Franck Curti, un professionnel qui mixe coaching et compétition
jeudi 13 février 2020

Franck Curti et Cornet's Velvet RS
Franck Curti et Cornet's Velvet RS au Salon du Cheval de Paris © Claude Bigeon

Franck Curti, ce cavalier professionnel basé aux Bréviaires (78) s’est fait remarquer cet hiver, notamment par une belle prestation lors du Grand Prix de Paris. Rencontre avec ce passionné de la formation des chevaux et des Hommes.

Quelles sont les grandes lignes de votre parcours de compétiteur jusqu’à ces dernières années ?

Je descends d’une famille portée sur le cheval depuis plusieurs générations. J’ai suivi un parcours classique jusqu’aux championnats d’Europe Juniors et Jeunes Cavaliers. J’aimais bien former des élèves et tourner en compétition. À vingt ans lors de mes débuts comme cavalier professionnel, j’ai annexé une activité industrielle dans l’imprimerie à mon activité cheval. Il y a six ans, j’ai réinversé la vapeur. C’est mon activité de cavalier professionnel qui a repris plus d’importance. Désormais, je fais beaucoup de formation d’élèves sous forme de coaching et de formation de chevaux de sport. J’ai eu beaucoup de jeunes chevaux qui ont été commercialisés quand ils arrivaient à des niveaux de 140 à 145.

Tout cela s’est fait grâce à des personnes qui m’ont fait confiance, comme Philippe Rozier, Christian Baillet et Robert Rieder. En parallèle, l’Etrier de Paris m’a proposé d’enseigner au sein de ce club. J’adore transmettre. Et beaucoup de gens viennent aussi dans mes écuries aux Bréviaires. Mon écurie a pu grandir grâce à de vrais bras droits. J’ai eu la chance d’avoir de belles rencontres ces dernières années. Depuis un an et demi Hermès est devenu mon partenaire.

Comment et avec qui vous entrainez-vous ?

Je travaille sur le plat, beaucoup à l’extérieur et les chevaux vont au paddock. C’est un travail basé sur le long terme qui permet de valider les différentes étapes de progression. J’aime l’osmose avec le cheval. Ne pas lui imposer mais proposer sans débat, jamais dans le conflit.

Quand j’ai le temps et que je le peux, j’aime partager avec Philippe Rozier qui est un ami de longue date et parfois avec Pénélope Leprévost. Mais, nous sommes tellement pris par notre travail. Cela peut se faire lors des concours où je leur demande des conseils et où nous partageons. 

Quel est votre modèle économique actuellement ?

Il est basé sur la formation des élèves et la formation des chevaux. Faire du bon sport et valoriser des chevaux de sport. Mais, je fais beaucoup de coaching d’élèves au sein de mon écurie ou d’élèves extérieur. Des stages aussi.

Comment s’est passée la saison 2019 ?

Mes élèves ont tous connu une belle progression jusqu’à me rejoindre lors d’épreuves de niveau semblable. J’ai débuté la saison avec des chevaux qui évoluaient sur 120 jusqu’à 145. Dans l’ensemble, les chevaux ont eu une belle évolution. En 2019, c’était la première saison où je courais le Grand National en équipe, c’était sous les couleurs Hermès avec Thibault Pomarès. N’avons participé qu’aux cinq concours du circuit indoor. Nous sommes tous les deux double sans-faute au Grand Prix de Paris pendant le Salon du Cheval de Paris. J’ai réalisé cette performance avec Cornet's Velvet RS, un entier que je montais depuis mai. Mais, je ne le montais qu’au pied levé car il est basé à Deauville. Il avait besoin d’une remise en confiance. Je l’ai fais évoluer de 130 à 150. J’ai d’autres chevaux sur 145-150, comme Baccara du Luc, une jument de 9 ans qui a été aussi formidable à Paris. Il y a aussi Caféine de Hus, une autre jument de 9 ans. Guillaume Canet qui est un ami d’enfance, m’a confié Sweet Boy qui est avec moi à Valence, en attendant qu’il revienne à la compétition.

Quels sont vos objectifs pour 2020 ?

L’idée, c’est de continuer à faire progresser les chevaux que j’ai déjà cités. Continuer à bien travailler dans mon équitation.

Cette saison, je repars dans le Grand National avec Hermès pour toute la saison, toujours avec Thibault Pomarès. Je n’ai pas prévu de participer au championnat de France, car c’est un peu tôt dans la saison. J’ai la sagesse du cheval, c’est lui qui me donne le rythme. Actuellement, je suis au CSI de Valence en Espagne (du 13 au 23 février) où je suis venu avec douze chevaux. Quinze jours après j’irai au CSI du Mans. Je pense démarrer le Grand national lors de l’étape de Vichy. A priori je participerai aussi à des CSI2*.

J’adore mon activité de coaching et je suis un amoureux du cheval et de sa formation jusqu’au haut niveau. Je suis passionné et j’aime le partage.