Inès Joly : "Je ne m'attendais pas à sauter ces épreuves-là avec Vitto"
mardi 04 juin 2019

Inès Joly au CSI 2* de Bourg-en-Bresse
Inès Joly au CSI 2* de Bourg-en-Bresse

Inès Joly a été membre de l'équipe de France à poney il y a quelques années. Désormais âgée de 21ans, elle s'évertue à former des chevaux pour retrouver le haut-niveau. Avec Vitto de Cartherey, Inès semble enfin toucher ce rêve du bout des doigts. Depuis le début de la saison, elle ne cesse d'enchainer les belles performances sur les Grands Prix à 145. Peu après son double sans-faute dans le difficile Grand Prix du CSI 2* de Bourg-en-Bresse, L'Eperon est parti à la rencontre de cette cavalière rayonnante.

L'EPERON : On te voit régulièrement aux remises des prix avec Vitto de Cartherey en ce moment, tout se passe plutôt bien ? 

Inès Joly : Mon cheval connait une superbe évolution en ce moment. Sur les trois derniers Grands Prix que nous avons couru, il termine septième, cinquième et quatrième (dans le CSI 2* puis le Grand National de Cluny et le CSI 2* de Bourg-en Bresse, ndlr). J'espère continuer sur cette lancée ! Il va super bien, il a un bon physique et il est en pleine forme. 

Vitto revient de blessure, il s'est finalement bien remis ? 

Il a été arrêté à Valence suite à une blessure. Il est resté un mois tranquille puis j'ai recommencé à sauter début décembre. Je l'ai remis au travail sans le presser cet hiver. et il est revenu mieux que jamais. 

Comment est-il arrivé dans tes écuries ? 

Je l'ai récupéré il y a bientôt deux ans. Avant cela il était monté par David Neri, son propriétaire, avec qui il tournait sur des épreuves Amateurs à 110 et 115. Nous nous sommes rencontrés sur un concours et il m'a proposé de monter Vitto. Au début il était un peu fou fou, j'avais un peu de mal avec lui. Finalement plus les barres sont montées, plus il s'est calé donc nous avons  vite progressé en termes d'épreuves. Sur 145 et 150 il commence à être bien calé et performant donc ça va (rires). Avec lui, je ne m'attendais pas du tout à faire ces épreuves aussi facilement. Quand je l'ai eu je me suis dit qu'il avait énormément de potentiel mais je ne m'attendais pas à avoir un cheval aussi compétitif, c'est un lion. C'est une très belle surprise mais nous y avons toujours cru avec mon père. J'ai eu un souci avec mon ancien cheval, il ne me restait donc plus que Vitto donc je me suis consacrée à lui à 150%. 

Trouver des chevaux pour ce niveau d'épreuve c'est compliqué, les garder l'est encore plus. Comment gères-tu ce problème ? 

C'est un combat de tous les jours (rires). J'ai beaucoup de chance d'avoir le propriétaire de Vitto, il est très gentil et il fait tout pour que cela se passe bien. On a eu la chance de tomber sur lui. Pour le reste ce sont des coups de chance, un jour on tombe sur la bonne personne qui a un cheval qui correspond mais c'est rare. 

Tu montes aussi Moonjumper Odeveld qui court les sept ans. Est ce que tu peux nous le présenter ainsi que tes autres montures ? 

C'est un jeune que nous avons acheté il y a un an. Il faisait des petites épreuves et mon père l'a repéré, je ne sais pas comment il a fait mais il a vu en lui du potentiel. C'est un cheval qui a beaucoup de force, il a progressé assez rapidement lui aussi. J'ai également une jument de six ans, c'est une belle histoire. Il y a maintenant trois ans j'ai perdu ma jument V Love U à Noël. Les propriétaires étaient tellement attristés qu'ils m'ont offert sa fille : Fight 4 U. Elle a fait ses premières 125 et 130 il y a peu. J'ai ces trois chevaux-là. 

Tu montes dans tes propres écuries à St Genest Leprt (42). Qui t'encadre au quotidien ? 

Mon père tient toujours une grande place dans ma carrière sportive. Il essaye de faire au mieux pour venir sur les concours avec moi mais il est très occupé avec ses poneys (Daniel Joly est l'un des coachs les plus réputés dans le monde du poney, il accompagne tous les ans des élèves sur les Grands Prix et internationaux, ndlr). Je travaille aussi avec quelques personnes extérieures qui me donnent un coup de main dans le dressage de mes chevaux. J'ai souvent les chevaux pour un temps restreint donc avec mon père s'adapte au mieux, à notre niveau. Je monte beaucoup au feeling mais il me manque un peu des bases en dressage. 

As-tu des objectifs particuliers cette saison ? 

J'ai participé à une étape du Grand National cette année, j'aimerais en faire davantage la saison prochaine. Là je vais faire CSI 3* de Megève, c'est un nouveau pallier à franchir mais je l'aborde dans le même état d'esprit que d'habitude.