Joseph Martin inscrit son nom au palmarès d’HEC
mardi 11 juin 2019

Joseph Martin Ambre de Launay Jump HEC 2019
Joseph Martin et Ambre de Launay sur l’ultime obstacle du barrage © Claude Bigeon

Plantée dans un magnifique écrin de verdure, au bord d’un étang dans le parc de la prestigieuse Grande Ecole d’HEC à Jouy-en-Josas (78), la piste du Jump HEC offrait cette année un Grand Prix Pro1 doté à 10 000 euros associé à un challenge du meilleur cavalier soutenu par la société Econocom. Un coup de pouce supplémentaire à la dotation qui a motivé certains cavaliers.

Après les deux sans-faute de Guillaume Batillat et Baby Love puis de Joseph Martin et Ambre de Launay, le chef de piste du Grand Prix Pro 1 (140cm) du Jump HEC version 2019, Nicolas Delerue, aurait pu s’interroger sur son parcours car une série de quatre abandons ont suivi. Mais finalement, ils seront six au barrage sur 33 au départ. Quatre couples renouvelleront l’exploit de la première manche. Joseph Martin associé à Ambre de Launay remporte le Grand Prix Pro1 140 du Jump HEC (en 34’’38) devant un Guillaume Batillat en forme avec deux montures qu’il place sur la deuxième et troisième marches, Baby Love (34’’56) et Verso Alia (36’’30), un nouveau cheval qui va continuer dans les 145. La jeune Noa Verel associée à Lennart 13 (36’’59) est quatrième. Quatre couples dans un mouchoir de poche. Suivent : Vincent Hurel et Usua des Blés qui écopent de deux barres (8pts, 36’’87) et un habitué du Jump HEC, Georges Serignac avec Solution de Normandie (8pts, 37’’92).

Guillaume Batillat meilleur cavalier du nouveau challenge Econocom apprécie ce concours : « J’aime beaucoup le concours car c’est un cadre idyllique. Ils ont mis une bonne dotation et mes chevaux sont bien sur l’herbe donc j’en ai profité. A priori Baby Love devrait faire les Master Pro Elite. Cela fait trois, quatre fois que je viens ici. Le parcours était très bien avec le nombre de partants, pas de grosse difficulté. Beaucoup de quatre points sur le un et le dernier double. C’était un beau Grand Prix. A part le temps un peu trop laxiste, le reste était bien. Une combinaison avec une entrée un peu longue, le dernier double sur le bord de la piste. C’était un chouette parcours. »

Une belle victoire du champion de France Pro 2 de 2014, Joseph Martin qui participait pour la première fois au Jump HEC. « Ce week-end, j’ai préféré venir ici pour préparer les championnats de France Pro1, car c’est un super terrain en herbe. C’est une piste de niveau cinq étoiles, commente Joseph Martin. La première manche était très bien dessinée par le chef de piste, Nicolas Delerue. Un super parcours assez classique, mais des petites fautes partout. Je me suis dit en marchant le Grand Prix qu’on serait deux, trois sans-faute. Le barrage était aussi classique, mais on pouvait retirer une foulée. C’est ce que j’ai fait dans la première ligne et la deuxième ligne, mais je n’ai pas pu le faire dans la dernière ligne. Ambre de Launay, c’est une jument de 9 ans par Lauterbach et Robin II Z que j’ai récupéré il y a environ six mois, d’un nouveau propriétaire, Marcel Darbary. Depuis novembre j’ai fait une vingtaine de parcours avec elle. Elle a fait son premier Grand Prix 1m50 à Tours il y a quinze jours. Il y a encore un petit peu de réglage à faire. Quand elle est arrivée dans mes écuries, elle était sortie uniquement sur 135. Je l’ai préparé cet hiver. Mais c’est une jument très très chaude, donc il ne faut pas trop courir les premiers jours sinon, elle devient incontrôlable. C’est pour ça que je n’ai pas trop couru hier, ni vendredi. C’est passé aujourd’hui, mais j’aurai pu faire un petit quatre points. Au barrage, j’ai voulu faire cinq foulées pour aller chercher le dernier obstacle, elle s’est déportée à gauche sur la sortie du double. Je n’avais plus les cinq donc j’ai fait une sixième foulée. »

A 33 ans, Joseph Martin gère les écuries de Bonneval, où il organise pas mal de concours. Depuis 2014, il a reconstruit des jeunes chevaux. « J’ai de bons 4 ans, de bons 5 ans, une bonne 8 ans qui a fait sa première 1m40 aujourd’hui, Canberra Va. Je reviens avec des jeunes sur des 150. Depuis la fin de l’année dernière je travaille avec Jean-Pierre Bonneau qui m’apporte un peu plus de rigueur dans mon travail sur le plat et le tracé des parcours. »

Une édition un peu spéciale cette année, puisque ce concours hippique qui a connu ses heures de gloire à l’époque où il proposait une belle dotation sur un Grand Prix 150, est organisé depuis 1969. Cinquantième anniversaire donc ! Non pas tout à fait car l’édition 2016 a été annulée en raison des inondations de juin 2016. Ce sera donc, l’année prochaine en 2020 que le Jump HEC soufflera officiellement ses cinquante bougies. La particularité de ce concours organisé par les étudiants d’HEC est d’avoir une équipe d’organisation qui tourne d’une année sur l’autre, une particularité dans le paysage des concours hippiques Pro. « La difficulté que nous avons par rapport aux sponsors qui suivent HEC, c’est qu’ils viennent plutôt sur des sports collectifs du style foot, rugby avec d’autres valeurs selon eux, explique Mathilde Marin, la présidente du Jump HEC 2019. Pour les entreprises l’équitation est un sport qui semble trop fermé et moins visible. Cette année on a essayé de relever le standing avec le challenge Econocom pour les cavaliers qui font une épreuve Pro par jour. » Avec 500 engagés cette année, le Jump HEC conserve une participation identique mais se réoriente un peu plus vers les cavaliers Pro. L’enjeu pour l’avenir ? Trouver des sponsors pour proposer une meilleure dotation et montrer que le Jump HEC propose à nouveau des épreuves plus intéressantes pour les Pro.

Photo : Joseph Martin et Ambre de Launay sur l’ultime obstacle du barrage. Ph. Claude Bigeon