Bosty, les voyants semblent au vert…
lundi 11 mars 2019

Pénélope Leprévost Vancouver de Lanlore
Les très performants Pénélope Leprévost et Vancouver de Lanlore seront aux Pays-Bas © Scoopdyga

Quelques jours après son retour de Doha, au Qatar, où il courrait le Global Champions Tour du 28 février au 2 mars, Roger Yves Bost nous a accordé un entretien. L’occasion de faire le point sur ses chevaux et ses projets...

A la fin de la saison 2018, Bosty a connu une période en demi-teinte. Il en convient : « l’année dernière, je n’avais plus de chevaux pendant les quatre ou cinq derniers mois ». Pégase du Mûrier et Qoud'Coeur de la Loge sont en effet partis en retraite, Sydney Une Prince, sa jument qui avait remporté l’or par équipes aux JO de Rio de Janeiro en 2016, a été vendue aux Etats Unis en mars dernier. « Les autres étaient blessés » explique Bosty. « Sangria du Coty a été arrêtée pendant six mois, suite à un gros hématome sur un pied » Bosty avait d’ailleurs été contraint de déclarer forfait pour les jeux Mondiaux de Tryon. « Sunshine du Phare a été arrêté également assez longtemps, suite à un problème sur un postérieur qui a pris du temps à se remettre ». 

Comment s’annonce la saison 2019 ?

 Il a fallu du temps pour remettre en route Sangria du Coty, ma jument de tête, qui a bien recommencé la saison.  Je l’ai emmenée sur la tournée espagnole d’Oliva, puis elle est allée à Doha, où elle est sans faute sur des épreuves à 150, et 6ème du Grand prix du vendredi. Sunshine du Phare fait les 160 aussi. 

Au total, Bosty dispose dans ses écuries d’une bonne vingtaine de chevaux, dont cinq ou six capables de le maintenir à haut niveau, et compte sur plusieurs chevaux prometteurs qui arrivent à maturité. « Vino d’Espinet, 10 ans, commence les grands prix. Il est classé régulièrement sur 150 /155. Il a beaucoup de moyens, c’est un petit génie qui doit encore prendre de l’expérience. J’ai aussi Castleforbes Vladimir, 10 ans, un fils de Vivaldo ven het Costersveld, qui a été opéré de coliques et revient à la compétition. Castelforbes Talitha va bien également, je l’ai emmenée à Hong Kong, elle peut faire une grosse épreuve de temps en temps. La sœur de Sydney une Prince, Variance, va ressauter dans un mois en concours. J’ai un très bon six ans en préparation que nous allons tout faire pour garder. Le fait que les jeunes chevaux aient couru la finale des cinq ans classique est un avantage, car ils ont déjà pris un peu de métier.

Comment êtes vous organisé ?

J’ai actuellement quatre ou cinq chevaux capables de sauter 150. J’ai aussi de bons chevaux de huit ans. Il faut préparer la relève constamment, et penser aux JO de 2024. J’ai dans les écuries des chevaux  avec un vrai potentiel. Nous ferons le tri au fil de leur progression. Mon fils Nicolas monte les jeunes chevaux, ma fille Caroline et son mari Thibaut Bazire font du commerce. Ils réussissent à trouver de bons chevaux, ce qui est le plus difficile. 

Quelle est l’échéance majeure de l’année ?

Aujourd’hui le programme est tellement chargé que la planification de la saison est très importante. Je fais partie d’une équipe au Global Champions Tour, les concours sont difficiles, il faut réussir à les courir tout en préservant les chevaux. Il faut aussi garder des chevaux pour les Coupes des nations. Cette année l’échéance principale est constituée par les championnats d’Europe de Rotterdam, si je parviens à me qualifier. A moi d’être dans les cinq meilleurs, d’autant que c’est la dernière chance pour l’équipe de France de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Sangria est dans ses meilleures années,  je suis assez confiant. Elle a déjà couru le championnat d’Europe à Göteborg en 2017, et la finale de la Coupe du Monde à Bercy en 2018. Il faut juste qu’elle soit en bonne forme. 

Que pensez-vous de la nouvelle équipe d’encadrement de la FFE ?

Les choses vont sans doute changer un peu, mais Sophie Dubourg était déjà au poste de DTN. J’ai passé de super années avec Philippe Guerdat, car j’ai remporté deux médailles d’or avec lui. Il m’a laissé faire pas mal de choses, ce qui m’a beaucoup aidé.  Thierry Pomel était son assistant, il connaît bien les couples. Je connais aussi très bien Henk Nooren et ses qualités techniques, je sais que l’on peut travailler avec lui. C’est important de pouvoir demander un conseil, mais les entraîneurs ne cherchent pas à nous changer. Tout le staff a l’air motivé, les cavaliers aussi. Ils seront de bons entraîneurs si les cavaliers sont bons avec leurs meilleurs chevaux.  

Et Bosty de conclure « Pour rester au plus haut niveau, il faut que tout se passe bien, et que je sois en forme. Il ne me reste plus beaucoup de saisons, il faut que j’en profite. Tant que la famille et les chevaux sont en forme, tout va bien. »