Edward Levy : « Former la relève en étant présent dans le sport »
jeudi 05 septembre 2019

Edward Levy et Drag du Buisson Z
Edward Levy et Drag du Buisson Z © Eric Knoll

Valeur montante du saut d’obstacles français ces dernières années, Edward Levy signe depuis début 2019 sa meilleure saison. Le cavalier, qui fêtera ses 25 ans d’ici quelques semaines, est actuellement à Calgary pour disputer l’un des CSIO les plus imposants du monde. L’occasion de faire le point sur son piquet de chevaux, sa philosophie et son installation à venir au Haras de Lécaude.

S'il est un jeune cavalier qui se donne les moyens de la réussite, c’est bien Edward Levy. A 25 ans seulement, Edward a travaillé avec quelques-uns des plus grands noms du saut d’obstacles, à l’instar de Patrice Delaveau, Ludger Beerbaum ou encore Brianne Goutal. Le cavalier a su tirer parti de ces expériences pour faire évoluer son équitation, mais également pour structurer son système. « Mon but est de toujours trouver des jeunes chevaux à former, entre 5 et 9 ans. Les chevaux deviennent performants à partir de 10, 11 ans et on sait que leur forme n’est pas éternelle. Si on ne veut pas avoir seulement quelques pics de réussite, mais des résultats de manière constante, il est donc indispensable de préparer la relève », explique Edward. En ce sens, le cavalier a su s’entourer de partenaires fidèles, tel que Showjump International, et continue de travailler en collaboration avec son ancienne mentor américaine et pourra également bientôt compter sur le Haras de Lécaude, où il emménagera d'ici quelques semaines. « Grâce à cet ensemble de partenaires, le but est d’avoir un effectif de chevaux suffisamment important pour pouvoir les former, dans un but sportif et/ou commercial. Parce que l’avantage d’avoir un nombre suffisant de chevaux est là aussi : lorsqu’un cheval est vendu, on ne se retrouve pas face à un problème d’effectif. Sans oublier que c’est ce qui maintient le système économique ! ». 

Ce système, Edward s’applique à le développer et l’améliorer en permanence. Et si 2019 a été une saison particulièrement fructueuse, le Normand en est persuadé, il le doit a son organisation : « Je ne suis pas très vieux, mais cette saison est pour l’instant la meilleure que j’ai faite, justement parce que j’ai eu la chance de pouvoir compter sur plusieurs chevaux. Ces deux dernières années, j’avais Sirius Black en locomotive, et tous les gros concours étaient pensés en fonction de lui. Ces derniers mois, j’ai pu faire plus de belles échéances et être présent à haut niveau grâce à Sirius, mais aussi Rebecca LS ou encore Drag du Buisson, épaulés par Starlette de la Roque et Divine de la Roque. Mon piquet de tête était vraiment mature cette saison, et m’a permis de bien continuer à prendre de l’expérience en essayant d’être compétitif, et pas juste en participant. »

Parmi les montures qui lui ont permis d’accéder au grand sport cette saison : Drag du Buisson Z, un hongre de 11 ans que le cavalier et le staff ont vite ciblé pour être un cheval de Coupe des nations. Course à la qualification olympique oblige, il n’a pas été facile de se faire sa place en équipe en 2019. Pour autant, Drag a eu l’occasion de servir la veste bleue lors du CSIO de Falsterbo et se prépare actuellement à courir celle de Calgary. « Il était tout à fait normal pour moi de ne pas avoir toujours ma place en équipe cette année. Le couple que je forme avec Drag est encore vert, et l’idée est toujours de composer les équipes les plus à mêmes d’atteindre l’objectif fixé. En l’occurrence cette année, il s’agissait de la qualification olympique, il était donc tout à fait normal de compter soit sur des couples qui se connaissent bien, soit sur des cavaliers expérimentés. J’ai encore beaucoup à apprendre, mais évidemment je me réjouis toujours d’être appelé en Coupe. Calagry est un gros morceau, mais je pense que Drag a le coffre et la trempe pour ce genre de parcours », analyse avec humilité Edward, qui a aménagé un programme d'entrainement particulier pour l’échéance. « On sait que Spruce Meadow est un concours long et difficile. Drag a fait son dernier parcours à Dinard, et il a ensuite été ménagé avec beaucoup de sorties à la plage pour la condition physique et morale. Il a fait une seule épreuve le week-end dernier à Auvers pour se remettre dans le contexte de la compétition. Drag est un cheval extrêmement confiant, très calme voire même un peu froid à la maison (rires), mais en pleine saison de concours, comme aujourdhui, une fois que les réglages sont calés, tant pour lui que pour moi, l’idée est seulement de le garder dans la meilleure forme possible et avec l’envie d’y aller ». Une stratégie qui semble porter ses fruits puisque le couple a foulé une première fois la mythique piste de Calagary mercredi, pour un parcours fluide qui s’est soldé par une petite barre à terre. De bon augure pour l’épreuve par équipes de samedi !