CSI 2* Fontainebleau : restrictions sanitaires et beau sport ont fait bon ménage
lundi 03 mai 2021

Max Thirouin et Utopie Villelongue
Max Thirouin et Utopie Villelongue © Béatrice Fletcher

En dépit de mesures sanitaires strictes dues à la pandémie de COVID 19, et à la récente épidémie de rhinopneumonie, la première étape du « Fontainebleau Classic » 2021 réunissait 600 chevaux engagés dans 24 épreuves internationales de niveau 1* et 2*.

Une cascade de contraintes

En raison du COVID 19, ce premier événement de la saison 2021 se déroulait à huis clos, consigne respectée à la lettre par le service de sécurité, qui n’autorisait l’entrée du site qu’aux personnes dûment accréditées, à savoir les professionnels susceptibles de justifier de leur statut et les athlètes de haut niveau, tandis que les cavaliers - âgés de 16 ans et plus uniquement- devaient limiter leur encadrement à un groom et deux accompagnateurs. La préfecture, qui avait donné son aval peu avant le début des épreuves, avait interdit la présence d’exposants, à l’exception d’un sellier, pour permettre un éventuel remplacement de matériel, et d’un marchand d’aliments et de produits de soins.

Côté herpèsvirus équin (EHV1) la FEI s’était montrée intraitable, comme en attestent les mesures détaillées sur les 30 pages du programme. Les cavaliers étaient tenus de présenter pour chaque cheval un relevé des températures des dix derniers jours ainsi qu’un test PCR négatif datant de moins de 120 heures. Durant leur séjour, suite à une prise température par les quatre vétérinaires à leur arrivée - les chevaux vaccinés et non vaccinés étant logés séparément- les grooms devaient se plier deux fois par jour à une prise de température. Comme le souligne Vincent Goehrs, « quand on rassemble un grand nombre de chevaux venus de différents pays,  il est assez logique d’imposer des normes sanitaires. Le sport se mondialise, les chevaux, qui viennent de plus en plus loin, sont souvent immunodéprimés suite à des transports de longue durée. Il appartient aux organisateurs et aux athlètes de faire preuve de vigilance pour qu’ils soient dans de bonnes conditions physiques et ne constituent pas un risque sanitaire. Cette épidémie pourrait bien avoir des conséquences à long terme sur la manière d’organiser.  Par rapport à l’habitude, nous avons fortement limité les engagements, utilisé deux pistes au lieu de trois, pour avoir un volume de chevaux gérable dans de bonnes conditions (600), renforcé le staff administratif pour vérifier les justificatifs des cavaliers et les tests PCR des chevaux. Nous avons la responsabilité de respecter strictement les mesures imposées. C’est la condition pour avoir la possibilité d’organiser et permettre à notre filière de continuer à fonctionner. Les cavaliers ont besoin de concourir, et les chevaux de se former. » 

Si ces restrictions mettent en péril le modèle économique de l’événement, Vincent Goehrs le confie « nous organisons suffisamment de dates dans l’année pour que les hauts et les bas s’équilibrent. Nous avons besoin des chevaux, des cavaliers et des propriétaires toute l’année pour exister, nous leur devons d’être là quoi qu’il arrive. » Les privilégiés autorisés à inaugurer ce nouveau site auront particulièrement apprécié la qualité des sols (Petit Parquet par Equiplus et Carrière des Princes par Toubin Clément), et la plate forme centrale réservée à la restauration à emporter, conçue sur mesure avec vue sur les deux pistes. Suite aux deux premières tranches de travaux, Vincent Goehrs juge le site « exceptionnel, moderne et au niveau des plus belles échéances. C’est un formidable outil de travail de surcroît très bien placé. Outre le cadre et l’historique que nous aimons tous, nous disposons de deux pistes de top qualité qui permettent d’organiser toutes les épreuves par tout temps. Mille mercis aux pouvoirs publics, à l’architecte Claude Panloup, aux collectivités, et aux équipes du Grand Parquet qui ont mené à bien ces travaux dans les temps. L’ensemble fonctionne à merveille. Le pôle que constituent les deux nouvelles carrières redonne au site la densité qui lui manquait. En juin (du 17 au 20, puis du 25 au 27 ndla) nous espérons pouvoir accueillir les exposants et les cavaliers amateurs, privés de Grand Parquet depuis de longs mois. »  

Max Thirouin et Utopie en grande forme

Pour être au  départ du Grand Prix 2* parrainé par CWD, encore fallait-il figurer parmi les quarante meilleurs dans l’une des deux épreuves qualificatives. Le vendredi, Guillaume Foutrier s’imposait d’un souffle avec Clin dœil du Paradis sur le cavalier luxembourgeois Victor Bettendorf aux commandes de Pasha du Gué, propriété de sa compagne Adeline Hécart. Le samedi, Marc Dilasser pilotait le fantastique Away Semilly jusqu’à la victoire devant Guillaume Batillat et son fidèle Baby Love. « Away appartient toujours à son naisseur Richard Levallois », indiquait Marc qui rendait hommage à l’équipe organisatrice pour s’être mis en quatre malgré les contraintes en vigueur, regrettait le fait que la FEI n’ait pas encore rendu le vaccin contre la rhinopneumonie obligatoire, comme l’a fait le monde des courses depuis longtemps, et soulignait la qualité des deux nouvelles pistes du Grand Parquet. « On peut organiser les plus belles épreuves du monde. C’est une chance d’avoir un équipement de ce niveau en France. » Le tour décisif du dimanche, tracé par Yann Royant, assisté de Nicolas Delerue, aura largement joué son rôle, puisque seuls cinq des 70 couples en lice accèdent au barrage dont sont exclus sept couples pour dépassement de temps. On commençait à désespérer d’entendre le jingle triomphant jusqu’à la démonstration de Michel Robert avec Emerette, sa fille de Diarado, douze ans, qui réitère la performance au barrage, en 39’’39, soit la 3ème place. « Non seulement elle a très bien sauté, mais surtout son état d’esprit a beaucoup changé. Elle est beaucoup plus avec moi, et toujours aux résultats », soulignait le cavalier, toujours soucieux du rapport qu’il entretient avec ses chevaux. Les quatre autres finalistes se qualifiaient en toute fin d’épreuve. Mathieu Lambert et Cayetano Loisel, après avoir pris tous les risques, laisse une barre au sol, tout comme Robert Breul et Ballymoss du Reverdy. Alix Ragot, en selle sur le hongre de douze ans Coldplay EJ (Zilverstar T), 9 ans, boucle son tour en 39.28 et décroche la 2ème place. Le cavalier basé dans les écuries familiales de Bailleau-Armenonville (28) avec 25 chevaux au travail et une dizaine à l’élevage, se disait ravi du cheval de son fidèle propriétaire Hervé Morvan, déjà 3ème le vendredi. « Il manque encore d’expérience mais c’est de bon augure pour la suite. » La victoire revient à Max Thirouin, associé à Utopie Villelongue, sa fille de Mylord Carthago, 13 ans, qui descend le chrono à 37’’44 et dédie sa victoire à sa fille Bethsabée qui fêtait ses 18 ans la veille. «Utopie a fait un magnifique parcours vendredi sur la nouvelle carrière des Princes qui est extraordinaire. Avec le Petit Parquet, nous avons un outil de travail exceptionnel qui va attirer les étrangers. » Au programme pour le couple, dans deux semaines, le Grand National de Tours, et si possible le CSI4* de Bourg en Bresse du 20 au 23 mai.  

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