Tokyo 2020, troisième échéance olympique sans cas de dopage
mardi 14 septembre 2021

Visite vétérinaire
Visite vétérinaire © FEI/Christophe Taniére

C’est une petite victoire dans le monde des sports équestres : comme lors des Jeux olympiques et paralympiques de Londres en 2012 et de Rio en 2016, cette année, à Tokyo, aucun des tests antidopage effectués sur les chevaux et les cavaliers n’est revenu positif.

« Je suis très fier de pouvoir confirmer que, pour les troisièmes Jeux consécutifs, tous les échantillons humains et équins prélevés lors des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo se sont révélés négatifs », se réjouissait hier Ingmar de Vos, président de la FEI, à travers un communiqué. Une nouvelle qui a de quoi donner le sourire, notamment lorsque l'on se rappelle qu'à Athènes en 2004 et Pékin en 2008, pas moins de quatre chevaux avaient à chaque fois été testés positifs à diverses substances dopantes, mais également après les nombreux incidents dont ces Jeux de Tokyo ont été le théâtre. Au total, ce sont trente-huit tests qui ont été réalisés lors des Jeux olympiques, sur vingt-quatre chevaux différents car, comme le soulignait le président de la FEI, « il serait naïf de penser que des Jeux sans dopage sont garantis dans n'importe quel sport. » Ont été concernés par ces contrôles : les quatre premiers chevaux du classement individuel, au moins un cheval de chacune des quatre premières équipes et d’autres chevaux, choisis de manière ciblée ou aléatoire à l’aide d’un générateur de nombre. À noter que le nombre de chevaux testés et les procédés utilisés ont été les mêmes lors des Jeux paralympiques. Du côté des cavaliers, des tests ont également été réalisés, cette fois-ci par l’Agence internationale de contrôle antidopage (ITA, International Testing Agency), sur demandes des comités internationaux olympique et paralympique. Si tous ces tests sont donc revenus négatifs, comme le mentionne le règlement, tous les échantillons récoltés seront néanmoins conservés pendant dix ans pour que de potentiels nouveaux tests puissent être effectués dans les années à venir à partir de nouveaux procédés qui permettraient notamment de détecter « les substances qui n'étaient pas détectables de manière fiable au moment de l'échantillonnage. »

Un programme dédié à lutte antidopage en place depuis 2010

Selon Igmar de Vos, ce résultat viendrait notamment souligner les efforts entrepris et actions mises en place par la Fédération équestre internationale au sujet du dopage. « Ce résultat valide tout le travail qui a été consacré à la campagne éducative FEI Clean Sport au fil des années, l'adhésion de nos fédérations nationales et l'adoption des tests préalables à l'arrivée des équidés ainsi que des tests électifs afin de s'assurer que les chevaux puissent participer aux Jeux sans risque », affirmait-il dans ce communiqué. Depuis onze ans, la fédération s'est en effet engagée pour un sport sans dopage et a, pour cela, lancé une campagne nommée « FEI Clean Sport », qui concerne aussi bien les cavaliers que les chevaux. Objectif : sensibiliser chacun – qu’il s’agisse des cavaliers, des grooms ou encore des vétérinaires – au règlement antidopage, mais également rendre ce dernier accessible et compréhensible par tous. Une campagne qui s’appuie sur le code de l’Agence mondial antidopage (AMA/WADA) ainsi que les règles antidopage de la FEI pour les athlètes humains (ADRHA) pour les cavaliers et, pour les chevaux, sur le règlement de l’antidopage et du contrôle des médicaments équins, le règlement vétérinaire de la FEI et la liste des substances interdites.

Tokyo 2020 : un premier bilan

Quelques semaines après la fin des Jeux olympiques et paralympiques, l’heure est désormais, pour la FEI, à un premier bilan. « Il ne fait aucun doute que, malgré les défis, notre sport a triomphé à Tokyo et nous avons reçu de nombreux retours très positifs. Mais, comme toujours, il y a beaucoup de leçons apprises et de points clés à retenir. Il y aura un débriefing complet, qui comprendra bien sûr un examen des formats. Une partie de ce processus prendra en compte les commentaires que nous avons déjà reçus et nous contactons également notre communauté de manière proactive pour nous assurer d'obtenir des commentaires approfondis. Et nous utiliserons les enseignements de ces Jeux pour avancer jusqu'à Paris 2024 », affirmait Ingmar de Vos. Et si la lutte antidopage va de paire avec le bien-être à la fois des cavaliers et des chevaux, il semble nécessaire d’accorder encore et toujours plus d’importance à ce prisme pour les Jeux à venir, notamment compte tenu des divers événements ayant eu lieu à Tokyo.