Aymeric de Ponnat : “Hoover est un cheval comme on a rarement l’occasion d’en monter dans sa vie”
jeudi 08 juillet 2021

Aymeric de Ponnat et Hoover, ici dans le Grand Prix 4* de l'Hubside Jumping
Aymeric de Ponnat et Hoover, ici dans le Grand Prix 4* de l'Hubside Jumping © Hubside Jumping

Détenteur d’une belle huitième place dans le Grand Prix du CSI3* de Cabourg début juin, Aymeric de Ponnat et Hoover se sont offert la troisième place du Grand Prix 1,55m de l'Hubside Jumping à Grimaud le week-end dernier. Après quelques années loin des podiums, Aymeric de Ponnat revient sur le devant de la scène et ne cache pas ses rêves de victoires avec son nouveau prodige Hoover, un fils de Clinton, inscrit sur la liste des espoirs pour les Jeux Olympiques de Paris 2024.

Le week-end dernier, Hoover et vous avez été un des rares couples à réaliser un sans faute lors du Grand Prix du CSI4* de Grimaud. Malgré quatre points lors du barrage, vous montez sur la troisième marche du podium. Quelle analyse faites-vous de ce parcours ?

L’épreuve était assez délicate mais Hoover a, comme toujours, très bien sauté. Ce cheval a beaucoup d’aisance et de relâchement, et c’est d'ailleurs sur ce point que j’ai évolué avec lui. Auparavant, quelques réglages n’étaient pas encore tout à fait optimaux, notamment au niveau de l’embouchure. Cela ne me plaisait pas totalement. Hoover avait une embouchure un peu plus dure que celle qu’il a aujourd’hui et je sentais depuis quelques concours que, par moment, cela le gênait. J’ai donc essayé de l’adapter et d’être à l’écoute de mon cheval. Je lui ai mis quelque chose d’un peu plus doux. Et finalement, comme on a pu le constater durant notre tour à Grimaud, ce changement a vraiment été bénéfique pour lui. Changer d’embouchure a complètement gommé les petites erreurs que j’ai pu faire auparavant dans nos autres Grand Prix. Nous avons vraiment réussi à obtenir une osmose, du début à la fin. Ce parcours nous a donc permis de voir que les changements entrepris étaient les bons.

Vous semblez fonder beaucoup d’espoir en Hoover...

Hoover a toujours été très talentueux. Je l’ai détecté en Hollande à l’âge de quatre ans. L’année suivante, il a remporté la finale des cinq ans. À six ans, il a multiplié les parcours sans faute et a longtemps été en tête du circuit à sept ans. Hoover est un cheval qui n’a jamais rien raté pour le moment, mais avec qui gravir les échelons n’est pas forcément toujours évident. Malgré tout, année après année, il m’épate, il évolue avec une telle facilité et avec énormément de respect. Ses sauts sont absolument magiques. Hoover me confirme jour après jour qu’il est fait pour le très haut niveau ! Bien qu’il ne faille pas oublier qu’il n’a encore que neuf ans et qu’il a tout de même besoin de prendre encore de l'expérience en piste. Mais des rendez-vous comme Grimaud, qui sont vraiment des concours de haut niveau en termes de parc d'obstacles, de taille de piste et d’habillage, cela fait mûrir extrêmement vite les chevaux. Je pense que l’année prochaine, Hoover sera prêt à faire des championnats. Vous l’aurez compris, c’est un cheval comme on a rarement l’occasion d’en monter dans sa vie ! Il fera partie des chevaux un peu exceptionnels et il marquera ses années, c’est une évidence. Le programme des futurs concours avec lui sera de continuer sur un niveau 3 ou 4*, en ayant accès à quelques 5* en fin d’année. Car, pour moi, ce qui est important lorsqu’on accède au très haut niveau, c’est de pouvoir sortir un double sans faute. Tout doit être extrêmement bien réglé en amont, avant de pouvoir espérer ce résultat là. 

Au sein de votre piquet de chevaux, y en a-t-il d’autres auxquels vous croyez beaucoup ?

Ma jument Elize, une fille de Bamako de Muze, est très compétitive sur 145, 150. C’est une jument qui a déjà fait des compétitions 4*, j’ai donc la chance de pouvoir compter sur elle afin de soutenir Hoover. Elize s’est notamment classée deuxième d’une épreuve 1,50m à Bourg-en-Bresse. À Saint-Tropez en juin dernier, elle a également été dans les huit premiers dans deux épreuves différentes. C’est une parfaite deuxième jument. Ensuite, j’ai d’autres jeunes chevaux, comme Déjà Vu de Hus, un fils d’Ulixe, qui n’a que huit ans. Il a déjà sauté des épreuves 145 et 150, et a fait quatre points dans le circuit 2* de Grimaud. Déjà Vu est un cheval prometteur, avec beaucoup de moyens et qui va, j’en suis certain, sauter de très grosses épreuves. Mon écurie est composée à 90% de chevaux de moins de huit ans. Nous avons une trentaine de chevaux allant de quatre à sept ans, donc concrètement, c’est un projet d’avenir ! L’objectif de Cécile et Antoine Bourgeois, mes propriétaires, est que je retrouve rapidement le haut niveau et de manière durable. Pour cela, il a fallu agir de manière réfléchie. Nous avons donc investi dans de très jeunes chevaux, ayant les meilleures génétiques qui existent en Europe, voire au monde. Mais nous n’avons pas encore assez de recul pour dire que je vais être en mesure de faire du 4 et 5* tous les week-ends, et je n’ai pas encore assez de chevaux. L’idée est de pouvoir concrétiser tous ces projets d’ici trois ans. 

Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?

Comme tout sportif, l’objectif est de faire mieux que ce que j’ai déjà fait. Évidemment, je rêve de courir les Jeux olympiques et les championnats du monde. Concrètement, je rêve de belles victoires sur les plus belles pistes. Mais je ne me voile pas la face, il faut bien évidemment avoir le bon cheval pour réaliser tout cela. Tout comme il y a des chevaux capables de gagner Calgary, et d'autres non. Il y en a d’autres à l’aise sur le sable, et d’autres pas. C’est au cas par cas ! Et en fonction des qualités et des défauts des chevaux, nous essaierons d’adapter un programme adéquat pour chacun d’entre eux. 

Quel est votre programme pour les semaines à venir ?

Je serai de nouveau à Grimaud ce week-end. Au mois d’août, je pense courir les 2 et 3* de Saint-Lô et de Deauville, puis Valence à la fin du mois, avec l’idée de pouvoir refaire Saint-Tropez au mois de septembre, où il y a deux concours programmés au niveau 4 et 5*. Tout cela se fera en fonction des performances et des acquis techniques. Car si les choses sont assimilées, normalement le sans faute est assuré.