Greg Broderick : l’expérience des plus belles compétitions au service de la formation des jeunes chevaux
mercredi 20 octobre 2021

Greg Broderick et Go Lightly, ici lors de la finale nationale jeunes chevaux en août dernier à Dublin
Greg Broderick et Go Lightly, ici lors de la finale nationale jeunes chevaux en août dernier à Dublin © MJM

Jeux olympiques, championnats d’Europe et Coupes des nations, Greg Broderick n’est pas un inconnu au plus haut niveau du saut d'obstacles. Toutefois, l’Irlandais a également une autre passion, indispensable à l’existence des sports équestres : l’élevage et les jeunes chevaux.

Propulsé au plus haut niveau avec son incroyable Going Global (Quidam Junior), passé sous la selle d’Athina Onassis fin 2016, Greg Broderick connaît les plus belles compétitions. Représentant en individuel de l’Irlande lors des Jeux olympiques de Rio, double sans-faute lors de nombreuses Coupes des nations, le cavalier basé à Tipperary est doté d’une expérience non négligeable.

Un connaisseur des jeunes chevaux

Si cela fait maintenant presque deux ans qu’il n’aura pas foulé les pistes d’un concours 5*, fort de ces expériences passées, l’Irlandais travaille, et ce depuis ses débuts, les jeunes chevaux sur l’île d’émeraude. Il était d’ailleurs une nouvelle fois aux championnats du monde des jeunes chevaux à Lanaken fin septembre. Rappelons-le, il remportait le titre en 2013 avec Arraghbeg Clover (Captain Clover) et terminait troisième en 2010 aux rênes de Billy Jean 20 (Heritage Fortunus).

Pour beaucoup, il est difficile de se séparer de sa monture, encore plus après l’avoir amenée au plus haut niveau. C’est évidemment quelque chose que Greg connaît, à l’image de Going Global arrivé dans ses écuries à cinq ans. Toutefois, il souligne que ce système ne le déçoit pas « à partir du moment où je vois que les chevaux vont bien et font de bonnes choses » ! Ce travail des jeunes chevaux, il le fait depuis ses débuts et n’a aucun regret : « J’adore tout simplement travailler les jeunes, être à la recherche de la prochaine super star. Évidemment, il est important de les comprendre, et malgré toutes ces années d’expérience, ils continuent à vous apprendre de nouvelles choses, changer vos méthodes pour tirer le meilleur de chacun. II suffit qu’un cheval tombe sur l’écurie qui lui convient et il fera des choses extraordinaires. »

Une histoire de famille

Même s’il n’y a pas de doute sur le fait que le cœur de l’élevage et du sport se trouvent sur le continent, Greg a fait le choix de rester sur son île et ses terres familiales. Et ce ,dès son plus jeune âge : « J’ai fait les choses de manière différente. Beaucoup de mes amis avec qui je faisais les Juniors et Jeunes Cavaliers sont partis aux États-Unis, en Allemagne ou en Belgique mais je voulais rester ici. Il n’y a pas beaucoup de chevaux prêts à sauter les plus gros Grands Prix en Irlande, donc il faut les former, ce qui correspond à mes idées. » C’est donc entouré de sa famille et notamment de ses sœurs, Olga Doyle et Cheryl Broderick, qu’il mène son affaire dans la campagne irlandaise. Un système familial qui fonctionne mais, comme il le souligne, requiert une certaine patience. « Ce n’est pas comme dans le monde des courses où vous allez voir les chevaux courir dès deux ou trois ans. Pour nous, il nous faut que les chevaux aient dans les dix ou onze ans pour voir de véritables résultats. Je suis la première génération de ma famille à me focaliser sur le saut d’obstacles, même si cela fait six générations que nous sommes dans les chevaux, il faut donc prendre son temps. »

Ses performances à haut niveau lui sont bien utiles aujourd’hui dans son travail des jeunes chevaux. « Il n’y a pas de doute que mon expérience à haut niveau m’aide. Le sport change constamment et je peux me faire une bonne idée des attentes des cavaliers. Lorsque vous regardez les parcours actuels, il faut aller vite, les chevaux plus lents peuvent encore se trouver une place, mais sont moins populaires. Maintenant, il faut des chevaux "modernes" avec plus de sang et qui galopent. »

Et le futur ?

Comme tout le monde, Greg a lui aussi été impacté par la pandémie ces 18 derniers mois. Toutefois, cela n’a pas été que du négatif pour lui : « Nous avons investi dans de nouvelles installations à la maison et donc on a eu la chance de pouvoir s’entraîner sur des vrais parcours. Peut-être qu’au fond c’était une bonne chose parce que les chevaux n’aient pas été précipités sur des concours et qu’ils sont devenus plus forts ! » Il souhaite continuer à préparer des jeunes chevaux, dans l’espoir de les voir un jour fouler les plus beaux terrains, avec ou sans lui. « Les gens veulent acheter les meilleurs chevaux, et moi-même c’est ce que je cherche. Si les cavaliers veulent cela, il faut bien vendre et continuer à en préparer pour pouvoir donner une chance non seulement à ces chevaux, mais également aux cavaliers pour qu’ils se fassent une place dans le sport. Nous pouvons être fiers de participer à tout ça. »

Greg se rendra prochainement en Floride, avec son élève Charlotte Jacobs, qui a fait l’acquisition de l’un de ses espoirs, Coolivio PS (Conthargos). « Je suis ravi parce que le cheval lui convienne. Le père de Charlotte a lui-même sauté des Coupes des nations, et sa mère est une véritable femme de cheval. » Pour le moment, il peut quant à lui compter sur une jument de cinq ans, Go Lightly (For Pleasure), co-propriété de son naisseur Noel Cawley, avec qui il terminait troisième de la finale nationale en août, et Messenger VF (Monte Bellini), un étalon de huit ans, confié par sa naisseuse et propriétaire Elicia Edgar, qu’il forme pour les plus grosses épreuves. Ce dernier est toutefois destiné à être monté par sa propriétaire. Sur le long terme, il désire tout de même retrouver la veste verte, et espère bien pouvoir compter, dans quelques années, sur un piquet de chevaux 5* produit par ses soins et 100% Broderick !