Henrik Ankarcrona : « Il faut que les cavaliers aiment monter en Coupe des nations »
jeudi 15 août 2019

Henrik Ankacrona
Après les deux médailles en argent par équipes des Europes 2017 et des Mondiaux 2018, la Suède de Henrik Ankarcrona vise le titre © Scoopdyga

Vice-championne d’Europe et du monde avec le champion d’Europe en titre et vice-champion olympique de Rio en son sein, la Suède est inéluctablement la nation favorite des championnats d’Europe. Elle compte d'ailleurs quatre victoires en Coupe des nations cette saison (Rome, Falsterbo, Aix-la-Chapelle et Hickstead) dont trois à la suite. C’est une équipe redoutable composée de Peder Fredricson, Malin Baryard-Johnson, Fredrik Jönsson et Henrik von Eckermann qui se rendra à Rotterdam. Le chef d’équipe, Henrik Ankarcrona, confiant mais sur la réserve, a répondu à L’Eperon.

Comment abordez-vous ces championnats d’Europe ?

C’est une question assez difficile. Je pense que nous avons une équipe très expérimentée, que ce soit les chevaux ou les cavaliers. Ils travaillent très bien ensemble en tant que groupe. Je suis confiant parce que notre équipe est bonne mais ceci dit, il y a beaucoup de parcours à sauter lors d’un championnat et beaucoup de paramètres doivent être pris en compte. Nous allons à Rotterdam avec l’objectif de faire de très bons résultats.

Aux yeux de beaucoup, vous êtes les favoris...

Nous en avons parlé et nous pouvons comprendre que pour les médias nous soyons les favoris sur papier. Nous avons de grands espoirs et objectifs. Au final, cela ne nous affecte pas, que nous soyons considérés comme les favoris ou les outsiders, nous voulons juste faire de bonnes performances.

Angelie van Essen et Luikan Q ont réalisé des doubles sans-faute sur de nombreuses Coupes des nations, dont celle très difficile d’Aix-la-Chapelle, pourquoi ne pas avoir sélectionné ce couple pour les championnats ?

Je peux comprendre cette surprise mais c’était le plan dès le début. Nous avions établi un bon programme Angelie et moi-même dès le début de l’année : nous nous disions que le cheval avait besoin d’un peu plus d’expérience avant de faire des championnats. Nous avons donc décidé de faire les Coupes des nations sur les gros terrains en herbe et elle n’a par conséquent pas sauté sur sable. Elle a fait Aix-la-Chapelle et elle va aller à Calgary, pour le cheval je pense que c’est déjà suffisant pour sa première année. J’ai de grands espoirs pour ce couple dans le futur !

Vous avez aussi dû faire un choix entre les nombreux chevaux de Grand Prix et championnat de Peder Fredricson.

Nous avons encore le choix entre deux chevaux : H&M Christian K et H&M All In. L’un des deux sautera mais tout repose sur Peder et ce qu’il ressent en selle. Bien sûr, nous savons qu’All In a déjà fait deux championnats pendant lesquels il a très bien sauté donc s’il est en forme, il sera le choix le plus naturel. Christian K a aussi été fantastique aux Jeux Equestres Mondiaux l’an passé donc je suis aussi très heureux de l’avoir en cheval de substitution.

Quel bilan faites-vous de cette saison extraordinaire pour la Suède ?

L’équipe de saut d’obstacles suédoise a fait cette année quelque chose qui n’était jamais arrivé auparavant et j’en suis évidemment très fier ! Nous n’en avons toutefois pas fini, j’espère que nous ferons de bon parcours aux championnats d’Europe mais il n’y a pas de doute que lorsque dans le futur nous nous remémorerons l’été 2019, nous serons très heureux. A présent nous sommes concentrés sur les prochains concours qui sont Rotterdam, Calgary, la finale Coupe des nations de Barcelone où nous avons de grandes ambitions. J’essaie de former des équipes fortes et j’espère que nous pourrons continuer à faire d’aussi bons résultats.

Savez-vous quels couples participeront à ces prochaines échéances ?

J’attends encore, j’espère emmener une équipe forte mais nous avons les Europes avant. Le plus important est que les chevaux aient à long terme un bon programme. Après un gros championnat, il faut rentrer à la maison, laisser aux chevaux le temps de se reposer, qu’ils soient examinés par le vétérinaire et une fois tout cela fait, je saurai qui je pourrai choisir.

Quel est donc le secret de la Suède ?

Je n’ai pas d’arme secrète (rires) et je n’ai pas non plus les réponses à toutes les questions. Je pense que le succès que nous avons en ce moment est dû à un certain nombre de choses que nous avons bien réalisées pendant de nombreuses années. Les cavaliers ont vraiment compris qu’ils avaient besoin de trouver les bons propriétaires et travailler sur le moindre détail. Ils ont appris à tout gérer en s’ouvrant davantage et en s’intéressant à ce qui peut être mis en place ailleurs, donc je pense qu’au final ce n’est qu’un ensemble de pièces qui s’assemblent. Je travaille aussi beaucoup pour que les cavaliers aient confiance en eux-mêmes : il faut qu’ils aiment monter en Coupe des nations et que nous ayons simplement un très bon esprit d’équipe, ce qui est au final est tout simplement mon travail.