Saut d'obstacles : ça passe pour Nicolas Delmotte
mardi 03 août 2021

Nicolas Delmotte
Le Nordiste continue sur sa lancée et pousse les portes de la finale individuelle. © Ph. Scoopdyga

Coup d'envoi des épreuves de saut d'obstacles à Tokyo ! Au programme de cette première journée, l'épreuve de qualification en individuel, en vue de la finale de demain, qui ne reprendra que les 30 meilleurs couples, avec des compteurs remis à zéro. Tandis que certaines nations ont d'ores et déjà annoncé la couleur et montré leur bonne forme, à l'instar de l'Irlande, de la Grande-Bretagne, de la Belgique ou encore de la Suède, seul Nicolas Delmotte, associé à Urvoso du Roch, peut encore prétendre à monter sur le podium en individuel pour la France.

Première journée pour les cavaliers de saut d'obstacles, qui s'élançaient dès 19 heures (heure locale) sur le parcours imaginé par le chef de piste espagnol Santiago Varela. Pour cette première épreuve, il s'agissait pour les 73 sportifs engagés d'assurer une performance leur permettant de rentrer dans le Top 30, afin de se qualifier pour la finale individuelle de mercredi. Et il ne s'agissait pas franchement d'une mince affaire ! En termes d'entrée en matière, le chef de piste espagnol n'a pas ménagé ses ouailles : quatorze obstacles, dix-sept efforts et des enchainements qui ont contraint plus d'un couple à jeter l'éponge assez rapidement, à l'instar du premier cavalier à prendre le départ, le Jordanien Ibrahim Hani Bisharat.

L'épreuve a clairement joué son rôle de qualification : les habitués des classements en 5* ont su tirer leur épingle du jeu assez aisément, et les sportifs en-deçà du niveau technique requis sont sortis de piste avec des scores relativement élevés. Le triple, situé en numéro 4 du parcours (vertical, deux foulées assez courtes, vertical, une foulée, oxer), et l'ultime ligne, mur relativement peu appétant, quatre foulées, double (over, une foulée, vertical), cinq foulées, oxer final, étaient les éléments du parcours à soigner plus particulièrement. Le tout, sur des cotes à 1,60m en moyenne (1,62m pour les obstacles les plus hauts). Mais il faut bien l'admettre, Santiago Varela a formidablement joué son coup : 30 couples exactement parviennent à boucler un sans faute aux obstacles et les cinq couples qui prennent uniquement des pénalités de temps entrent dans la sélection. Mais attention à ce coup de semonce : il faudra mettre un peu plus de tempo demain ! 

Le vertical maudit des Tricolores 

Pourtant, ce ne sont pas ces deux difficultés qui ont posé problème à nos Bleus, mais le vertical numéro 10, situé en sortie de virage et en entrée de ligne. Mathieu Billot, premier Tricolore à s'élancer avec son gris Quel Filou 13 (Quidam's Rubin) fait une belle entame de parcours avec une monture à qui, visiblement, les cotes du parcours ne posent pas vraiment de problème. Quel Filou, tout en force, franchit allégrement chaque difficulté, mettant une sacrée marge à chaque saut. Mais, dans le virage à gauche pour aller sur le vertical numéro 10, la machine se dérègle : le cheval secoue la tête, débraie, se désunit et passe derrière la jambe de son cavalier, qui tente de le renvoyer. Mais il est trop tard : le gris n'est plus en mesure de décoller, il s'arrête, à la surprise de son cavalier et à la nôtre : ce couple ne nous a pas habitués à le voir s'arrêter. Il écope ainsi de 7 points en sortie de piste.

Quelques minutes plus tard, c'est Pénélope Leprévost qui prend la suite de Mathieu. Énergique, la cavalière, associée à son fils de Toulon, Vancouver de Lanlore, réalise à son tour un bon début, visiblement désireuse d'aller chercher le ticket d'entrée de la finale... jusqu'au numéro 10. Surpris, le hongre s'arrête devant le vertical qui a également refroidi son compatriote. La cavalière, qui avait un bon tempo avant son refus, repart rapidement. Mais une faute sur le second plan du premier élément (l'oxer) du double numéro 13, avant-dernier obstacle à franchir, alourdit l'addition : la cavalière, déçue, sort avec un score de 10 points.

Dossard numéro 23, Nicolas Delmotte est le dernier à s'élancer pour la France, avec Urvoso du Roch, son fils de Nervoso. Victorieux des Grands Prix 5* de La Baule et Chantilly, le Nordiste démontre une fois de plus sa grande forme du moment sur la piste du parc équestre Baji Koen : tout en finesse, avec une monture qui ne veut visiblement pas heurter une barre, il signe le seul parcours sans faute de l'équipe de France et assure sa place dans la finale individuelle de mercredi.

Un seul représentant tricolore en finale individuelle : on pousse un ouf de soulagement, on croise les doigts pour la finale de demain mais le sentiment de déception est néanmoins inévitablement présent. Là où d'autres nations "fortes" de l'équitation - comme la France l'est logiquement - parviennent à aligner leurs trois représentants, les prestations des cavaliers de Thierry Pomel sont, dans l'ensemble, décevantes. 

Carton plein pour les Irlandais, les Britanniques, les Suédois et les Belges

D'entrée de jeu, dans cette épreuve qualificative, certaines équipes ont a contrario bien fait comprendre par leur performance qu'elles n'étaient pas là pour enfiler des perles. Les Irlandais, Darragh Kenny, Bertram Allen et Cian O'Connor sortent 100% de parcours sans faute. De bon augure pour les vestes vertes en ce qui concerne la suite de la compétition. Un peu plus tard dans l'épreuve, ce sont les Britanniques qui sortent leur épingle du jeu : Harry Charles, Ben Maher et Scott Brash signent tous des parcours exempts de faute et réalisent une belle entame de compétition. Les Suédois effectuent également l'exploit de boucler trois parcours sans-faute, ce qui qualifie Henrik Von Eckermann, Malin Baryard-Johnsson et Peder Fredricson - médaillé d'argent en individuel à Rio en 2016, avec All In - pour la finale individuelle. Enfin, les Belges terminent également cette épreuve sur trois parcours parfaits. Qu'il s'agisse de Niels Bruynseels avec Delux Van T&L (Toulon), de Gregory Wathelet et Nevados (Calvados Z) ou de Jérôme Guery avec son excellent Quel Homme de Hus (Quidam de Revel), les cavaliers d'Outre-Quiévrain ont montré qu'il fallait compter sur eux, tant sur l'enjeu individuel que par équipe. L'épreuve par équipes risque fort d'être passionnante et serrée au vu des jolies performances de ces cavaliers.  

Faites vos pronostics !

D'autres nations se sont également montrées très en forme, à l'instar du Japon : Daisuke Fukushima réalise le premier sans faute de l'épreuve, imité quelques couples plus tard par son compatriote, Koki Saito. Le dernier cavalier du Pays du Soleil Levant, Eiken Sato sort de piste avec un point de pénalité. Pour l'équipe hôte de ces Jeux Olympiques, la performance est remarquable. Coup de chapeau à Koki Saito, qui signe un magnifique parcours, tout en décontraction, aux rênes de sa monture grise, Chilensky (Chintan). Le Suisse Steve Guerdat, quatrième des Jeux Olympiques de Rio en individuel avec Nino des Buissonnets, termine avec 4 points sur la barre de spa - faute que l'on n'attendait pas de la part de l'expérimenté cavalier helvète -, tandis que Martin Fuchs et Clooney 51 (Cornet Obolensky) assurent leur place en finale, comme leur compatriote Beat Mandli, un point de temps dépassé avec Dsari (Veron). Du côté des cavaliers hollandais, Marc Houtzager obtient son sésame pour la finale, malgré une Dante (Canturano) un peu taquine avant la ligne de départ. Mais le cavalier, qui est parvenu à garder son calme, réalise un magnifique parcours, comme Maikel Van der Vleuten qui veut son sans faute - et l'obtient - aux rênes de Beauville Z (Bustique), tandis que ça ne passe pas pour leur compatriote Willem Greve, quatre points avec Zypria S (Canturo). Du côté des Allemands, la déception doit être de mise : seul Daniel Deusser parvient à boucler un parcours sans faute avec Killer Queen (Eldorado VD Zeshoek), tandis que Andre Thieme et Christian Kukuk sortent tous deux des parcours à quatre points. On retrouve également dans le Top 30 deux cavaliers égyptiens : Nayel Nassar (sans faute) et Mouya Zenada (un point de temps). Le Brésilien Yuri Mansur sera également de la partie, comme la cavalière concourant aux couleurs de l'Israël, Ashlee Bond

Parmi les cavaliers qui concouraient seulement en individuel, le Canadien Mario Deslauriers, la Portugaise Luciana Diniz et le Letton Kristaps Neretnieks, tous sans faute, parviennent à se qualifier pour la finale - grand bien leur fasse, c'est uniquement pour cela qu'ils étaient venus - ainsi que le Norvégien Geir Gulliksen, qui écope d'un point de temps. 

Pourtant très attendus, les États-Unis ne voient aucun de leur représentant se qualifier pour la finale individuelle : Jessica Springsteen et Kent Farrington sortent avec quatre points de pénalité, tandis que Laura Kraut commet deux fautes dans la dernière ligne.

Le premier couple à s'élancer pour le podium individuel sera en piste demain, à midi, heure française. Les cavaliers partiront selon leur classement de ce jour. Nicolas Delmotte porte le dossard numéro 14, tandis que Ben Maher, sans faute et meilleur chrono de la qualificative, fermera la marche. La liste des engagés est à retrouver ici