Avec le départ de Verdi, les Oranje perdent l'un de leurs plus vaillants soldats
mardi 04 février 2020

Maikel vd Vleuten et Verdi
Maikel vd Vleuten et Verdi lors de leurs derniers Jeux Olympiques à Rio © Eric Knoll

Vice-champion olympique, champion du Monde et champion d'Europe, Verdi a fait les belles heures de l'équipe néerlandaise qu'il a servie sans relâche pendant près de dix ans. Désormais âgé de dix-huit ans, l'étalon au style atypique mais à la régularité sans pareil va désormais profiter de la retraite et se consacrer uniquement à la reproduction.

"Je suis fier d'annoncer le départ à la retraite de Verdi. Après quinze années magnifiques passées à travailler avec ce cheval unique et dix au niveau Grand Prix. Il a dix-huit ans et je pense qu'il est temps de se retirer du haut-niveau et de continuer sa carrière tout aussi réussie d'étalon (...) Verdi, merci pour toutes les années fantastiques que j'ai eues avec toi ! Tu as fait de moi le cavalier que je suis aujourd'hui...", écrivait Maikel van der Vleuten sur les réseaux sociaux hier soir. Et comme à tout seigneur tout honneur : une cérémonie spéciale sera organisée dimanche 15 mars au CSI 5* de 's-Hertogenbosch peu avant le Grand Prix. 

Verdi, le métronome

Verdi est né dans la pourpre aux Pays-Bas chez Mr. Musterd du croisement de Quidam de Revel et Clarissa par Landgraf  I. Sa souche maternelle n'est pas inconnue aux passionnés de Holstein et l'on y retrouve plus d'une cinquantaine d'étalons approuvés dont Cicero, Bubalu, Calato... Le croisement a d'ailleurs intéressé rapidement la Team Nijhof qui s'en est porté acquéreur. Verdi n'a que quatre ans lorsqu'il est présenté à Maikel van der Vleuten qui accepte de le monter. L'étalon ne fait pas le show même si le public s'amusait de ses ruades une fois passé la ligne d'arrivée, il n'est pas des plus démonstratifs mais il est bon élève, concentré et plutôt intelligent. Il gravit progressivement tous les échelons jusqu'à se retrouver au plus haut-niveau si bien qu'à neuf ans, il se retrouve sélectionné pour courir les championnats d'Europe de Madrid, Maikel n'avait que vingt-trois ans.

L'année suivante il décroche le titre de vice-champion olympique par équipe à Londres, un titre qui a sans doute marqué le début de l'âge d'or des Pays-Bas. Les années suivantes, les Oranje remportent de nombreuses Coupes des nations, ils sont sacrés champions du Monde à Caen, année où ils remportent également la finale de Barcelone, puis champions d'Europe à Aix-la-Chapelle. Maikel et Verdi ont activement participé à ces succès. Entre temps, il courra aussi cinq finales Coupe du Monde terminant quatre fois dans parmi les dix meilleurs. A ce palmarès déjà bien fourni s'ajoutent plusieurs victoires en Grand Prix à Lyon, Madrid, Vérone ou Al Ain. Il y aurait pu en avoir plus, certes, mais Verdi ne fait pas partie des chevaux les plus rapides au monde.

A quinze ans, après les Jeux de Rio, Maikel décide de ne plus lui faire courir de championnat. L'étalon se produira régulièrement sur de beaux Grands Prix comme Calgary, Aix-la-Chapelle et sur le lucratif Global Champions Tour. Au total, il a amassé 2 575 658 € sur l'ensemble de sa carrière internationale, soit en 168 parcours. Pour l'ensemble de sa carrière sportive, Verdi sera d'ailleurs décoré du titre de KWPN de l'année en 2018. 

Une production d'ores et déjà reconnue

L'étalon a toujours mené de front sa carrière sportive et celle de reproducteur, ce qui rend d'autant plus remarquable sa longévité au plus haut-niveau. Depuis plusieurs années, il concourait aux côtés de ses fils et filles. Plus d'une cinquantaine de ses produits concourent d'ailleurs sur 160. Parmi eux citons Cuidam sous la selle de l'Espagnol Manuel Fernandez Saro et Ibelle Ask avec le Brésilien Yuri Mansur, tous deux présents aux JEM de Tryon. Impossible également de de pas mentionner l'excellent Chaplin qui évolue avec succès sous la selle de Martin Fuchs. Depuis plusieurs années, il est entré dans le top 20 des meilleurs pères édités par la WBFSH et il y a fort à parier qu'il y restera.