Alice Lainé : « Nous n’avons pas la technique qu'ont les Belges »
jeudi 29 juillet 2021

Alice Lainé et Emerald Sitte
Alice Lainé et Emerald Sitte ont signé la meilleure performance française des championnats d'Europe Jeunes © Coll.

Meilleure Française des championnats d’Europe de Vilamoura, Alice Laine a manqué les médailles de peu. Retour avec la Tricolore sur sa première grande sélection en équipe de France, une expérience conclue par deux prometteuses quatrième places.

Quel bilan tirez-vous de vos premiers championnats d’Europe ?

C’est super même si sur le coup j’ai été déçue. Ma faute du jeudi me coute un peu cher. Sans cette faute on prenait la médaille de bronze par équipes et j’étais médaillée d’or en individuel. Après réflexion, c’est cette faute qui est un peu dure à digérer. Quatrième, à deux reprises, pour un premier championnat c’est déjà super. On est passé à rien de deux médailles mais c’est déjà très bien comme résultat. 

Quelle a été votre préparation en vue de ce rendez-vous ?

Depuis cet hiver, notre objectif était les championnats d’Europe. Je connais très bien mon cheval. Il est très régulier. L’an dernier on avait démarré les 1,50 m donc ça faisait partie de la suite logique. Le programme de compétition a été habituel lors du début de saison tout en définissant les week-ends de repos par rapport au championnat. Tout a été fait pour qu’il arrive au meilleur de sa forme à Vilamoura. Cette année je n’ai pas voulu faire des épreuves à 1,50 m comme le championnat était sur 1,40 m. On le remettra sur plus haut d’ici quelques semaines. On a préféré le garder bien frais. 

Avec qui vous êtes-vous préparée pour ces championnats ?

J’ai travaillé comme j’ai l’habitude de le faire. En ce moment, je travaille plutôt seule. Mais comme je suis installée chez Timothée Anciaume, en attendant la construction des écuries de mon papa, il me fait travailler avec Emerald (Sitte, son cheval, ndlr). Cela fait maintenant un an que je suis chez lui et je devrais rester encore jusqu’au printemps prochain. Ça me permet de voir le système d’un cavalier qui a été pilier de l’équipe de France. Même s’il ne me fait pas monter tous les jours, le voir travailler quotidiennement ses chevaux est très intéressant. En temps normal je monte donc seule avec mon copain. On s’entraide tous les deux. Sur le plat j’ai beaucoup travaillé avec Patrick Anciaume. Mon copain a travaillé avec d’autres cavaliers donc c’est surtout sur le plat que l’on s’apporte chacun quelque chose. Et avant de partir, on a eu un stage aux écuries Chev’el avec tout le staff.

Comment avez-vous géré cette pression tout au long du championnat ? Vous étiez particulièrement attendue en la finale afin d’offrir une médaille à la France !

Franchement, la pression n’a pas eu d’influence sur moi. Dans la finale par équipes avec une faute de moins et on était médaille de bronze mais sur le coup ça ne m’a pas impactée. Je suis resté concentrée sur mon équitation. J’ai monté parcours après parcours. Tant que le championnat n’était pas fini on pouvait se retrouver en tête comme chuter à la trentième place. J’ai réussi à garder le contrôle sur moi-même. J’ai monté mon cheval comme sur un concours habituel. 

Selon vous, quelle est la grosse différence entre la Belgique qui a tout raflé et la France qui manque de peu les médailles ?

Les Belges sont des techniciens dans l’âme. Tout est parfait. Je pense que nous n’avons pas la technique qu’ont les Belges. De notre côté, il n’y a pas assez de travail approfondi sur le plat. Aujourd’hui on peut mettre les cinq cavaliers belges sur des cinq ans et ils vont savoir les dresser parfaitement et faire des parcours sans-fautes. Toute l’équipe, et moi compris, on n’arrivera pas à dresser un jeune cheval comme pourraient le faire les cavaliers belges. On n’a pas fait le test mais quand on les voit sur leurs chevaux tout est parfait. Rien n’est laissé au hasard. Et c’est pareil sur les à côtés. Je prends l’exemple du CSIO d’Opglabbeek en avril, ils étaient hypers stricts sur les gestes barrières. Lorsque tu reviens en France la semaine suivante, personne ne porte le masque. 

Votre objectif de la saison étant passé, quel va être votre programme ?

Je vais maintenant prendre la direction des championnats de France avec Valse (de Blagny, ndlr) en Junior à Canteleu. Au mois d’août, les concours seront dédiés à mes autres chevaux. Emerald et Valse ne reprendront qu’au mois de septembre sur le Grand National. Je vais faire quelques CSI en parallèle mais l’objectif de fin de saison c’est vraiment le Grand National. Je suis dans une très bonne équipe avec Mathieu Billot et Jean-Luc Mourier. On va tout donner pour l’écurie.