Cheyenne de la Violle rejoint René Lopez
mardi 15 juin 2021

Cheyenne de la Violle et Eric Lelièvre
Cheyenne de la Violle et Eric Lelièvre lors de la Grande Semaine de l'élevage de Fontainebleau 2017 © Eric Knoll

Le splendide fils de Nabab de Rêve et Taquine Line (Utah Van Erpekom), Cheyenne de la Violle, âgé aujourd’hui de 9 ans, a marqué l’histoire du circuit d’élevage en étant sacré successivement champion des six ans puis des sept ans sous la selle de son co-propriétaire Eric Lelièvre, qui vient de céder sa part au cavalier colombien René Lopez.

Pour Hugues Bonvalot et Sandra Perini, éleveurs basés à Uxegney dans les Vosges, l’histoire de Cheyenne est belle depuis le tout début. En guise de cadeau d’anniversaire pour son épouse, passionnée de chevaux pie, Hugues acquiert Taquine Line, basée chez Joris de Brabander. En 2010, Arapaho (Idéal de la Loge), un mâle pie, vient au monde. L’année suivante, Sandra et Hugues confient leur jument à Nabab de Rêve. Légèrement déçus de ne pas obtenir le produit pie dont ils rêvaient, les éleveurs nomment le joli bai Cheyenne de la Violle pour perpétuer la tradition des noms amérindiens. Comme chaque année, Eric Lelièvre - sacré à de multiples reprises meilleur cavalier de jeunes chevaux lors des finales SHF - installé au haras du Cheminot, près de Troyes, se rend à Uxegney pour passer en revue les poulains de trois ans qu’il valorisera sur le circuit SHF. Cheyenne est dans le lot. Dès le lendemain, Eric, qui perçoit immédiatement les qualités du poulain, propose à Hugues de l’acheter. Un accord est finalement conclu, le cavalier acquiert la moitié de Cheyenne, puis le valorise jusqu’à son doublé historique en 2018 et 2019. Cette année, après une saison 2020 plus ou moins blanche, Cheyenne redémarrait sur les chapeaux de roue, en se classant dans des épreuves sur 145 et 150, notamment à Canteleu. « Le téléphone s’est mis à sonner constamment, sourit Hugues, mais René Lopez a été le plus rapide. » Le cavalier colombien, basé depuis plus de trente ans à Saint-Pierremont dans les Vosges, à trente minutes de l’élevage de la Violle, s’intéressait à Cheyenne depuis longtemps. Sandra et Hugues se disent ravis de cet arrangement. « D’habitude, nous vendons les chevaux assez tôt,c’est la première fois que nous faisons le pari d’aller plus loin. Nous remercions du fond du cœur Eric, qui a su gérer sa formation d'une main de maître pour l'amener aux portes du haut niveau. Nous sommes enthousiastes à l’idée de l’accompagner pour la suite de sa carrière. Nous sommes heureux qu’il reste en France, chez un cavalier avec lequel nous travaillons depuis longtemps. C’est la meilleure situation que nous aurions pu imaginer pour Cheyenne. Certes, nous aurions pu le vendre, mais cet arrangement est le début d’une nouvelle aventure.Nous faisons totalement confiance à René avec lequel nous travaillons depuis trente ans. Nous connaissons son fonctionnement et lui le nôtre. Il aime bien prendre son temps avec les chevaux. Dès le lendemain matin, après l’avoir monté, il nous a immédiatement appelé pour nous dire qu’il avait eu d’excellentes sensations, et avait été impressionné par son galop. »

Jouer la carte de la sécurité

Pour Eric Lelièvre, cette vente constitue l’aboutissement de plusieurs années de travail, et une très belle aventure. « Remporter les six ans et les sept ans est assez exceptionnel. Depuis le début de saison, il a bien passé le cap, il est classé sur 1,45m et sur 1,50m. Je ne l’ai pas vendu en anticipant sur les difficultés à mener de front la compétition de haut niveau et le circuit de valorisation des jeunes chevaux. Certes, ce sont deux métiers différents, mais on réussit toujours à s’organiser. En revanche, quand on a la chance d’avoir de bons chevaux et de pouvoir les vendre cher, il faut en profiter. On a plus souvent des chevaux moyens que l’on a du mal à négocier que des cracks, et ce ne sont pas les jeunes chevaux qui permettent de vivre. J’ai une écurie à faire tourner, une trentaine de chevaux au travail, dont une majorité de jeunes. Je suis fier d’avoir emmené Cheyenne jusqu’au bout, si j’en avais eu les moyens, je l’aurais gardé. Je m’étais fixé un prix, l’objectif a été atteint. D’autre part, quand on les garde, on prend toujours un risque. Il faut jouer la carte de la sécurité », conclut Eric qui vient de vendre Diakonia du Ventel (Sandro Boy) à Laurent Guillet après l’avoir fait progresser jusqu’au niveau 1,45m, et qui évoluait sous la selle de Mégane Moissonnier à Saint-Tropez le week-end dernier.

Rendez-vous au plus haut niveau

René Lopez, qui a décidé d’investir personnellement dans la moitié de Cheyenne sans même l’essayer, croit beaucoup en sa nouvelle acquisition. « C’est un beau cheval très attachant, très câlin et très gentil, qui dégage beaucoup de potentiel. Après être monté dessus pour la première fois ce matin, il est très aérien au pas et au trot, son galop est très agréable aux deux mains, je le trouve plus facile que ce qu’il laisse paraître, mais bien sûr on verra après le premier concours. Cheyenne a déjà fait ses preuves lors des grandes échéances de sa carrière de jeune cheval. Il devrait constituer désormais un élément important de mon piquet de chevaux pour les compétitions à venir. Dans un premier temps, je vais tenter de faire aussi bien que son ancien cavalier. Je vais commencer par un petit concours régional, et éventuellement dans trois semaines l’engager à Valkenswaard pour le Global Champions Tour. Tout dépend de la façon dont nous nous entendrons », confie le cavalier.