Julien Gonin fait son Caprice à Cluny
dimanche 27 juin 2021

Julien Gonin et Caprice de Guinfard
Julien Gonin et Caprice de Guinfard se sont imposés à Cluny en réalisant l'un des deux seuls double sans-faute de l'épreuve © Jean-Louis Perrier

Il fallait un spécialiste pour s’emparer du grand prix de l’étape bourguignonne du Grand National FFE-AC Print CSO. Récente gagnante à Tours-Pernay, Marie Pellegrin a bien failli l’emporter, mais elle s’incline derrière un autre adepte du podium du circuit fédéral, Julien Gonin associé à Caprice de Guinfard.

Au terme d’un après-midi où la chaleur lourde annonçant un orage n’a pas facilité la tâche des compétiteurs, trois barragistes seulement sur les soixante-trois partants se sont opposés pour la victoire de cette nouvelle étape du circuit Grand National. En commentant le parcours monté par Yann Royant, Benoit Cernin avait souligné que ce tracé aéré au début était très technique et long, et qu’il fallait le monter dans un bon tempo pour être dans le temps, en gardant des ressources pour la fin. C’était bien vu de la part du Bourguignon qui termine à la huitième place en étant le meilleur des quatre points avec Seurat Galotière ! Quatre couples restent à la porte du barrage pour un dépassement de temps. Un détail d’autant plus rageant que le temps initial était de 82 secondes, en dessous desquelles ils étaient, mais il a été ramené à 80 ! Il faut dire que Marie Pellegrin avait magistralement ouvert l’épreuve avec un sans faute très rapide de son Selle Français Valentino des Bleus (Flipper d’Elle). La suite n’a pas été dans le même ton avec des fautes parfois dès le début du parcours, notamment la première combinaison placée en cinquième position avec vertical puis oxer, mais surtout à partir de la rivière constituant l’obstacle numéro huit, suivie à six foulées de l’oxer de la Laiterie de Montaigu. La ligne devant le public – très nombreux dans cette ville touristique – enchaînait le vertical Laurent Guillet de couleur dorée trompeuse, par l’oxer sur bidet du Grand National avant de négocier un virage délicat pour aborder en numéro onze le triple avec oxer, vertical, vertical, et six foulées pour en finir sur un gros oxer aux couleurs roses-beiges peu attractives. Malheureusement, beaucoup de couples sont sortis avec des scores lourds… Trois seulement ont pu en découdre à nouveau.

Une bataille entre couples expérimentés et prometteurs

Marie Pellegrin est partie dans le même tempo avec son bondissant alezan. Même si au final elle s’en voulait un peu d’avoir monter très fort la première ligne au détriment du virage pour aller vers l’obstacle numéro trois où Julien Gonin a gagné quelques précieux centièmes, la cavalière de l’écurie Equivallée-Haras National de Cluny qui frôle la victoire sur le terrain de son partenaire était très satisfaite de son Valentino des Bleus : « Il a été blessé l’an dernier à Tours-Pernay, et n’a repris que progressivement la compétition au printemps. C’est son premier GrandPrix1,50mètre et il était vraiment très bien ! »

De son côté, Antoine Ermann montait ici Béryl des Prés (Popstar Lozonais) et a perdu tout espoir de victoire dans son fief avec une faute sur le vertical placé en numéro trois. Mais le cavalier de 20 ans sous les couleurs d’Equita by GL Events II, signe une très belle performance et termine troisième de cette épreuve.

Le mot de la fin est revenu à Julien Gonin avec un tour impeccablement dessiné aux commandes de Caprice de Guinfard (Mylord Carthago). Lors de notre rencontre avec le cavalier de l’Ain pour le magazine N°388, Julien Gonin nous disait à quel point il avait douté du fait d'établir une bonne connexion avec l’alezan. Après sa victoire dans une épreuve 1,45 mètre lors du CSIO de la Baule et de nombreux classements depuis le début de la saison, il semble bien que le travail soit payant et les ambitions d’échéances internationales du cavalier de la Laiterie de Montaigu légitimes.

Resté à la porte du barrage et donc du podium pour quatre centièmes de seconde avec Lancaster LV V’T Diepenbr, Alexis Lheureux - qui coure sous les couleurs de Natural Innov-DP Nutrition - ne devrait pas tarder à bousculer les plus titrés sur ce circuit fédéral. Quatrième de cette épreuve, le nordiste de 27 ans est installé depuis novembre dernier dans les installations de Nicolas Delmotte, dont il profite des conseils : « J’ai commencé à monter très jeune, mais mes parents qui ne sont pas dans le milieu ne m’ont pas encouragé à en faire mon métier. Alors j’ai été travaillé dans des écuries d’abord en passant le balai et petit à petit j’ai eu des chevaux à monter. J’ai une trentaine de chevaux au travail dont Lancaster qui était monté par Nicolas l’an dernier. C’est un cheval qui a beaucoup de sang, et un peu tardif, il trouvait mal sa place dans le piquet de Nicolas très orienté sur les 5*. Il a conseillé à son propriétaire de me le confier, et ça commence à très bien aller ! »

Les résultats complets à retrouver ici.