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Juliette Faligot, prudence et performance
mercredi 11 novembre 2020

Juliette Faligot et Arqana de Riverland
C'est avec l'excellente Arqana de Riverland que Juliette Faligot s'est faite remarquer ces derniers mois. En piste, la fille de Cornet Obolensky ne laisse personne indifférent. © Eric Knoll

Deuxième du Grand Prix 4* de Saint-Lô le 25 octobre dernier en selle sur sa bondissante et spectaculaire Arqana de Riverland, Juliette Faligot s’approche peu à peu du plus haut niveau. La cavalière française compte bien tout mettre en œuvre pour y arriver et surtout y rester. Rencontre avec celle dont le parcours rime avec famille, patience et passion.

L’avenir de Juliette Faligot semblait être tout tracé. Née dans une famille de passionnés et néanmoins extérieure au métier de cavalier, la jeune femme met très tôt le pied à l’étrier. En selle dès l’âge de trois ans, elle n’a par la suite jamais quitter les chevaux. Si bien qu’à 19 ans, après un baccalauréat en comptabilité, la jeune femme décide de devenir cavalière professionnelle. « Je ne me suis jamais vue faire autre chose », confie-t-elle. D’autant plus que Juliette Faligot possédait déjà de bonnes bases pour se lancer et évoluer dans ce métier. Outre un beau palmarès, elle a pu bénéficier de la structure familiale dans laquelle ses parents ont investi en 1999. « Mes parents ont fait beaucoup de concessions pour moi. Nous avons toujours fait avec les moyens que nous avions, ce qui a parfois peut-être rendu les choses un peu plus longues à se mettre en place. Mais je ne les remercierai jamais assez pour tout ça », raconte la jeune femme avec reconnaissance. Toujours installée dans ces mêmes écuries situées à Bailleul dans le Nord de la France, Juliette Faligot s’entraîne aux côtés de Pierre Mathieu, ancien capitaine de l'École nationale d'équitation de Saumur, qui l’a d’ailleurs emmenée vers la victoire lors des championnat de France Jeunes Cavaliers en 2006. « À mes débuts, j’ai travaillé avec Laurent Goffinet et Eugénie Angot. J’ai beaucoup appris de leurs expériences, tant à pieds qu’à cheval. Depuis quatre ans, je m’entraîne à nouveau avec Pierre Mathieu. Il est définitivement celui qui m’a le plus apporté et il continue de le faire encore chaque jour », explique Juliette Faligot.

Assurer l’avenir

Agée de 35 ans, Juliette Faligot peut compter aujourd'hui sur un piquet de chevaux bien étoffé. Et cela notamment grâce à de belles collaborations avec le Haras des Princes, l’élevage de la Ronelle et de nombreux autres propriétaires. Si ses chevaux de tête sont aujourd’hui sa fidèle Arqana de Riverland (Windows VH Costerveld x Stella de Riverland par Diamant de Semilly), Appy Days Une Prince (Dollar dela Pierre x Klaire d’Honvault par Clair de B’Neville) et Vérité Une Prince (Number One d’Iso x Justine d’Aursaye par Rosire) -avec lesquelles elle court majoritairement des épreuves allant jusqu’à 145cm-, la cavalière française s’attache également à préparer l’avenir. « Plus jeune, il m’est déjà arrivé d’avoir des périodes creuses, sans vraiment de chevaux. Mais j’ai appris des mes erreurs de jeunesse, j’ai pris en maturité et désormais j’essaie au maximum de ne plus avoir à revivre ça », confie-t-elle avec humour. De nombreux jeunes chevaux actuellement en formation viennent ainsi compléter le piquet de Juliette, afin de soutenir ou, à terme, de remplacer, ceux qui l’accompagnent actuellement dans son aventure vers le plus haut niveau. Et pour cela, l’amazone suit un schéma précis. « Je travaille conjointement avec mon cavalier maison : il s’occupe de préparer les chevaux jusqu’à leurs six ans et je prends ensuite la relève pour continuer leur formation », explique-t-elle. 

Arqana de Riverland, la consécration 

Et s’il y a bien une jument qui fait le bonheur et la fierté de la cavalière, c’est Arqana de Riverland. Si autrefois il s’agissait simplement d’une jument que Juliette Faligot avait au travail, cette dernière ne s’est très vite plus imaginée sans elle. Avec sa mère, elle l’a ainsi rachetée à Carole et Marius Huchin, gérants du Haras des Princes. Un achat « pour le plaisir et pour le sport, et aucun cas pour le commerce ». Et malgré les très nombreuses et très intéressantes offres de rachat qui ont pu être faites à la cavalière concernant son exceptionnelle Arqana, elle n’en a accepté aucune. « Il y a eu des propositions qui m’ont parfois empêchée de dormir la nuit. Mais Arqana est trop chère à mon cœur. Trouver une telle jument a été le but et la consécration de toutes ces années à exercer ce métier. Maintenant que je l’ai, autant se faire plaisir. Et ce plaisir là n’a pas de prix à mes yeux », raconte-t-elle avec émotion depuis sa terrasse, les yeux rivés sur la jument broutant au paddock. Pourtant, la cavalière ne s’attendait initialement pas à de tels résultats. Prudente, elle assure ne jamais faire de plan sur la comète concernant ses chevaux. « Tant qu’ils ne l’ont pas fait, on ne peut pas savoir », assure-t-elle. Une chose est sûre, la cavalière française reconnue pour la finesse de son équitation compte bien se faire une place au plus haut niveau et poursuivre cette belle aventure le plus longtemps possible.