Jérôme Guéry, nouvelle année au sommet ?
jeudi 13 janvier 2022

Jérôme Guery et Quel Homme de Hus, ici lors des Jeux Olympiques de Tokyo
Jérôme Guery et Quel Homme de Hus, ici lors des Jeux Olympiques de Tokyo © Scoopdyga

Pour sa première finale du Top Ten, à Genève, Jérôme Guéry est monté sur la troisième marche du podium. Un bel épilogue pour une saison bien menée avec son principal complice, l’étalon Quel Homme de Hus. Dans le numéro 400 de L'Eperon Hebdo, le cavalier belge revient, entre autres, sur son année 2021 exceptionnelle.

Si le cheval qui lui a permis de participer en 2016 à ses premiers Jeux Olympiques s’appelle Grand Cru van de Rozenberg (Malito de Rêve), c’est bien 2021 qui restera un grand millésime pour Jérôme Guéry. Il bouclait l’année en position de leader du classement de la Fédération royale des sports équestres belges, à la huitième place du ranking FEI, avec à son palmarès de nombreux succès en Grands Prix 5* et en Coupe des nations et, surtout, avec une médaille de bronze par équipe décrochée lors des Jeux de Tokyo. En décembre dernier, à Genève, le cavalier de quarante-et-un ans, souriant et disponible, nous a parlé de son organisation, ses projets, et bien sûr du formidable étalon Quel Homme de Hus (Quidam de Revel).

Où êtes-vous installé et comment êtes-vous organisé ?

Je suis installé près de Waterloo depuis douze ans. Les infrastructures se sont améliorées peu à peu. Nous avons des pistes extérieures pour sortir les chevaux en préservant leur moral. C’est très important d’avoir des chevaux bien dans leur tête pour être prêts à tout donner. Il faut s’adapter à chaque cheval en respectant son humeur, il doit être content de travailler. Nous sommes huit personnes sur le site et tout le monde habite sur place. C’est une écurie très familiale, ma femme Patricia monte en CSI et Mathieu, mon fils ainé qui a seize ans, commence à faire des épreuves cotées à 1,40 mètre. Aujourd’hui j’ai vingt-neuf chevaux, presque tous en copropriété. C’est ma façon de faire. Quand je crois en un cheval, j’en prends toujours une part. C’est ce qui s’est passé avec Quel Homme de Hus quand Gaëtan Decroix m’a proposé de le monter. Nous avons également fait un montage avec Alexander Oancea, qui était déjà copropriétaire de Grand Cru.

Comment avez-vous fait votre place dans le monde équestre ?

Je ne suis pas né dans ce milieu, ma mère était institutrice et mon père dans la communication. Quand j’ai décidé d’en faire mon métier, je n’avais pas les moyens pour m’installer et je suis allé travailler chez des éleveurs et des marchands. De mes dix-huit à mes vingt ans, je travaillais au haras des Hayettes et j’ai monté sur les concours SHF en France. C’est un bon apprentissage ! Il faut un peu de temps pour connaître ce milieu, et j’ai eu la chance de faire les bonnes rencontres. Mais pendant longtemps, j’étais avant tout un cavalier de commerce, car c’est indispensable pour vivre dans ce milieu. Parfois il faut faire des choix : j’ai vendu Tic Tac du Seigneur (Clinton, holst) qui avait un potentiel pour briller lors des Jeux Olympiques, et il les a d’ailleurs faits avec Ben Maher ! Mais grâce à d’autres rencontres, j’ai pu aller à Rio avec Grand Cru (avec qui il s’est classé vingt-huitième en individuel, ndlr). C’est une expérience inoubliable. Les Jeux, c’est un rêve de gamin, c’est vraiment le Graal ! Ce n’est pas pour l’argent car il n’y a pas de dotation. Pour Tokyo j’ai eu une prime de 10 000 euros par l'État. Notre médaille a eu beaucoup de retombées en Belgique, j’espère que ça va booster l’équitation, il y a un bon développement.

Comment avez-vous préparé les Jeux de Tokyo ?

Après le titre lors des championnats d’Europe, on savait qu’une médaille était possible. Mais la pandémie a un peu bloqué les choses ! Il y a eu de grosses incertitudes sur la tenue des Jeux, et nous avons vraiment hésité à vendre le cheval car nous avions des propositions. Et puis, nous avons eu la volonté d’aller au bout du rêve. En même temps, l’arrêt des compétitions nous a permis de mettre Quel Homme de Hus au prélèvement et d’avoir plus de commerce pour l’étalon en le proposant en frais. C’est sécurisant pour sa rentabilité. Pour Tokyo, nous avions fait un programme sur deux ans, avec toujours l’incertitude que tout soit remis en cause, mais on essayait de s’y tenir. Parfois, il faut savoir faire des concours sans penser à gagner. L’important, c’est l’objectif à long terme car c’est lui qui détermine les objectifs à court terme. Il faut amener le cheval à son pic de forme. Quand Quel Homme a gagné à Knokke fin juin, j’ai su que c’était sur la bonne voie.

La suite de cet article est à découvrir dans le numéro 400 de L'Eperon Hebdo (paru le 12 janvier 2022), disponible sur notre boutique en ligne.