JEM : finale individuelle de saut d’obstacles : Silence on tourne !
samedi 09 octobre 2010

lexington-lamaze-hickstead
Eric lamaze et Hickstead © Ph. FEI

Deux champions olympiques, Eric Lamaze (Hongkong) et Rodrigo Pessoa (Athènes) ; le cavalier Belge Philippe Lejeune qui en chasse un autre, à savoir le champion du Monde sortant Jos Lansink, et l’inattendu Abdullah Al Sharbatly (Arabie Saoudite) avec la jument qui avait permis à l’italien Natale Chiaudani de contribuer à la médaille d’or des italiens au championnat d’Europe de Windsor : voilà le quatuor attendu samedi soir dans le main stadium Rolex pour la finale tournante qui désignera le champion du Monde. Suspens en perspective.

Pas de Français donc. L’effort a été porté sur l’épreuve par équipes et couronné d’argent, mercredi. Mission accomplie pour Laurent Elias. C’est Olivier Guillon qui tira le mieux son épingle du jeu (14ème avec Lord deTheize), finissant juste devant Kevin Staut (15ème). Tous deux ne concédaient qu’une faute en première manche, mais tandis que Guillon « sortait »un sans faute en deuxième manche, Kevin achoppait en début de parcours (oxer N°2) avec Silvana de Hus. Pénélope Leprévost qui avait aussi accusé une faute en première manche en cumulait deux dans la seconde avec Mylord Carthago HN et terminait ce mondial au 22ème rang. Avec deux fautes en première manche,Patrice Delaveau  ne représentait pas Katchina Mail en seconde manche.

Déceptions

 Quatre cavaliers heureux hier soir que l’on reverra en finale tournante et quelques déçus, à commencer par le Suédois Rolf Goran Bengtsson qui eût pu en être mais fit une grosse faute d’appréciation dans l’entrée de la seule ligne à risque de l’ultime parcours dessiné par Conrad Homfeld. Le chef de piste avait en fait testé son plateau sur la première manche de ce final individuel. Une partie rendue d’autant plus difficile qu’elle se disputa alors que le soleil finissait sa course et que les ombres ne finissaient pas de s’allonger, chaque cavalier se voyant imposer un nouvel éclairage… C’est sur ce tour initial que s’écrivit le gros de l’histoire avec seulement cinq sans faute sur les trente partants, dont ceux de McLain Ward (Sapphire) qui effectuait l’une des plus belles remontées (de la 23 ème à la 9 ème) puis d’Abdullah Al Sharbatly justement (de la 9 ème à la 5 ème) , enfin de Rolf Goran Bengtsson (de la 6 ème à la 3 ème) avec Ninja La Silla, d’Eric Lamaze (de la 4 ème à la 2 ème) avec Hickstead et de Philippe Lejeune (de la 2 ème à la 1ère). Déçu également l’Allemand  Carsten-Otto Nagel avec Corradina. Troisième au classement individuel établi après l’épreuve par équipes de mercredi, il enlevait à l’Allemagne sa dernière chance d’ajouter une médaille individuelle à celle en or remportée avec son équipe. Sur cette première manche Rodrigo Pessoa qui pointait en tête du classement provisoire avec une avance significative,lui permettant d’absorber une faute pompa dans son crédit au milieu du triple (4 pts) avec le jeune et prometteur étalon Rebozzo élevé par La Silla et passa ainsi du premier rang qu’il occupait au quatrième.

 Et satisfactions…

 La seconde manche, courue en nocturne, fut moins complexe que la première. Visiblement le chef de piste ne voulait pas éprouver davantage les concurrents, juste « jouer » sur la fraîcheur des chevaux et éventuellement les nerfs des cavaliers. On pointa ainsi quatorze sans faute sur vingt quatre départs et deux parcours avec un point de temps dépassé dont celui de Philippe Lejeune avec Vigo d’Arsouilles. Abdullah Al Sharbatly, Rodrigo Pessoa et Philippe Lejeune étaient aussi du nombre, gagnant du même coup leur ticket pour la finale.  

Une finale tournante imaginée par feu Jean d’ Orgeix dans les années cinquante et qui tous les quatre ans donne lieu à une redistribution des cartes qui passionne les uns autant qu’elle irrite les autres. Les tenants de la formule soulignent le fait qu’elle apporte tant et plus d’informations sur l’équitation pratiquée par les cavaliers et la qualité intrinsèques de leurs montures. Les détracteurs soulignent que puisque l’équitation est d’abord affaire de couples, pourquoi les désunir… Nous répliquerons que les couples rêvés se font où se défont au cours d’une carrière, selon… le bon vouloir des hommes ! Qui eut parié un dollar, au début de ce mondial, sur Abdullah Al Sharbatly et sur Seldana Di Campalto, qui entrèrent in extrémis dans le carré après avoir aligné cinq sans faute sur  cinq dans ce mondial, chasse de lundi comprise,en gardant leur score initial ? Peut être le Belge Stany van Paesschen,ancien champion et entraîneur de l’équipe d’Arabie Saoudite, qui joua les intermédiaires dans la transaction qui eut lieu en Juillet entre Manuela Traversa sa propriétaire et la Fédération d’Arabie Saoudite pour un montant de l’ordre de 2,5 millions d’euros. Cette qualification moins de deux mois après « l’emplette »  prouve que le monde du jumping ne cesse de s’ouvrir et d’être de plus en plus compétitif. Philippe Lejeune a lui aussi aligné cinq parcours sans faute depuis le début de la semaine, confirmant la qualité et la régularité du fils de Nabab de Rêve, l’étalon le plus représenté en saut d’obstacles, à Lexington. C’est un cavalier d’expérience au doigté apprécié et qui entraîné désormais par Philippe Guerdat, bénéficie d’une expertise qui peut être déterminante. Eric Lamaze et Rodrigo Pessoa sont deux compétiteurs d’exception. Les deux montent aussi des entiers. Hickstead n’apparaît pas facile a priori, mais quel guerrier !qui sait ? Quant à Rebozzo, à seulement dix ans, le fils de Tlaloc La Silla (ex Dollar de la Pierrre) apparaît bourré de qualité. Aura-t-il aussi la résistance qui s’impose à ce niveau ?

Commentaires


 | 09/10/2010 10:50
Un peu de France tout de même en finale avec Reboso fils de Dollar dela Pierre

anne c | 09/10/2010 07:11
Excellent compte rendu de l'épreuve.
C'est claire, détaillé, documenté avec référence des chevaux et évocation d'un grand bonhomme Jean d'Orgeix. Bravo monsieur Libbrecht et à toute l'équipe de Cavadeos