Donatien Schauly décroche un deuxième titre de champion du monde militaire
lundi 25 octobre 2021

A Rio, Donatien Shauly décrochait son deuxième titre de champion du monde
A Rio, Donatien Shauly décrochait son deuxième titre de champion du monde © CNSD

En 2017, l’adjudant-chef Donatien Schauly était sacré champion du monde militaire de saut d’obstacles à Fontainebleau. Du 11 au 19 octobre derniers, c’est à Rio de Janeiro, dans les installations qui accueillaient les Jeux olympiques de 2016, que le cavalier de l’École militaire d’équitation remportait pour la deuxième fois le titre suprême. Un titre que son père Didier décrochait sur ce même site en 2011.

La semaine dernière, à Rio de Janeiro, se déroulaient les championnats du monde militaire d’équitation. Particularité du règlement de ce championnat : les chevaux, différents lors des trois jours d’épreuves et tirés au sort, sont à découvrir en vingt minutes après un maximum de six sauts. Onzième après l’épreuve de chasse, l’adjudant-chef Donatien Schauly remonte à la troisième position le deuxième jour grâce à sa première place, puis boucle la finale en deux manches avec un score total de quatre points, qui lui vaut la victoire au cumul des points, tandis que l’équipe - composée également de l'adjudant-chef Benjamin Courtat et de l'adjudant Nicolas Meynard - s'offre le bronze. « Contrairement à d’autres armées, nous avons la chance à l’EME de bénéficier d’une structure très professionnelle. Nous ne nous entraînons pas spécifiquement à monter des chevaux au pied levé, mais lors des nombreuses formations que nous encadrons, il nous arrive très fréquemment de reprendre les chevaux des stagiaires, ce qui nous place régulièrement dans ce genre de situation. Notre expérience a tenu lieu de préparation, observe Donatien Schauly. En 2017, le déroulement était identique, mais nous avions à notre disposition des chevaux français auxquels je suis habitué, et nous étions sur le terrain du Grand Parquet que je connais bien. En allant au Brésil, je visais un éventuel doublé, et le défi de remporter la même médaille que mon père. Il était ravi pour moi, et de l’image que nous donnons de notre armée et de notre école. Ce titre montre avant tout que dans la famille nous savons nous adapter à différents types de chevaux. C’est le point positif que je retiens de cette compétition que l’on pourrait juger un peu moins intéressante sportivement que certaines grosses échéances. Il est important de ne pas chercher à transformer le cheval qui nous est affecté, mais de gérer au mieux ses qualités et ses défauts. C’est une compétence que mes parents (Didier et Marie-Line Schauly, ndlr) m’ont toujours appris à développer. »

2022, retour au haut niveau

Éloigné des épreuves de concours complet de haut niveau depuis la retraite sportive de Pivoine des Touches (Nykias) en 2019 suite aux Jeux équestres mondiaux de Tryon, le quadruple champion de France a décidé de revenir en force vers sa discipline de prédilection. Son cheval de saut d’obstacles, Sprinter du Dorset*Mili (Allegreto) évoluera désormais sous la selle de son coéquipier sur le circuit du Grand National, Benjamin Courtat. « C’est un cheval très atypique, dont la gestion du travail requiert beaucoup de temps, souligne Donatien. J’ai décidé de me consacrer totalement aux chevaux de concours complet que j’ai formés pendant ces dernières années, et d’entamer avec eux une préparation olympique dès l’année prochaine. » Pour la saison 2022, le cavalier, à la tête d’un piquet de huit chevaux dont des jeunes très prometteurs, pourra compter pour son retour au haut niveau sur Dgin du Pestel*Mili (Nartago), sacré vice-champion du monde des 7 ans au Mondial du Lion en 2020 et vainqueur de l’étape du Pin du Grand National le 3 septembre dernier, Cyrius de Carneville*Mili (Ulixe), neuf ans, troisième de l’épreuve, et Django des Equus*Mili (Top Gun Semilly), huit ans, neuvième de cette étape du Grand National, hérité en 2020 du piquet de Didier Willefert suite à son départ en retraite. « Ces trois chevaux ont désormais la maturité nécessaire, affirme le cavalier. J’ai volontairement limité leurs sorties pour prendre le temps de les former et de les endurcir physiquement. Les Jeux de Paris 2024 constituent un objectif que je prépare dès maintenant car ils auront l’âge requis. Le fait de disposer de plusieurs chevaux me permet de ne pas être présent sur toutes les compétitions avec la même monture et de les ménager. » Donatien Schauly en convient, son statut auprès de l’École militaire lui accorde le confort de prendre le temps de construire ses chevaux et de gérer leur carrière, sans subir la pression de les emmener en compétition à tout prix pour survivre, de voir le cheval quitter ses écuries pour être confié à un autre pilote, ou d’être vendu. « Ces conditions me permettent d’aborder les échéances futures avec sérénité », résume et conclut le cavalier. En 2022, le champion du monde militaire remettra également son titre en jeu à domicile, au Grand Parquet de Fontainebleau.