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Jérémie Rolland, l’homme aux trois cents parcours
vendredi 21 janvier 2022

Jérémie Rolland et Guarana du Lirot
Jérémie Rolland et Guarana du Lirot © PSV

Dans son numéro 401, L'Eperon Hebdo vous emmène à la rencontre de Jérémie Rolland. Installé dans la Manche, aux écuries de Pirou, Jérémie Rolland s’est distingué sur les concours d’élevage en 2020 et 2021, et valorise chaque année plusieurs dizaines de jeunes chevaux sur les circuits de formation. Il élève également et, contrairement à bon nombre de ses homologues, ne vise pas le haut niveau, ni les Grands Prix classiques.

Jérémie assume pleinement son activité de formateur de jeunes chevaux, il en a fait sa spécialité et se plaît dans son quotidien d’éducateur de jeunes prodiges (ou non) du saut d’obstacles. Après plusieurs années de formation auprès de Patrick Le Rolland, Christian de Coligny et de Jean-Luc Dufour, il s’est installé dans la Manche, avec sa compagne Marion Guerrin. « Le père de Marion avait une résidence secondaire et quelques herbages, sur lesquels nous avons pu construire notre structure », indique Jérémie. « Nous nous situons idéalement, entre mer et forêt. » Originaire de l’Orne, ce dernier n’est pas issu d’une famille de cavaliers : son père dirigeait une entreprise de motoculture et sa mère était infirmière. Mais, partageant quelques promenades à cheval avec son père, Jérémie a pris goût à la pratique de l’équitation et a décidé d’en faire son métier. 

C’est notamment son travail auprès de Jean-Luc Dufour, pendant cinq ans, qui lui a donné le goût de l’élevage et des bonnes souches. « Jean-Luc m’a appris ce qu’était une bonne lignée, un bon poulain. » C’est d’ailleurs pendant qu’il travaille chez lui que Jérémie fait l’acquisition d’une certaine Cheilane de Blondel (Nonstop, Bwp, et Surprise de Blondel par Kassidi), auprès du couple Ruel. Cette jument représente aujourd’hui la base de l'élevage de Jérémie, l’élevage du Lirot. 

Une structure, des activités

Aux écuries de Pirou, Jérémie et Marion sont à la tête de plusieurs activités. La structure compte un  poney club et un centre équestre, avec environ cent cinquante licenciés. La partie enseignement est gérée par Marion. Les écuries comptent également une partie formation et valorisation de jeunes chevaux, à laquelle sont dédiés quarante-deux boxes. Et puis, il y a l’élevage. Dans ce cadre, tout le monde met un peu la main à la pâte, y compris Marion qui, en plus d’être monitrice, a obtenu son diplôme d’inséminatrice récemment. Environ quinze poulains naissent chaque année. La structure s’appuie sur une salariée, Elodie Lemaresquier, et sur trois apprentis. Au total, environ cent quarante chevaux sont domiciliés dans les écuries de Jérémie et Marion. « Quand il n’y a pas de cours, tout le monde est à cheval », précise Jérémie. Et, aujourd’hui, le couple dispose d’environ quatre-vingts hectares. « Nous sommes très bien situés. Toutes les semaines, nous sommes en concours à moins d’une heure d’ici », concède Jérémie. De son côté, le cavalier et éleveur gère toute la partie valorisation/formation des jeunes chevaux. Et il ne chôme pas : cette année, Jérémie a trente chevaux au travail, confiés par différents éleveurs, professionnels ou non. 

Miser sur une souche de qualité

L’attrait de Jérémie pour l’élevage s’explique donc en partie par les bons enseignements de Jean-Luc Dufour. Cheilane, acquise alors qu’elle avait deux mois, a donné par la suite plusieurs poulains à Jérémie, dont quatre filles. Il a choisi d’en vendre une à son apprenti, et a gardé les trois autres pour l’élevage : Guarana du Lirot (Ascot des Ifs), six ans, Iguana du Lirot (Panama Tame), quatre ans, et Jalisca du Lirot (Diamant de Semilly), trois ans. « Au départ, nous avons fait saillir quelques juments que ma compagne montait en concours. Mais, aujourd’hui, nous ne passons que par les filles de Cheilane. Plus on avance, plus la souche semble se bonifier. Tous ses produits sautent. » Iguana a d’ailleurs remporté en 2021 la finale des trois ans sport, dans le cadre d’Equita Lyon. Une jolie victoire pour le jeune éleveur, qui savourait pour la première fois le succès d’un produit qu’il a lui-même fait naître !

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 401 de L'Eperon Hebdo (paru le 19 janvier 2022), disponible sur notre boutique en ligne.