CSIO 5* Calgary : Beezie Madden, reine de Spruce Meadows
lundi 09 septembre 2019

Beezie Madden au CSIO 5* de Calgary Spruce Meadows
Pour la deuxième fois de sa carrière, Beezie Madden soulève le trophée du Grand Prix de Spruce Meadows © Spruce Meadows Media

Plusieurs médailles aux Jeux Olympiques, Jeux Equestres Mondiaux et Jeux Panaméricains : Beezie Madden peut désormais rajouter une nouvelle ligne à son palmarès en inscrivant pour la deuxième fois son nom su sommet du tableau des honneurs du mythique Grand Prix Rolex de Calgary.

Connu pour être le Grand Prix le plus difficile du monde, le Grand Prix Rolex des Spruce Meadows Masters 2019 n’aura pas failli à sa réputation. Si la première manche a presque été facile avec pas moins de onze sans-faute, la seconde a laissé place à un scénario totalement inverse. Le premier tour a tout de même posé un certain nombre de pièges, tels qu’un triple spa, vertical, oxer mais surtout un étroit vertical juste après, véritable juge de paix.

Sur les 50 couples engagés, 48 ont pris le départ. Quatre ont abandonné dont le Français Olivier Robert associé à Vivaldi des Meneaux, après une grosse faute sur le numéro deux. Tour difficile également pour Edward Levy et Drag du Buisson Z qui fautent sur l’entrée de triple, le fameux vertical qui suivait et l’ultime obstacle, sortant de piste avec 13 points. Rappelons tout de même que ce n’est que la première année du cheval à ce niveau. Trois fautes également pour Kévin Staut et Urhelia Lutterbach qui ne parviennent à refaire leur performance aixoise. Aucun Tricolore en seconde manche donc, puisque seuls les 12 meilleurs sont repris.

Certains couples ont su tirer leur épingle du jeu, la jeune Kara Chad ouvrant le bal des parcours sans-faute aux barres avec Quidamo F, avant que le Belge Yves Vanderhasselt ne réalise le premier tour vierge avec Jeunesse. Le tenant du titre, Sameh El Dahan, n’a pas connu autant de réussite cette année, laissant deux barres à terre avec Suma’s Zorro. Très attendu également, Kent Farrington pour qui était en jeu une nouvelle victoire dans le Grand Slam de saut d’obstacles après son triomphe à Aix, a lui aussi fauté. Très bondissante, sa Gazelle n’a toutefois pas pu éviter une faute sur la palanque aux couleurs du Canada.

Avec un dernier groupe de qualité, le spectacle était au rendez-vous. Le numéro un mondial Steve Guerdat a signé un très beau sans-faute avec Venard de Cerisy, avant qu’Eric Lamaze ne fasse de même avec Fine Lady 5, pouvant compter sur l’énorme soutien de la foule après chaque difficulté franchie. Ultime couple à partir, c’est l’obstacle final qui pêche pour Martin Fuchs et Clooney 51 qui a semblé mal à l’aise sur la grande piste en herbe.

Un tour final de taille

Scénario totalement différent en seconde manche où nul couple ne parvient à sortir avec un score parfait. Qu’il a été difficile ce parcours au temps très court (66 secondes) comportant trois doubles : un vertical et oxer, puis deux oxers sur bidet suivis juste après de deux verticaux plutôt secs. Et cet ultime enchaînement de combinaisons, juste avant le dernier obstacle, a causé bien des fautes. Les scores ont été lourds, de nombreux couples faisant tomber trois barres à l’instar de Kara Chad / Quidamo F ou Frank Schuttert / Queensland E. Trois fautes également pour Steve Guerdat / Venard de Cerisy.

La première très belle prestation est réalisée par François Mathy Jr et Uno de la Roque qui, de façon incompréhensible, fautent sur le premier mais terminent leur tour sans toucher une barre. Avec 6 points sur les deux manches, c’est une super 4e place finale pour le couple. Chardonnay 79, monture de Max Kühner survole ce parcours qui semble presque dessiné pour le Holsteiner de 12 ans. Pourtant, le couple ne peut éviter la faute sur l’entrée du dernier double. Vainqueur de la puissance le vendredi soir avec un passage à 1,95m, c’est une 3e place pour Max et Chardonnay avec 5 points.

Plutôt discret sur les concours mais performant sur les grands évènements, Rowan Willis a de nouveau montré que sa Blue Movie était exceptionnelle. Tout comme à Tryon où ils terminaient 12e en individuel, créant la surprise, Rowan et sa « carotte » n’ont fait tomber qu’une barre et ont fait partie des quatre seuls couples à rentrer dans le temps. Avec un total de 4 points, l’Australien repart de Calgary avec l’argent au cou. Cette 2e place est sans doute la plus belle performance de sa carrière : « Quelle journée ! Ma fille, mon cheval d’une vie ne cesse jamais de me fasciner avec son cœur et son talent. Merci Carotte d’être une incroyable partenaire ! ».

 « Je n’étais même pas certaine qu’il y aurait un double sans-faute »

La star de la journée est toutefois Beezie Madden, qui a été la seule à ne pas toucher une seule barre de la compétition ! Son Darry Lou a survolé la seconde manche, ne terminant qu’avec un tout petit point de temps dépassé. L’Américaine a tout de même dû attendre le passage d’un ultime couple, Eric Lamaze et Fine Lady 5, qui avait lui aussi un score vierge à l’issue du premier parcours. Une faute en début de tour du Canadien a cependant rapidement mis fin au suspense.

Un véritable exploit qu’a réalisé la cavalière qui n’était elle-même pas totalement confiante avant de se lancer en piste : « Je n’étais même pas certaine qu’il y aurait un double sans-faute, j’ai demandé s’il y allait avoir un barrage et me suis dit qu’on ferait 8 points », a-t-elle dit en riant après son triomphe. Le destin en a voulu autrement, la sacrant pour la deuxième fois dans cette épreuve mythique. En effet, 16 ans auparavant, en 2003, elle remportait ce Grand Prix avec Judgement. Un succès à la saveur spéciale donc : « C’est incroyable. C’est un endroit tellement incroyable. C’est un honneur d’être ici. Chaque victoire est fantastique, mais je dois dire que celle-ci est vraiment particulière ».

Malgré de grosses touchettes sur ce second tracé, son Darry Lou a été exceptionnel, dont Beezie ne se retient pas de vanter les qualités : « Aujourd’hui, il était juste parfait. Je pensais l’avoir laissé un peu trop frais à la détente l’autre jour, mais je m’en suis sortie et il était tout de même formidable. ça se passe mal, c’est de ma faute parce qu’il fait absolument tout ce que je lui demande. Il a un galop magnifique, un saut magnifique et un tempérament incroyable. Il est consciencieux, il a de la couverture et c’est un vrai plaisir ».

Les Etats-Unis conservent donc la possibilité de remporter le Grand Slam, cette opportunité passant de Kent Farrington à l’amazone. Cette dernière qui n’était pas certaine de se rendre en Suisse, voit sa décision toute prise à présent. Rendez-vous à Genève dans trois mois pour la suite !

Les résultats complets : ICI.