutes de chez moi et quinze minutes de mon lieu de travail ». Depuis son arrivée chez le couple de dresseurs, Vladimir a décroché le titre de vice-champion de France Major Amateur 1 puis de champion de France Amateur 1 dans le circuit valide avec Tarantino Fleuri. « Ce titre a été une belle satisfaction personnelle et Tarantino a franchi une marche que je ne pensais pas capable d’atteindre. Cela m’a donné de la confiance et de l’expérience pour aborder sereinement les épreuves de para-dressage. Mon arrivée chez Charlotte et Jean m’a tiré vers le haut car nous avons les mêmes objectifs de très haut niveau. Depuis 2012 et mon départ de l’ENE, je n’avais pas eu de suivi d’entrainement quasi quotidien et cela permet clairement de progresser beaucoup plus vite ».
Si Vladimir compte sur l’expérience de Tarantino Fleuri pour les Jeux de Tokyo, qu'il s'agisse des compétitions, mais aussi de la chaleur et des voyages en avion, ce que le cavalier souhaite par-dessus tout est de pouvoir présenter les meilleures reprises possibles au Japon. « Même si Fidertanz prend plus de points sur le rectangle que Tarantino, le couple que nous formons n’est pas encore complètement abouti alors qu’il l’est avec Tarantino. Ce déplacement demande beaucoup d’investissement de la part de tout le monde et de la Fédération, on ne peut pas partir en se disant que l’on va juste dérouler une seule reprise ! J’espère donc faire correctement mon travail pour que ça soit Tarantino qui parte », lance le cavalier qui devrait reprendre le chemin des compétitions internationales lors du CPEDI de Waregem, du 23 au 25 avril, si la pandémie de Covid-19 et l’épizootie de rhinopneumonie équine le permettent ! « C’est une période compliquée mais la motivation est toujours là car ce que je ne ferais pas sur le circuit para, je pourrais le faire sur le circuit des valides. Heureusement, nos Masters Class à Lamotte-Beuvron sont maintenues, ce qui nous permet de présenter notre travail à un juge international et au staff fédéral de manière quasi mensuelle », conclut-il.