Betty du Prieuré, le nouvel atout d'Alexandra Francart
jeudi 29 avril 2021

Alexandra Francart et Betty du Prieuré
Alexandra Francart et Betty du Prieuré © Xavier Boudon

Lorsque l'on se penche sur la liste des chevaux pré-sélectionnés en vue des JO de Paris 2024, le nom de Betty du Prieuré, SF (Dorémi, Bwp) ISO 150/20 apparait. Cette grisette, née chez Joël Carré, évolue depuis ses débuts avec Alexandra Francart. Portrait.

Dans les années 70, Joël Carré, agriculteur à Harricourt (08), village des Ardennes associé à Colombey les Deux Eglises, s’adonne comme une quinzaine d’éleveurs de sa région à sa passion des chevaux et élève des Selle français en parallèle de son activité agricole. En 2009, lorsqu’il prend sa retraite, il décide de consacrer davantage de temps aux chevaux, et opte pour l’affixe « du Prieuré » en hommage au bâtiment historique (le Prieuré de Vignory) qui trône dans la commune. A cette époque, Hervé Francart, propriétaire de la jument Calista Z (Chellano Z), et de Dorémi, Bwp (Quidam de Revel) ISO 158/12, propose à Joël de collaborer avec lui et de devenir propriétaire d’un poulain sur deux issu de son étalon.

Le 7 avril 2011, Betty du Prieuré voit le jour, « une très jolie pouliche » se souvient Joël Carré. La même année, il obtient une autre fille de Dorémi, Balsa du Prieuré, issue de sa jument Louna du Saucy. « Elle avait certainement un bon potentiel » indique l’éleveur, « mais je n’avais pas les moyens de financer son exploitation chez un professionnel. Elle a été placée dans un centre équestre, et tourne uniquement sur de petites épreuves. » A l’âge de six mois, Alexandra et l’un de ses proches acquièrent une partie de Betty. Au terme d’un cursus de formation sur le circuit des jeunes chevaux, au cours duquel la grande jument grise affiche des aptitudes prometteuses, la cavalière, désormais basée à Saint-Brice-Courcelles, près de Reims (51) achète Betty du Prieuré dans sa totalité avec son époux Boris Claud. Les qualités de Betty se confirment lors de sa saison de 7 ans, puisqu’elle se classe 8ème lors de la finale sous la selle de sa cavalière-propriétaire. 

Les qualités de son père

Dorémi, Bwp né en 2003, fils du chef de race Quidam de Revel, et d’Ulysse Van Het Lambroeck (Cento) est classé « Excellent » lors des championnats des cinq, six ans et sept ans à  Fontainebleau. A partir de l’âge de 8 ans, l’étalon, propriété d’un syndicat, enchaîne les performances sous la selle d’Alexandra Francart, avec laquelle il s’adjuge notamment le grand prix du CSI 3* de Maubeuge en 2013, alors que sa fille y remporte le grand prix des 7 ans en 2018. Peu après, Doremi  prend la direction du Canada, où il est monté successivement par Ben Asselin puis Christopher Surbey en 2016. 

Alexandra observe chez Betty les qualités de son père, notamment ce tempérament de gagnant qu’il transmet à tous ses produits, sa force et son énergie mais avec un meilleur équilibre. En 2020, lors d’une saison perturbée par la crise sanitaire, Betty se classe dans le Grand National, puis en octobre dans le Grand Prix du CSI4* de Saint Lô, mais n’a pas tourné depuis. « Nous avons pour habitude d’observer une vraie trêve hivernale » indique la cavalière. « Je n’emmène pas mes chevaux comme certains en tournée en Espagne ou au Portugal, mais je débute tous les ans à Auvers-Carentan. L’édition 2021 ayant été annulée en raison de l’épidémie de rhinopneumonie, la pause a été trop longue. Nous sommes en tout début de saison, elle et moi manquons un peu de compétition. La gestion des programmes est complexe cette année avec l’incertitude du calendrier. L’idée est qu’elle fasse rapidement de gros grands prix pour pouvoir accéder aux belles échéances internationales. Elle écrira la fin de l’histoire, mais nous croyons sincèrement en son potentiel, et nous faisons tout pour l’amener au plus haut niveau. » En attendant, Betty, dont le seul défaut est d’être blanche, « une robe très salissante » sourit Alexandra, se montre facile et agréable, et suit le même programme quotidien que ses compagnons d’écurie, à savoir une sortie d’une heure  au marcheur, suivie  d’une autre activité, qu’il s’agisse d’une séance en liberté, à la longe ou montée. Alexandra Francart et Betty du Prieuré seront présentes lors au CSI2* de Fontainebleau ce week-end. 

Thierry Pomel, entraîneur national de saut d’obstacles, le souligne, l’ensemble du staff fédéral est heureux de voir qu’Alexandra, cavalière talentueuse, dispose d’une monture prometteuse qui pourrait bien lui permettre dans les deux ans à venir de retrouver le plus haut niveau, comme elle en exprime le souhait, d’autant qu’elle prend le temps de préparer ses chevaux et de les laisser évoluer tranquillement.