Philippe Tomas : « il faut rajeunir la discipline »
samedi 13 juillet 2019

Philippe Thomas
Philippe Thomas est le nouveau conseiller technique d'endurance auprès des jeunes © Anne Jonchery

En grande conversation avec Sabrina Arnold, Jean-Philippe Frances et Jean-Michel Grimal, L’Eperon attend patiemment son tour pour s’entretenir avec Philippe Tomas. Nous sommes vite mis en garde : « Attention il est très méchant ! ». L’humeur est taquine entre l’entraîneur national et ses deux conseillers techniques : Jean-Philippe Frances et Philippe Tomas. C’est à ce dernier que nous souhaitons poser quelques questions, sur sa nouvelle casquette dans l’endurance.

L’Eperon : En quoi consiste votre nouvelle fonction au sein de la Fédération Française d’Equitation ?

Philippe Tomas : Je suis conseiller technique en endurance pour les jeunes.

L’Eperon : Pourquoi avoir accepté, maintenant, ces nouvelles responsabilités ?

Philippe Tomas : Je donne un coup de main à Jean-Michel Grimal ; je suis bénévole.
Il y a une bonne entente entre nous. Nous faisons un essai sur 2019, et si cela fonctionne, nous continuerons. Si ce n’est pas le cas, l’expérience s’arrêtera là. 

L’Eperon : C’est une idée qui vous trottait déjà dans la tête ?

Philippe Tomas : En 2018, pendant les Championnats d’Europe, Bénédicte (Emond-Bon ndlr) était occupée. Je me suis immiscé dans les réunions. Du coup, j’avais parlé avec Martin Denisot et dit que j’aimerais bien collaborer avec la fédé. Il en a reparlé à Jean-Mi (Jean-Michel Grimal ndlr), et voilà. 

L’Eperon : Comment voyez-vous les choses ? Avez-vous un programme bien établi ?

Philippe Tomas : Je gère la préparation et la tactique de course. Je fais passer des tests d’équitation, sur le plat, en carrière, afin d’évaluer ce qui manque à chaque couple cavalier/cheval, et leur préparer un programme. On essaye, on adapte. Un pâtissier brûle trois gâteaux, et ensuite il sait faire ! Il faut « attaquer » les cavaliers par où ils pêchent. C’est la méthode Pierre Cazes …
Le 25 juillet, nous faisons un rassemblement du côté de Montauban. Il y en aura un autre dans le Nord car il y a 3 – 4 cavaliers à suivre dans cette partie de la France. Les cavaliers vont travailler avec un moniteur qui va les faire monter. Ensuite, il y aura le stage de sélection pour le Championnat du Monde des Jeunes, où seront retenus cinq couples et un remplaçant.

L’Eperon : Quel est l’objectif majeur, en termes de tactique de course, pour ces prochains Championnats du Monde ?

Philippe Tomas : Les cavaliers manquent cruellement de niaque au départ des courses ! Il faut remédier à ça pour partir dans les meilleures conditions et ne pas se faire distancer. La consigne est donc d’aller plus vite dans les premiers kilomètres et de réduire le train ensuite. Les jeunes doivent apprendre à gérer leurs courses de cette manière.

L’Eperon : avez-vous prévu des changements importants dans la constitution des équipes de courses ?

Philippe Tomas : nous ne voulons plus de papa et maman en tong, de la grand-mère qui font l’assistance. Ce sont des sportifs qui doivent donner les bouteilles : il faut courir vite. Il faut rajeunir la discipline et créer de véritables équipes sportives. C’est important également pour la cohésion d’équipe. Si le cavalier vient en famille, il reste en famille. 

L’Eperon : Ce n’est un secret pour personne, vos deux enfants, Lilou et Pablo, courent à haut niveau. Ce n’est trop compliqué d’être papa et « juge » ?

Philippe Tomas : Ca ne me gêne pas du tout ! Je les fais travailler comme les autres. J’ai fait ma long list et c’est Jean-Mi qui prend la décision finale. Il chapote les stages, alors il voit tout !

L’Eperon : mais en cas d’hésitation entre un de vos enfants et un autre cavalier : il sera difficile de faire un choix sans être taxé de parti pris.

Philippe Tomas : Mais vous savez, si un cheval est dans la balance, c’est qu’il n’est pas en forme. Alors ça ne sert à rien d’y aller. Le choix sera vite fait.