Grégory Cottard : « J’ai voulu complètement changer de système »
mercredi 07 juillet 2021

Gregory Cottard et Bibici lors de la Coupe des nations de Rotterdam
Gregory Cottard et Bibici lors de la Coupe des nations de Rotterdam © DigiShots

Depuis quelques semaines, Grégory Cottard et Bibici font forte impression. Après un double sans-faute dans la Coupe des nations de Sopot il y a deux semaines, puis un petit 4 points dans celle de Rotterdam vendredi dernier, le couple affiche une très bonne forme. Si une chute dans le Grand Prix de Rotterdam est venu entacher cette belle lancée, Grégory Cottard reste néanmoins très fier de sa prometteuse jument. Pour L'Éperon, il revient sur ce week-end néerlandais et évoque ses projets de haut niveau avec sa fille de Norman Pré Noir.

Après une Coupe des nations à Rotterdam où vous n'avez fait que 4 points, et où la France a pris la troisième place, vous chutez dans le Grand Prix alors que tout se passait très bien pour vous et Bibici. Quelle analyse faites-vous de ce parcours ? 

Honnêtement, c’était plus que bien ! Nous nous sommes baladés, jusqu’à la chute. Après le mur, il y avait trois foulées serrées pour sauter une palanque. Deux options s'offraient alors à moi : sauter le mur en cinq foulées ou le franchir en six. Mais ma jument a fortement freiné sur la spa. Quant à moi, je suis resté sur mon idée de cinq foulées au lieu de changer d’avis et de franchir la palanque comme Bibici le ressentait, c'est-à-dire en six. En règle générale, ma jument aime taper dans le pied, mais cette fois-ci, j’étais beaucoup trop loin du mur, elle s’est donc retrouvée un peu surprise. Bibici et moi commençons doucement à ce niveau, et pendant une longue période je devais beaucoup la solliciter, je lui en demandais plus. Aujourd’hui, j’en fais moins, parce qu’elle prend confiance et devient sereine. Alors, même si je dois toujours garder en tête que je dois l’aider plutôt que d’être passif, je pense sincèrement qu’il s'agit de savoir gérer la bonne dose d’énergie.

Comment cette cohésion est-elle née entre vous et Bibici ?

C’est assez spécial car c’est une jument très froide et feignante ! Par exemple, je ne peux pas sauter trop haut à la maison, car elle a vite peur, bien qu’elle soit très respectueuse. C’est pour cette raison que lorsque l’on est en concours, je dois toujours bien demander les choses afin qu’elle reste en confiance et ne se braque pas. Maintenant qu’elle est plus sereine, c’est aussi pour cette raison que nous avons échoué sur le dernier obstacle ce week-end : je me suis un peu posé pour la laisser faire et finalement, ça l’a inquiétée plus qu’autre chose. Bibici est une jument que j’ai récupérée à l’âge de sept ans, que j’ai toujours adorée mais qui, à la base, n’avait pas trop d'énergie. J’ai appris à lui donner l’énergie nécessaire, mais je me suis retrouvé avec une jument assez difficile dans la main. J’ai essayé plusieurs sortes de mors, jusqu’à la période du confinement où, finalement, j’ai beaucoup travaillé en filet simple. Nos relations se sont tout de suite améliorées. D’ailleurs, cela se remarque car elle saute beaucoup mieux maintenant, en filet. Cela me rappelle un double sans-faute que l’on a réalisé à Vilamoura. Entre le pelham, la martingale et les guêtres aux postérieurs, j’ai voulu complètement changer de système et enlever tous ces artifices afin d’améliorer notre relation cavalier/cheval. Je pense que, visuellement, nos performances étaient plus agréables à regarder et plus propres. Aujourd’hui, quand je discute avec les gens, ils me disent que Bibici et moi sommes un vrai duo. On ne me dit plus uniquement que mon tour est bien monté. Dorénavant, il y a une réelle harmonie entre nous, qui se voit directement lorsque l’on foule la piste. Évidemment, le rêve serait d’obtenir cette alchimie avec tous mes chevaux car je trouve cela beaucoup plus sympa. C’est également une toute autre dimension lorsque le public, le staff, les gens qui nous entourent vivent le parcours avec nous, plutôt que simplement le regarder. Lorsque la cohésion du couple en piste se ressent à travers le regard de celui qui observe, c’est là ou le sport prend tout son sens ! Des chevaux sans guêtre et en filet en haut niveau, il n’y en a que très peu. Donc j’essaie de travailler dans ce sens avec tous mes chevaux, dans l'objectif d'obtenir de vrais résultats. Alors évidemment, je rencontre certains problèmes, mais je les résous au fur et à mesure.

Quels sont vos projets et objectifs pour les mois à venir ?

Pour commencer, je serai à Fontainebleau ce week-end et le suivant je serai à Dinard pour le CSI5*. Mon objectif est d'amener tous mes chevaux faire du 2*, puis du 3*. Dans l’idée, j’aimerais répartir mon piquet, c'est-à-dire séparer Bibici de Cocaïne (du Val, ndlr), et sortir en concours avec les autres jeunes chevaux que j’ai au travail. Ma deuxième jument Cocaïne a fait sa première 1,60m sans-faute à Sopot fin juin. Elle est arrivée chez moi en fin d’année 2020 et a très vite évolué. J’ai d’autres chevaux en formation, qui sautent actuellement des épreuves à 1,40m. Certains courent à Fontainebleau ce week-end sur des épreuves à 1,45m. On vient également de me confier deux chevaux de huit ans. En réalité, j’ai renouvelé tout mon piquet de chevaux et je suis en train de construire un système un peu différent de ce que je faisais avant. Maintenant, j'accueille plus de propriétaires, chose que je n'avais jamais faite auparavant. Il faut désormais que les gens apprennent comment je fonctionne à présent, et cela prend du temps.

Pour en savoir plus sur Bibici, découvrez son portrait en vidéo en cliquant ici.