CSIO La Baule : La Suisse, dix ans après
vendredi 17 mai 2019

Suisse victoire Coupe des nations La Baule 2019
La Suisse remporte l'édition 2019 de la Coupe de La Baule, dix après leur unique victoire dans cette épreuve © Scoopdyga

Au coude à coude avec la Belgique à l'issue de la première manche de la Coupe des nations du CSIO de La Baule, les cavaliers Suisses au départ de l'épreuve par équipes ont su garder le cap en seconde manche pour s'imposer avec un petit point d'avance sur les Diables Rouges. 3e, la France peut se réjouir des belles prestations de ses cavaliers, mais surtout de la belle entente et la dynamique qui se dégagent de ce groupe.

Avec cinq équipes comptabilisant entre 4 et 8 points à la fin de la première manche de la Coupe des nations à La Baule, rien n'était joué pour le dénouement de la toute première compétition par équipes de division 1 de la saison. Et si Frédéric Cottier, chef de piste de l'évènement baulois, avait décidé de corser les choses en seconde manche en réhaussant de 5cm quelques verticaux, aucun retournement de situation n'a eu lieu. La bataille finale s'est jouée entre les Belges et les Suisses (déjà en tête à l'issue de la première manche), mais les Helvètes se sont montrés intraitables, n'ajoutant aucune pénalité à leur score, là où la Belgique ne pouvait empêcher un petit point de temps dépassé comptabilisé. Une deuxième victoire à La Baule pour les Suisses, dix ans tout pile après leur première consécration sur le stade François André. 

Steve Guerdat : "Savoir qu'on peut donner la victoire à son équipe, la situation favorite du sportif"

Avec trois parcours sans-faute signés Niklaus Rutschi/Cardano CH, Paul Estermann/Lord Pepsi et Steve Guerdat/Bianca, les Suisses ne pouvaient faire mieux. Une fois les 8 points du jeune Bryan Balsiger (22 ans en juillet prochain) et Clouzot de Lassus effacés, les Helvètes gardaient leur 4 points de la première manche. Avant-dernier à s'élancer, les Belges eux avaient ajouté un point de temps à leur compteur. Steve Guerdat le savait donc : un sans-faute et c'était gagné ! En selle sur une Bianca impeccable d'écoute et de respect, le n°1 mondial n'a pas eu grand mal à réitérer son parcours vierge de la première manche. "Avant d'entrer en piste la première fois, j'étais quand même un peu stressé. Bianca a eu une grosse pause cet hiver. Elle n'a repris vraiment qu'à Windsor la semaine où ça ne s'est pas idéalement passé dans le Grand Prix, je l'ai trouvé "pas trop dans le coup" et j'avais un tout petit peur de sa réaction sur cette piste au premier tour." Auteur d'un parcours parfait en première manche, c'est donc en confiance et le couteau entre les dents que le n°1 mondial a repris le départ : "J'étais dans la situation où un sans-faute offrait la victoire à mon pays, je pense qu'un sportif ne peut rêver mieux ! J'ai vraiment pris du plaisir pendant cette épreuve, et je tiens à souligner la qualité du parcours imaginé par le chef de piste Frédéric Cottier. Des parcours comme celui-là, délicat mais dans le sens des chevaux, on aurait presque envie de les courir une troisième fois pour le plaisir". 

On le sait, le dernier équipier à partir a toujours beaucoup de pression sur les épaules, mais l'ouvreur aussi. En l'occurence, Andy Kistler, chef d'équipe suisse, avait confié cette lourde tâche à Niklaus Rutschi qui, associé à Cardano CH, a également été auteur d'un superbe double sans-faute. Pour une première participation au CSIO français, le sympathique cavalier de 53 ans pouvait difficilement faire mieux ! "J'ai toujours rêver de monter sur cette piste, mais devoir partir en premier m'a un peu stressé. Je n'ai pas très bien dormi la nuit dernière ! (rires) J'aurai bien aimé pouvoir m'en aller tout de suite après le premier sans-faute, j'étais sur qu'on resterait la dessus ! Mais plus sérieusement, dans ces épreuves on se bat pour l'équipe, je suis très fier et heureux, notamment pour mon cheval, d'avoir bouclé un deuxième sans-faute aujourd'hui". 

Les Français le sourire aux lèvres 

Si la joie était palpable chez les Suisses, côté français aussi l'ambiance était bonne à l'issue de la remise des prix. Terminer 3e à domicile pour la première échéance du circuit est toujours une bonne chose, mais Thierry Pomel insistait surtout sur la volonté de ses troupes : " Nicolas Delmotte/Ilex VP (4+0) et Pénélope Leprévost/Vancouver de Lanlore (4+0) ont su rectifier le tir en deuxième manche. Alexis Deroubaix (4+4) a du composer avec un Timon d'Aure très inquiet sur cette piste de La Baule, mais le cheval a montré toute sa qualité et je ne m'inquiète pas pour des parcours avec une faute". Concernant Thierry Rozier/Venezia d'Ecaussinnes, auteur d'un des quatre double sans-faute de l'épreuve, le nouveau chef d'équipe français ne tarissait évidemment pas d'éloges. Au delà de la performance sportive, c'est le sérieux que le cavalier a mis dans la préparation de la jument qui a été loué. "Dès ma prise de poste en janvier, j'avais une idée de l'équipe de que je voulais envoyer à La Baule. Thierry sait donc depuis un moment que je compte sur lui. Nos écuries sont très proches géographiquement, je le vois régulièrement. J'ai observé ces derniers mois l'implication et l'investissement qu'il mettait dans le travail de la jument. Ça ne pouvait que bien se passer !". 

Etre sérieux, sans se prendre au sérieux, c'est d'ailleurs le crédo de Thierry Rozier. Décontracté, répondant toujours avec un trait d'humour aux journalistes, il faisait aujourd'hui office du "bon zig"  dans l'équipe comme n'ont pas manqué de le faire remarquer ses partenaires du jour. Des cavaliers de l'équipe de France souriants, contents de leur performance et heureux d'évoluer ensemble, qui faisaient plaisir à voir lors de la conférence de presse qui leur était réservée et qui a surtout pris l'allure d'un moment de détente et de rigolade ! 

Les résultats complets ICI