Benoit Cernin remporte l'ultime étape du Grand Indoor
dimanche 08 décembre 2019

Benoit Cernin et Vackanda de Lojou Grand Indoor Paris 2019
Benoit Cernin et Vackanda de Lojou Grand Indoor Paris 2019 © Claude Bigeon

Samedi 7 décembre 16h30, les tribunes de la carrière Prestige étaient bourrées à craquer. Un public de passionnés et de néophytes avait pris place pour assister à la Pro Elite Grand Prix du Grand Indoor FFE AC Print–Cheval Liberté.

Une ultime épreuve pour ce circuit Grand National de saut d’obstacles lancé il y a douze ans et qui s’est étendu à une version indoor depuis deux ans qui rentre dans le classement global du Grand National. Sur les 52 partants, ils seront tout de même douze à réaliser le parcours sans-faute en première partie. Ce sera tout d’abord Mathieu Billot avec Gatrona, puis Benoit Cernin avec Vackanda de Lojou, Cédric Le Goff avec Typhon de la Cense, la cavalière de Monaco, Ilaria Sutera avec Jackson, Thomas Lambert avec Univers de Ch’ti, Raphael Goers avec Radieuse du Landey, Franck Curti avec Cornet’s Velvet RSMathieu Billot avec Lagavulin 2Emeric George avec Chopin des Hayettes, Jérôme Hurel avec Ohm de Ponthual, Thibault Pomares avec Velvote des Aubiers et enfin Mathieu Billot avec Bad Boy du Bobois.

Un bel exploit pour Mathieu Billot qui qualifie ses trois chevaux pour le barrage. Un superbe premier tour de Thomas Lambert et Univers de Ch’Ti. Un magnifique entier monté par Franck Curti, cet Yvelinois présent sous l’écurie Hermès. Et un magnifique barrage où dix couples renouvellent le sans-faute sauf Raphael Goehrs/Radieuse du Landey et Emeric George/Chopin des Hayettes. Parti en premier sur le barrage, Mathieu Billot/Gatrona montrent le tempo 38’75. Benoit Cernin/Vackanda de Lojou relèvent le gant et grappillent encore quelques centièmes. 38’’44, voilà le nouveau chrono qui ne sera plus jamais égalé. Les trois premiers sont sous la barre des 40 secondes avec dans l’ordre : Benoit Cernin/Vackanda de Lojou 38’’44, Mathieu Billot/Gatrona 38’’75 puis le Nordiste Thomas Lambert/Univers de Ch’ti 39’90.

Des parcours subtilement dosés par un jeune chef de piste international issu d’une famille de chef de piste, Cédric Longis. « Le parcours était assez délicat, car on a choisi des obstacles avec pas trop de front, des barres très légères, des taquets assez plats parce qu’il y a un niveau ici qui est très relevé, sur les 52 partants, il y avait au moins 50 chevaux qui auraient pu être sans faute dans un Grand Prix 1m50. C’est vrai qu’on a eu douze sans-faute et une belle bagarre au chronomètre. Les cotes étaient raisonnables, mais il y avait 1m50 partout. Le triple était un tout petit peu moins haut. Mais, il y a tout de même un niveau incroyable sur ce circuit du Grand National. » Pour revenir sur les difficultés du parcours : « Il y avait déjà un double en numéro 3 avec une distance assez normale pour rentrer et tout de suite, 4, 5, 6, une ligne de trois obstacles avec une ligne à 3 foulées un peu tranquille. Et après un choix 6 ou 7 foulées pour aller sur le vertical dans le virage. Pareil pour aller dans le triple il fallait bien écarter ou serrer à l’intérieur. Mais, à chaque fois qu’il y avait des choix techniques, c’était sur un vertical donc on ne risquait pas de faire un mauvais saut à un cheval. Le barrage était très galopant et on a vu les cavaliers prendre beaucoup de risques. Benoit Cernin a fait un barrage magnifique avec des virages à la Benoit Cernin. » Cédric Longis a l’habitude de voir ces cavaliers, il a fait cette année deux Grand Nationaux, des CSI3* avec eux. Ce sont des cavaliers que l’on voit dans tous ces concours car ils ont beaucoup de chevaux. A force de les voir, cela lui permet de mieux préparer les parcours. « Le Grand National a formé énormément de cavaliers, assure Cédric Longis. La version indoor du Grand National est un peu différente puisque les pistes sont plus réduites, mais à la fin ce sont les bons qui gagnent partout, dedans et dehors. Mais, en indoor il y a une ambiance particulière, aujourd’hui il y avait 4000 personnes dans les tribunes, on a l’impression d’être dans un CSI5*, c’est génial. »

Benoit Cernin, qui est engagé sur le circuit du Grand National sous l’égide de l’écurie Or Vet-Ar Tropig avec Jérôme Hurel, devrait terminer deuxième de ce circuit 2019 qui cumule la saison outdoor et indoor. Champion de France Pro Elite et donc vainqueur de l’étape de Fontainebleau, Benoit Cernin ajoute une deuxième victoire avec cette première place au salon du cheval de Paris. « Hormis Saint-Lô, j’ai participé à toutes les étapes de la saison, rappelle Benoit Cernin, et je me suis classé partout sauf à Canteleu. Ce circuit indoor nous permet de prendre de l’expérience et de participer à de très beaux concours comme Paris, comme Lyon, des concours qui préparent les chevaux pour le 5*. »

Pour revenir sur cette ultime étape au salon du cheval de Paris, Benoit Cernin a évolué dans ses sensations : « Je trouvais le parcours assez technique au départ, en faisant la reconnaissance. Mais, il y a eu de bons chevaux, beaucoup de sans-faute, c’était vraiment un bon parcours, comme les autres jours. Sur le barrage, on s’est dit qu’il n’y avait pas d’option, mais en fait, il y avait un virage où l’on pouvait gagner du temps. Finalement, c’était agréable à monter. Chapeau ! » Et pour revenir sur Vackanda de Lojou. « C’est une jument qui monte vraiment en puissance. Au départ sur les 1m40 je trouvais qu’elle forçait parfois un petit peu. 1m45 pareil. Et les premières 1m50 devoir se tirer. Et là elle a sauté ce parcours là sans forcer. En plus on a eu le stage fédéral en début de semaine, lundi et mardi, et on a bien travaillé. La jument est en train de monter en puissance, c’est presque dommage de finir la saison et de ne pas continuer les concours. Maintenant on va préparer Bordeaux. » Benoit Cernin avait un objectif clair en venant à Paris. « Je venais ici pour gagner. On part toujours pour gagner. Les coachs me disent de bien cibler et c’est ce que j’essaie de faire. J’ai attaqué le coaching avec Bertrand de Belabre depuis quinze jours. Sur le barrage je suis parti à fond et puis j'ai accélèré progressivement (Rires). Mathieu est passé en premier avec un cheval un tout petit peu lent. Je me suis dit, il faut que je fasse la même chose mais avec une gamme de galop en plus. Il y avait deux virages assez serrés. Et quand je tourne un peu serré Vackanda peut avoir un tout petit peu de mal à repartir. Et là, elle était vraiment disponible. C’est ce qui m’a permis de gagner. Les concurrents suivants étaient des cavaliers très rapides avec des chevaux très vite, donc j’ai passé un petit quart d’heure assez difficile. » Benoit Cernin travaille Vackanda de Lojou, cette Selle français par Apache d’Adriers qui appartient à François Levy du Haras de Vulsain depuis ses 7 ans, année où elle était très bien classée. Puis elle a progressé chaque année. « Là je sens que cette année, elle est en train de passer un cap. Et en 2020, on va essayé de progresser et faire plus de 5*. »

Les résultats : ICI.