Grégory Cottard, un cavalier sportif qui recolle au haut niveau
lundi 10 février 2020

Greogry Cottard
Victime d'un impressionnant accident au paddock d'un concours cet été, Gregory Cottard s'est vite remis et aborde la saison 2020 avec envie © Scoopdyga

2019 aura été une saison mi-figue mi-raisin, pour le champion de France 2013 avec Pepyt des Elfs. Grégory Cottard, cavalier de 41 ans basé depuis onze ans aux Ecuries de Wy à Drocourt chez Marie-Caroline Besins, a eu chaud en 2019. Cet été, il a été victime d’un choc frontal à la détente d’un Grand Prix 135 dans les Yvelines. Mais, finalement, il termine la saison de belle manière au CSI de Rouen. Rencontre avec un cavalier qui se construit tous les jours.

L’Eperon : Grégory, vous avez été victime d’un grave accident lors d’une détente au paddock à l'occasion d'un concours cet été. Que s’est-il passé ?

Grégory Cottard : Je me suis fait sauter dessus par un étalon fougueux. C’était le 14 juillet et j’étais en train de détendre au trot. Un cavalier a perdu le contrôle de son cheval et il m’a littéralement traversé. Les deux chevaux sont tombés sur moi. Je l’ai vu venir, il était droit, debout. Je n’ai pas eu de perte de connaissance. C’était lors d’un Grand Prix 135, avec des cavaliers Pro.

Quelles ont été les conséquences de cet accident ?

G. C. : Je suis allé à l’hôpital où l’on m’a fait des radios, mais je ne suis pas resté. Ensuite, je me suis reposé une semaine. En fait, j’ai passé une semaine à dormir. J’ai eu une commotion cérébrale. Une de plus, car ce n’était pas la première fois. Et j’ai eu la clavicule enfoncée et a priori, elle restera ainsi à vie. J’ai un peu mal de temps en temps, des douleurs dans les cervicales. Je n’ai pas fait de rééducation particulière, mais je fais pas mal de sport chaque semaine. A l’époque, je montais sans airbag. Maintenant je mets un airbag tout le temps. C’était juste avant Megève, mon concours préferé et j’étais contrarié de ne pas pouvoir y aller. Il y a aussi eu quelques conséquences économiques.

Que faudrait-il faire pour éviter que ce genre d’accident arrive ?

G. C. : Une perte de contrôle cela peut arriver, mais il faudrait que les chevaux et notamment les entiers soient mieux dressés. Cet accident est arrivé par un fâcheux concours de circonstances. Tout cela reste un problème d’éducation, de dressage.

Parlez nous de votre préparation physique.

G. C. : Le matin, avant de monter à cheval, je commence par 1 heure à 1 heure 30 de préparation physique basée sur du renforcement musculaire et des étirements. Au départ, je me suis fais accompagner par un coach sportif. Maintenant je le vois moins car j’ai compris comment réaliser cette préparation physique. En plus, je m’entraîne une à deux fois par semaine avec des exercices de pilates avec un ballon et en faisant des planches. Une à deux fois par semaine,  je me rends dans une salle de sport pour une séance de de vélo spinning, c’est-à-dire un entrainement de type cardio sur un vélo de fitness typé sport. En fait, je m’entraîne physiquement tout le temps, mais j’ai évolué dans mon approche. Avant, mes entrainements étaient basés uniquement sur un travail en force. Il y a cinq, six ans, j’ai rencontré Bruno David car j’avais des problèmes de dos. Depuis mes entrainements de préparation physique sont plus structurés. Le but, c’était d’apprendre à me servir de mon bassin, à affiner mon placement et travailler le renforcement musculaire et la proprioception. Aujourd’hui, mon physique est plus solide. C’est un peu comme si j’avais un « airbag interne ».

Et quid de la préparation physique des chevaux de haut niveau ?

G. C. : Maintenant, je gère mes chevaux comme moi. Je fais plus d’entraînement physique sur mes chevaux, du travail de musculation, des épaules en dedans, des déplacements latéraux, du travail des abdominaux et des étirements du dos. Ils ont une séance de cardio de temps en temps, mais je ne fais pas de trotting, car je n’ai pas d’extérieur. Plus j’avance dans le temps, moins je les enrêne, pour travailler dans le respect de la biomécanique naturelle du cheval. Je travaille avec Pierre Crampon qui a une approche « éthologique ». Il est rigoureux sur certains points de base comme l’obéissance à la jambe, la connexion avec le cheval, l’engagement des postérieurs, le travail sur le « moteur » du cheval.

Comment s’est déroulé la saison 2019 ?

G. C. : Finalement plutôt bien grâce à Bibici, ma jument de tête. Elle a 9 ans, c’est une SF par Norman Pré noir et Uelème, la jument d’Olivier Jouanneteau. Avec Bibici, je suis quatrième et sans-faute du Grand Prix 160 du CSI4* de Rouen en novembre dernier. Je la monte depuis le milieu 2018. Elle est ultra respectueuse, généreuse, gentille, belle, facile… Si c’était une femme je l’épouserai (rires). Cet été, Urhelia Lutterbach avait été confiée à Kevin Staut pour qu’elle fasse de belles épreuves et qu’elle soit vendue. Elle a pris la destination des Etats-Unis.

Comment abordez-vous la saison 2020 ?

G. C. : L’objectif, c’est de rentrer de nouveaux chevaux. Je viens de créer ma propre société en début d’année, G.C. Sport. Cela change tout, je vais pouvoir monter des chevaux d’autres propriétaires. Et puis, je vais participer à nouveau à un stage équipe de France avec Bibici. La dernière fois c’était en 2014 avec Pepyt des Elfs. J’aimerais ressortir en quatre, cinq étoiles. Je démarre ma saison à Royan en mars en deux étoiles puis j’irai au CSI3* de Lier en Belgique. J’ai envie que la saison se passe bien et j’aimerais resauter en équipe de France puis en Coupe des nations.