CSI3* de Béthune : Eric Navet s’impose et conjure le sort
lundi 24 mai 2010

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Eric Navet et Kiwi du Fraigneau © Sylvia Flahaut

Cela faisait 10 ans qu’Eric Navet ne s’était pas imposé en vainqueur dans le Grand Prix du CSI3* de Béthune. 2ème en 2006 derrière Timothée Anciaume, 2ème en 2008 derrière Inès de Balanda, le cavalier, avec Kiwi du Fraigneau, a décidé de conjurer le sort pour l’édition 2010.

Du soleil et encore du soleil pour cette quatrième et dernière journée de compétition béthunoise, qui a vu le Grand Prix se dérouler dans la majeure partie de l’après-midi. Ils étaient 59 engagés dans l’épreuve reine du concours, montée par les soins de Jean-François Morand et son équipe. Un parcours sans difficulté majeure, hormis le triple, peut-être, qui a posé quelques difficultés à certains couples. Le chronomètre a également joué de bien mauvais tours à certains. Deux Tricolores, Olivier Dessuter et Guillaume Batillat resteront à la porte du barrage pour un point de temps dépassé. Un quart exact de l’effectif saura pourtant tirer son épingle du jeu. Parmi eux, bon nombre de couples sous couleurs françaises. Philippe Rozier et Ideal de Prissey ouvriront le sésame du sans faute, et seront imités par le jeune Igor Kawiak en selle sur Neuf de Coeur Tardonne. Jérôme Hurel, le Nordiste Eric Dewulf, Eric Navet ou encore un autre Nordiste, Nicolas Delmotte, viendront s’ajouter, entre autres, à la liste des barragistes. Au total, ils seront donc 15 à s’élancer une nouvelle fois sur la grande piste en herbe quelque peu vallonnée du Jardin des sports.

Philippe Rozier lance sa monture dans une cadence soutenue, mais son départ en numéro 1 l’incitera à assurer. Il boucle un parcours sans pénalité dans un temps qu’on devine aisément battu par la suite. Jérôme Hurel fait retentir le jingle du sans faute et s’installera un moment en tête, améliorant le chrono de son compatriote d’un peu moins d’une seconde.

Belle tentative d’Eric Dewulf en selle sur l’un de ses produits, l’excellent Norton d’Eole, qui commet une faute sur l’ultime obstacle. Enfin, et sous les applaudissements, Eric Navet entre en piste. Sans avoir l’air d’y toucher, le cavalier descend sous la barre des 44 secondes, pulvérisant le chronomètre du Britannique Mark Amstrong, provisoirement en tête dans un temps de 45,77. D’une main de maître, le cavalier mènera sa monture à l’intérieur des trajectoires empruntées par ses concurrents, soignera avec précision ses abords, le tout dans une allure fluide, sans à-coups. Nicolas Delmotte aura beau jouer des jambes, il ne rattrapera pas son homologue bien installé en tête. Le Nordiste terminera sur la deuxième place du podium avec Marlou des Etisses, cheval qu’il destine aux Grands Prix, pour seconder Luccianno (voir itv). Les deux Tricolores sont suivis au classement par deux de leurs homologues britanniques : Mark Amstrong et Mickael Whitaker.

Fervent habitué du terrain, Eric Navet a gagné pour la première fois à Béthune en 1982 avec Yvan du Val. Il courrait alors en championnat junior. Un exploit qu’il renouvellera l’année suivante avec la même monture. En 1999, c’est avec Daltone Mouche qu’il s’adjuge pour la troisième fois l’épreuve reine du concours. L’année suivante, il réitère son exploit, cette fois en compagnie de Dollar du Mûrier. Malgré ces performances passées, le cavalier ne semble aucunement lassé des victoires sur le terrain de Béthune. Bien au contraire. Etant passé plusieurs fois à deux doigts de la performance, il cherchait de nouveau à s’imposer. « Cela faisait un moment que j’étais près du but, en particulier en 2006 et 2008, sans y arriver, concédait-il après sa victoire. Et enfin, j’y suis de nouveau parvenu. Comme à Palaiseau la semaine dernière, le cheval a parfaitement sauté et a écouté chacune de mes sollicitations ».