Dix ans après son dernier succès à La Baule, la Belgique renoue avec la victoire dans la Coupe des nations
vendredi 06 mai 2022

Grégory Whatelety et Nevados S, Jérôme Guéry et Quel Homme de Hus, Niels Bruynseels et Cristel, Wilm Vermeir et IQ Van Het Steentje, ici lors de...
Grégory Whatelety et Nevados S, Jérôme Guéry et Quel Homme de Hus, Niels Bruynseels et Cristel, Wilm Vermeir et IQ Van Het Steentje, ici lors de... © Scoopdyga

Ils l’ont fait ! La dernière fois que la Belgique s’était imposée dans la Coupe des nations de La Baule, c’était en 2012. Dix ans après, l’équipe emmenée par Peter Weinberg a renoué avec le succès en menant de bout en bout la compétition et en devançant d’une barre la France et le Canada, respectivement deuxième et troisième.

Le soleil, un public comme toujours des plus impliqués et encourageants, quelques-uns des meilleurs cavaliers et chevaux du monde… La Coupe des nations de La Baule promettait de beaux moments de sport, d’autant plus que le parcours proposé par Grégory Bodo n’était pas des plus simples. « J’ai voulu un parcours assez subtile. Le début de tour était assez fluide, pour mettre les chevaux en condition, et les choses intéressantes commençaient à partir de l’obstacle numéro quatre, avec une ligne placée dans la diagonale du terrain, en direction de l’entrée de la piste. Elle était composée d’un vertical assez étroit de 1,50 mètre qu’il fallait soigner, puis d’une rivière de 1,90 mètre, suivie de huit foulées pour aller vers le double de verticaux, dont le premier sur bidet, ce qui pouvait emmener le garrot des chevaux vers le bas. À l’intérieur de ce double, la distance était confortable. La triple barre suivante ne posait pas de problème. Puis, il y avait sept foulées à négocier pour aller vers le triple, qui n’est pas exagéré en termes de hauteur mais qui était délicat en raison de ses couleurs, avec un bleu uni au milieu. Cela permettait de jouer sur le côté visuel, la distinction des distances, l’évaluation de la hauteur. Ce n’était pas un parcours aux cotes élevées, qui ne mettait pas les chevaux à l’effort, mais il était délicat », détaillait d’ailleurs le chef de piste. Et il ne s’était assurément pas trompé ! Lors de la première manche, seuls neuf couples ont réussi à franchir la ligne d’arrivée sans aucune pénalité, dont la jeune Tricolore Mégane Moissonnier, associée à son fidèle Cordial (Casall), qui était au départ de sa toute première Coupe des nations Seniors aux côtés de Kevin Staut/Visconti du Telman (Toulon), Pénélope Leprévost/Excalibur de la Tour Vidal*GFE (Ugano Sitte) et Simon Delestre/Cayman Jolly Jumper (Hickstead). Mais les plus performants dans cette première manche ont indéniablement été les Belges et les Canadiens, qui affichaient un score de seulement quatre points après les premiers passages de leurs cavaliers.

Un suspens à douze points

Lors de la seconde manche, c’est dans l’ordre inverse du classement provisoire que les équipes se sont élancées : premiers à partir sur ce second tour, les Brésiliens qui totalisaient un score de douze points étaient suivis de la Suède – douze points également mais qui affichait seulement trois couples suite au retrait d’Henrik von Eckermann, dont l’un des chevaux a déclenché une fièvre hier –, l’Allemagne avec neuf points, l’Italie, la France, la Suisse, toutes les trois à huit points, suivies du Canada et de la Belgique, en tête avec quatre points. Alors que l’Allemagne, la Suisse et l’Italie voyaient à nouveau leurs scores crédités de huit points et la victoire s’éloigner, c’est finalement entre le Canada, la France et la Belgique que tout s’est joué. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’aucune n’avait le droit à l’erreur ! Avec un score de douze points au cumul des deux manches avant le passage de leur dernier cavalier, le Canada et la France ont assuré et conservé ce total grâce aux sans-fautes de Amy Millar/Truman (Mylord Carthago) et Kevin Staut/Visconti du Telman. De leur côté, Jérôme Guéry et son exceptionnel Quel Homme de Hus (Quidam de Revel), dernier duo belge à s’élancer, n’avaient pas non plus le droit à l’erreur s’ils voulaient échapper au barrage. Car, avec huit points au total, la Belgique n’avait qu’une seule barre d’avance sur la France et le Canada ! Mais les médaillés de bronze de Tokyo n’ont pas flanché et, après leurs quatre points en première manche, ont signé un beau sans-faute et ainsi offert la victoire à leur équipe. « Quel Homme a été exceptionnel et nous avons la chance d’avoir une équipe très solide. J’ai peut-être monté mon premier tour en étant en excès de confiance, mais j’avais à cœur de redresser cela lors du deuxième parcours. Je savais qu’il fallait que je sois sans faute, même si je savais également que la Belgique gagnerait si barrage il y avait », affirmait Jérôme Guéry avec humour après sa victoire aux côtés de Grégory Whatelety/Nevados S (Calvados Z) – couple auteur de l’un des deux seuls doubles sans-fautes de cette Coupe des nations ! –, Niels Bruynseels/Cristel (Diamant de Semilly) et Wilm Vermeir/IQ Van Het Steentje (Toulon), tous ravis d’avoir pu faire à nouveau briller la Belgique à La Baule dix ans après son dernier succès ici.

Une belle deuxième place pour la France

C’est finalement sur la deuxième marche du podium que les cavaliers français concluent cette Coupe des nations. Une belle performance mais également une belle expérience, notamment pour Simon Delestre et Cayman Jolly Jumper qui prenaient là le départ de leur première Coupe des nations alors que leur couple n’est formé que depuis quatre mois, mais aussi pour Mégane Moissonnier et son Cordial. « Je suis vraiment ravie du comportement de Cordial et évidemment un peu déçue de nos huit points lors de la deuxième manche. Mais il était un peu fatigué et c’est normal puisqu’il n’a pas l’habitude d’enchaîner deux tours comme cela. Il nous faut désormais améliorer sa condition physique, mais pour un cheval qui a été opéré pour cornage en décembre, c’est vraiment très bien. Il y a beaucoup de positif à retirer de cette Coupe des nations », confiait la jeune cavalière, qui avouait également avoir abordé cette échéance sans une once de pression. « Je m’attendais à être stressée mais ça n’a pas du tout été le cas. Je suis vraiment contente de la manière dont j’ai géré la pression. Et je remercie sincèrement le staff fédéral de m’avoir fait confiance pour tout cela, de m’avoir donné ma chance. » Le sélectionneur et entraîneur national, Henk Nooren, n’a d’ailleurs pas manqué de féliciter Mégane Moissonnier pour sa belle performance, affirmait également que le choix de l’intégrer à l’équipe « était tout à fait logique compte tenu de ses résultats depuis plusieurs mois ». De son côté, Sophie Dubourg, directrice technique nationale, a tenu a souligné la composition et la qualité de cette équipe. « Nous avions 50 % de couples expérimentés et 50 % de couples nouveaux. Il y a une réelle volonté de notre part et de celle de la Fédération d’intégrer de nouvelles recrues et, pour autant, nous ne souhaitons pas écarter les plus expérimentés car nous avons les Jeux de Paris en ligne de mire. Je tiens également à souligner la performance de Kevin Staut, qui a une nouvelle fois su signer un sans-faute lorsqu’il le fallait. Les Belges ont une équipe solide, mais nos quatre couples n’ont assurément pas démérité », affirmait-elle.

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