Eric Levallois : "chaque jour est un nouveau combat"
mardi 18 mai 2010

Le monde du cheval avait été ébranlé par le terrible accident de voiture dont Eric Levallois était victime le 27 décembre dernier. Presque cinq mois plus tard, alors qu’il est toujours en rééducation au Centre de Granville, nous avons pris de ses nouvelles.

« On ne peut pas dire que cela aille mal. Il faut du temps. Ca va doucement, mais sûrement. Dès que j’en fais un peu trop, je mets des jours à m’en remettre. Le corps ne suit pas toujours la volonté. Les médecins observent mon évolution avant de formuler un quelconque pronostic. J’ai récupéré mes jambes assez rapidement, mais j’ai encore des difficultés au niveau du dos et des abdominaux, qui sont la charnière pour le processus de la marche. Je suis basé à Granville depuis le 5 janvier, et j’ai eu la chance de rentrer chez moi six fois pendant le week-end. C’est bon pour le moral. Mon objectif actuel est de retrouver mon autonomie. Sur le plan pratique, mon écurie est composée en majorité de jeunes chevaux, ma sœur gère pas mal de choses, et j’ai une bonne équipe sur laquelle je peux me reposer. J’ai la chance d’être très bien entouré. Il va certainement falloir prendre des décisions difficiles sur le plan professionnel, mais pour le moment ma rééducation est prioritaire sur mon écurie. Si on veut s’en sortir, il faut le moral, chaque jour est un nouveau combat. Dans ce genre de situations, on ne peut pas déléguer. C’est une grande école de la vie. Je ne sais pas si on en sort vainqueur, mais grandi en tout cas certainement. J’ai tiré un trait sur le cauchemar des cinq derniers mois, mais ils resteront gravés à vie. Le fait d’être sportif peut sans doute aider dans la mesure où on est habitué à aller au-delà de ses limites. Aujourd’hui je ne sais rien sur mon avenir. J’espère aller plus loin. Le message que je transmettrais à d’autres dans cette situation est avant tout d’y croire, de vivre dans le présent et dans le futur. L’espérance fait vivre. Je n’ai jamais perdu espoir même lorsque l’on m’a dit que je resterais tétraplégique à vie. Je ne peux pas me plaindre. Certains souffrent davantage que moi. »