Endurance : Peut-on croire en des jours meilleurs ?
jeudi 04 juillet 2019

Illustration endurance
Illustration endurance © FEI/MARTIN DOKOUPIL

Si l’après JEM Tryon a entrainé un nouveau casting de la commission endurance de la FEI avec de nouvelles résolutions à la clé, de nombreuses incertitudes sur l’avenir de l’endurance équestre demeurent. Acteur majeur de la discipline et nouveau président de l’ACA, Stéphane Chazel nous a livré quelques impressions à un moment où la réflexion sur les règlements est en cours.

Le  Forum Sportif de la FEI mi avril a été plutôt rassurant sur l’avenir de la discipline au sein de l’organisation international des sports équestres. Confiée au saoudien Tarek Taher, la nouvelle commission fait preuve d’une belle volonté de concertation et communication avec  beaucoup de présence sur les réseaux sociaux. De nouvelles règles sont en voie d’adoption, avec une période de dialogue entre la FEI et les fédérations nationales, celles-ci devant réagir au projet FEI entre le 8 juillet et le 31 août. On peut aussi se réjouir de la poursuite des procédures disciplinaires pour sanctionner les abus sur les courses dans les pays du golfe persique. Le travail fait par la journaliste canadienne Pippa Cukson et la procédure engagée par Pauline van Drumpt pour le groupe Clean Endurance ont obtenu fin juin une issue positive devant le tribunal de la FEI (lire ICI). Il a non seulement prononcé de lourdes sanctions, un an et plus d’interdiction de compétition et amendes financières, contre les trois cavaliers des Emirats Arabes unis visés par une plainte pour comportement abusif envers leurs chevaux, mais la FEI reconnait aussi qu’il est anormal que des officiels de compétition aient fermé les yeux sur les graves dérives observées lors de la President Cup où les faits se sont produits.

Ces décisions vont dans le bon sens, mais Stéphane Chazel, rencontré lors du concours de la Vacquerie (34), reste sur sa faim. "Officiellement je n’ai pas été réintégré dans la nouvelle commission comme il en était question après la dissolution de celle-ci, conséquence du fiasco des JEM de Tryon. J’ai été convié au Forum et  il y a des choses qui vont dans le bon sens, mais j’ai l’impression que c’est un peu comme ça arrange la FEI : quand ils ont besoin de moi, je suis appelé ! L’essentiel c’est de faire entendre la voix de l’endurance européenne. Tarek Taher à des chevaux au travail chez Jean-Philippe Francès et c’est une bonne chose pour qu’il soit à l’écoute ! Quentin Simonet à la FFE suit aussi le dossier. Mais il y a encore trop de décisions qui ne vont pas au bout : il faut faire appliquer les règles et il faut que la FEI soutienne les officiels de compétition qui prennent des bonnes décisions ! Pour l’attribution des championnats aussi, il y a trop d’influence des partenaires venus du Moyen Orient". A cela s’ajoute la question du dopage hélas particulièrement récurrente autour des cavaliers des pays du  Groupe VII (majoritairement pays du golfe persique). Le Dr vétérinaire Jacques Nardin a publié sur son réseau de diffusion les conclusions d’une expérience  à laquelle il s’est livré lui—même (lire ICI) : il est très facile de se procurer dans des officines des Emirats Arabes Unis des substances complètement interdites, et de les ramener en France ! 

Autre sujet de débat sur l’utilisation de nouvelles technologies comme sur le CEI de Castelsagrat où l’équipe d’assistance d’un cavalier espagnol utilisait de la carboglace. Un enquête FEI est en cours, les règles interdisent l’utilisation de produit d’une température inférieure à 0°.