Ch-Eu Rotterdam : les Français entre construction et progression
dimanche 25 août 2019

Pénélope Leprévost et Vancouver de Lanlore
Pénélope Leprévost et Vancouver de Lanlore © Scoopdyga

Pour le clan tricolore, la finale individuelle de saut d’obstacles laisse le même goût que le reste du championnat d’Europe de Rotterdam : il y a du bon, du très bon même, mais qui ne s’est pas concrétisé. La France peut tout de même se targuer de faire un joli tir groupé : Alexis Deroubaix, Pénélope Leprévost, Nicolas Delmotte et Kevin Staut terminent respectivement 13e, 15e, 16e et 17e.

Si le parcours de la première manche de la finale individuelle a pu paraitre relativement facile à dérouler, les résultats parlent d’eux-mêmes. Peu de couples ont trouvé la clé du sans-faute et nombreux sont ceux qui se sont butés à la difficulté du chronomètre. Kevin Staut et Calevo, repêchés pour cette finale par le jeu des forfaits, en ont fait les frais. Un seul petit point de temps dépassé pour le cavalier Normand, reparti principalement pour offrir de l’expérience à Calevo 2, mais aussi tester quelques petits réglages. “Je me rends compte que quand je lui mets moins de pression, que je lui laisse plus le temps, il montre une certaine facilité à sauter des parcours conséquents, sans être dans la souffrance. Je repars avec de bons repères et des indications de travail : lui laisser le temps me permet de ne pas perdre le contrôle et la disponibilité. Avec l’expérience, le cheval acceptera sûrement d’être monté dans un rythme supérieur sans dégrader sa qualité, ce n’est pas encore le cas”, analysait avec précision le Normand, qui termine cependant sur une belle performance au vu des scores de couples bien mieux placés avant la finale. Dans le Top 10 avant la première manche, Daniel Deusser, Steve Guerdat ou encore Gregory Wathelet accusaient chacun deux fautes, tout comme Alexis Deroubaix, prétendant à un ticket pour la seconde manche et qui a fait les frais de la délicate dernière ligne, fautant sur l’oxer à la sortie de la courbe et sur l’entrée du double. “L’oxer n°11 demandait un bel effort, suivi de quatre foulées à travailler progressivement pour entrer dans le double, dernier obstacle du parcours, qui proposait en entrée un bon vertical, assez délicat. C’est la fin de parcours, les chevaux perdent de l’équilibre : j’ai essayé de reconstruire mais ce n’est pas assez revenu. Je pense que j’ai perdu mon cheval après la rivière. Il y avait un choix de foulées pour aborder l’oxer suivant : j’ai tenté en sept, peut-être qu’avec une foulée de plus j’aurais gardé Timon plus disponible”. Alexis ne le cachait pas, la déception était grande, mais notait tout de même la prise d’expérience acquise ces derniers jours. 

Des pistes de travail en vue de Tokyo

Du côté de Pénélope Leprévost et Vancouver de Lanlore, le public aura cru au sans-faute jusqu’à la fin… La cavalière y aura même cru jusqu’à la ligne d’arrivée, mais une touchette postérieure sur l’oxer de sortie du double aura eu raison du happy-end qui aurait mis tant de baume au coeur des Tricolores. Une faute aussi pour Nicolas Delmotte et son agile et réactif Urvoso du Roch, sur l’oxer après la rivière. Une faute de jeunesse et peut-être aussi un peu de fatigue selon le cavalier. “Naturellement, il y a de la déception quand on ne fait pas de sans-faute. Ceci étant, il faut quand même voir les choses objectivement. Nous partions avec des chevaux qui n’avaient pas l’expérience de championnats précédents, j’ai préféré miser sur l’expérience des cavaliers. La mission n°1 était la qualification, les cavaliers l’ont obtenue. La médaille aurait vraiment vraiment été méritée par rapport aux résultats qui ont été faits : être au pied du podium avec juste 4 points de trop, ce n’est vraiment rien sur une compétition qui comporte ce nombre de parcours”, analyse Thierry Pomel. “Les cavaliers vont réfléchir aux parcours qu’ils ont déroulés, à tout ce qui s’est passé ces derniers jours. Chacun va pouvoir construire à partir de cette réflexion, durcir sa préparation en vu des Jeux Olympiques l’année prochaine”. 

Et si certains sont tentés de qualifier l’impression d’ensemble laissée par les Bleus comme manquant de brillant, il semble important de rappeler qu’en dehors de l’Allemagne (médaillée d’argent par équipes tout de même !), aucune nation n’a aligné ses quatre cavaliers dans la finale. Mieux, ce tir groupé dans le Top 20 semble être d’excellente augure pour la suite : ces couples nouveaux, en construction, montrent un niveau homogène et partagent quasiment tous la même marge de progression. D’autant qu’avec le nouveau format olympique, avec des équipes de trois cavaliers et la compétition individuelle avant celle par équipes, Tokyo ne ressemblera à aucun autre JO. Pas de doute, les Français se battront ardemment pour défendre l'or qu'ils ont décroché à Rio !