Julien Anquetin : "Gravity a dépassé mes espérances"
jeudi 27 février 2020

Julien Anquetin et Gravity of Greenhill
Julien Anquetin et Gravity of Greenhill © Scoopdyga

Depuis quelques mois, les noms de Julien Anquetin et Gravity of Greenhill résonnent souvent aux remises des prix des concours internationaux. Après avoir vécu de belles années chez les Jeunes Cavaliers, ce Normand de 28 ans a su se construire un système ambitieux et réfléchi dont il commence à récolter les premiers fruits. Pour L'Eperon, Julien s'est livré sur son organisation et ses espoirs de haut-niveau.

Julien, vous revenez de Göteborg où vous terminez septième de l'un de vos premiers Grand Prix Coupe du Monde. Vous devez être satisfait ? 

Oui c'était vraiment un super week-end. J'ai été invité là-bas à la dernière minute suite au désistement d'Olivier Robert (l'Aquitain a du renoncer à cause d'une réaction cutanée de Vivaldi des Meneaux, ndlr). Le week-end d'avant je courais à Neumünster (au Nord de l'Allemagne, à quelques kilomètres de la frontière danoise, ndlr) et Göteborg n'était pas du tout au programme. Finalement, je suis d'autant plus satisfait parce que Gravity a réussi à se classer dans la grosse épreuve de vendredi et dans le Grand Prix. Mon deuxième cheval, Blood Diamond du Pont, fait quand à lui un petit 4 points dans le Grand Prix de la ville. Il n'a que neuf ans et il n'avait jamais sauté un Grand Prix à 150, cela me rassure pour la suite. 

Vous semblez des plus réguliers avec Gravity of Greenhill que vous montez depuis un peu plus d'un an seulement...

Il est vrai que Gravity a tout de suite répondu présent. Pour certains c'est surprenant mais le cheval avait déjà classé de belles épreuves à 150 avec ses anciens cavaliers. L'année dernière nous étions déjà septièmes du CSI 5* à Villach-Treffen. Finalement, je ne trouve pas qu'il y ait une si grande différence entre un Grand Prix de 4* et 5*.  

Comment en êtes-vous arrivé à croiser sa route ? 

Il était à vendre chez Guillaume Batillat et il gagnait déjà toute sorte d'épreuve à 150. A l'époque, je cherchais un cheval pour faire des Grands Prix pendant que je lançais les jeunes chevaux dans lesquels j'avais investi. Dans un budget raisonnable, je n'ai trouvé que lui. Il a fait plus que ce que j'imaginais au départ et j'aimerais qu'il continue encore un peu. 

Avez-vous d'autres chevaux de la même qualité ?

Je pense que Blood Diamond est une future star. Il a des moyens et du respect, je pense même qu'il est un cran au dessus de Gravity, il manque juste d'expérience. Il n'a pas fait de 150 avant ses neuf ans, j'ai pris mon temps avec, et d'ici un an, j'espère qu'il prendra la relève. J'ai également plusieurs sept ans de grande qualité comme Ivizi, en lequel je crois beaucoup, et Z Ice Cube Z, qui a sauté quelques internationaux à 7 ans. J'ai plusieurs chevaux prometteurs qui vont arriver, j'aimerais simplement que Gravity tienne encore un peu son rôle de cheval de tête ! 

Vous avez commencé à monter chez votre père, Franck, qui était un cavalier international. Comment êtes-vous structuré aujourd'hui ? 

Je suis toujours installé chez mon père. Nous avons chacun notre propre partie d'écurie mais nous continuons à travailler ensemble. En parallèle, je me suis associé à des investisseurs qui se prêtent au jeu du concours, c'est plus confortable pour moi. Je n'ai pas de coach au quotidien, ce n'est pas quelque chose qui est évident à mettre en place. Je travaille un peu au  coup par coup avec des gens comme Bruno Rocuet par exemple. Le système mis en place par la FFE est aussi appréciable. J'ai participé à plusieurs stages avec Henk Nooren, il est très intéressant parce qu'il essaye de rendre les choses les plus simples et fines possibles. 

Aujourd'hui, le haut-niveau semble être devenu un véritable objectif ? 

Il y a plusieurs années, j'ai récupéré Quanan Rouge (l'étalon a depuis pris sa retraite du haut-niveau, il fera sa première saison de monte en frais cette année au Haras des Princes, ndlr). C'était un très bon cheval, difficile mais doté d'une vraie qualité. J'ai fait mes armes avec lui et en y réfléchissant, il est peut-être arrivé un peu tôt dans ma carrière. Quand j'ai un peu touché le haut-niveau il y a  trois ou quatre ans, je me suis dit que je devais construire quelque chose. Entre temps j'ai eu quelques chevaux sympas. J'ai pu faire des CSI 3 et 4* avec des montures qui étaient plutôt destinées aux 2* mais il me fallait un cheval qui serve de locomotive. Pour l'instant mon plan fonctionne bien mais je n'y suis pas arrivé tout seul. J'ai longuement discuté avec mes associés, dont des chefs d'entreprise qui possèdent une ou plusieurs affaires rentables. Nous avons essayé de développer la même chose dans le milieu des chevaux en y associant mon savoir-faire. C'est pour cela que nous avons investi dans plusieurs jeunes chevaux. Blood arrivera à maturité d'ici quelques mois. Je pense qu'il est prêt à sauter des Grands Prix de 3 et 4*, bientôt de 5*. 

Est ce que l'accessit au plus haut-niveau n'est pas trop compliqué ? 

Non puisque l'année dernière j'ai pu concourir à Cannes, Villach-Treffen ainsi que dans plusieurs autres concours vraiment intéressants. J'ai discuté avec Thierry Pomel et j'ai sa confiance. Quand je lui demande quelque chose, c'est que je suis prêt. Toutefois il y a beaucoup de cavaliers qui frappent à la porte et je le comprends parfaitement. Je ne peux pas non plus faire trop de concours puisque je n'ai qu'un seul cheval de Grand Prix pour le moment. J'avance gentiment dans le classement mondial et j'espère qu'un jour je pourrais choisir mes concours. 

Quel va être le programme de la saison ? 

Je vais laisser un peu de repos à Gravity, il a fait une bonne saison indoor. Je vais reprendre la saison extérieure avec les autres. Je ne veux pas tout miser sur un seul cheval, ce n'est pas le but de mon système. Pour autant, il va quand même faire quelques concours en fin de saison, sans l'épuiser, puis j'essayerai de viser la Coupe du Monde l'an prochain.