L’Europe est aussi une affaire Suisse !
vendredi 28 août 2009

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Piu Schwize, Clarissa Crotta, Steve Guerdat et Daniel Etter - Ph. FEI

Qu’on le prenne par tous les bouts, ce Championnat d’Europe fut une affaire Suisse. Pour preuve, la médaille d’or de l’équipe Helvète décrochée de justesse grâce au « finish » de Steve Guerdat devant la surprenante équipe italienne entraînée par son compatriote et coéquipier -jusqu’il y a moins de trois mois encore-, Markus Fuchs. Interview vidéo de l'équipe de France

Un podium surprise puisque l’équipe Allemande le complète devant celle des Pays Bas qui le quitte en abandonnant le titre européen conquis à Mannheim. Cinquième après une belle résistance et un coup de rein de Kevin Staut qui lui a évité pire, la formation tricolore n’a pas trouvé le rythme et la fraîcheur qu’on lui avait connus en milieu de saison (Aix la Chapelle).

Une déception si l’on considère la place occupée, mais qu’il convient de relativiser si l’on s’en tient aux scores où il apparaît que deux points seulement éloignent les bleus (33,71pts) du podium et qu’ils font partie du peloton qui lutta jusqu’au bout et qui s’est tenu en moins d’une barre : outre l’Italie (31 pts) et l’Allemagne (31,75) déjà cités, les Pays Bas (32,96), la Grande Bretagne (35,26) et l’Irlande (35,86).

Le succès des Suisses fut en réalité celui d’une équipe jeune, totalement remaniée ou le travail fut accompli à trois : Daniel Etter (Peu à peu) qui s’est révélé plus combatif qu’à l’ordinaire, Clarissa Crota dont l’enthousiasme est à la hauteur de celui de Westside van Meerputhoeve (Baloubet du Rouet) et Steve Guerdat qui après une première manche décevante avec Jalisca Solier spécialement préparée pour l’évènement, fit parler son talent dans la seconde. En réalité seul le leader du premier jour (la chasse) Pius Schwizzer (Ulysse) qui a pourtant effectué d’énormes progrès en moins d’une saison, ne trouva pas ses marques sur le parcours (trois fautes à chaque tour).

Natale Chiaudani, le doyen de l’équipe transalpine, fut le seul à « tirer » un double sans faute sur les neuf produits (77 engagés avec les individuels) durant l’épreuve par équipes. Il montait comme à Dublin, la grande baie hollandaise (fille d’Emilion) qui boit dans son blanc : Snai Seldana di Campalto. A l’heure des congratulations le pisan salua l’influence bénéfique de Markus Fuchs. « Il n’est pas le meilleur copain de nos journées, mais au fond si l’on peut l’être, grâce à lui et au travail bien fait, le soir c’est mieux ainsi ». Il tint aussi à faire remarquer que c’était la deuxième fois que la même équipe se distinguait. « C’est la deuxième fois que nous sommes ensemble. A Dublin nous avons gagné et ici nous sommes second ». Enfin il ajouta « Si l’influence de Markus nous est certainement bénéfique je voudrais que nous n’oublions pas tout le travail qui a été fait avec Emilio Puriccelli. Je pense que nous lui devons aussi ce succès ».

Même considération de Meredith Michaels Beerbaum au sujet de la composition de l’équipe d’Allemagne : « c’est une nouvelle équipe et un nouvel entraîneur ». La seule chose qui n’a pas changé outre Rhin, cette fois sous le capitanat d’Otto Becker, c’est l’application et le sérieux. Pas un sans faute certes, mais un seul parcours sur huit à plus de quatre points : celui de Marcus Ehning et Plot Blue (huit points en première manche). La régularité exceptionnelle de ses coéquipiers, notamment Carsten Otto Nagel (Corradina) et Thomas Mühlbauer (Asti Spumante) fut patente, alors que la numéro un mondial, Meredith Michaels-Beerbaum qui devait assurer le gain de l’équipe avouait « avoir été un peu dépassée par Checkmate dans la ligne du double ». Elle concédait aussi une faute à chaque passage.

Cinquième derrière les Bataves pour qui Harrie Smolders (Exquis Walnut de Muze) ne parvint jamais à être utile à ses coéquipiers (Angélique Hoorn, Albert Zoer et Marc Houtzager) aux prises tour à tour avec les Anglais chez qui Ben Maher s’annonce comme un sérieux concurrent pour le titre individuel ou les Irlandais ou Darragh Kerins et son petit Night Train découvert à Las Vegas font merveille, les français ont pris un mauvais départ qui leur fut fatal.

On peut, à la lecture des faits et des chiffres, estimer, comme Laurent Elias le sélectionneur, qu’il y a progrès par rapport à Mannheim. « On m’aurait demandé il y a six mois si l’équipe de France reviendrait dans les cinq premières, je ne suis pas sûr que je l’aurai prétendu. Ce qui m’a vraiment plu c’est de voir notre capacité à nous reprendre après une première manche mal engagée (6 ème au provisoire) ».Soit ! Car ne peut on aussi se poser quelques questions ? A l’exception de Kevin Staut (6ème individuel) qui signa l’unique sans faute tricolore de l’épreuve en guise de « réparation » des deux pénalités encaissées avec Kraque Boom en première manche, les bleus ont ils tourné à leur niveau ? Afficher des scores globaux de 16 pts (4 +12) pour Roger Yves Bost et Idéal de la Loge qui a certes l’excuse d’avoir déferré, sur le N°1, en seconde manche ou 13 pts (8 +5) pour Timothée Anciaume et Lamm de Fétan qui étaient aussi deux pièces maitresses du dispositif engagé n’était ce pas tout simplement trop ? N’était ce pas moins bien que la moyenne tenue tout au long de la saison ? Et, en tout état de cause n’était ce pas aussi moins bien que ce que ne parvint à délivrer Olivier Guillon avec l’inexpérimenté Lord de Theize, lequel au terme de l’épreuve par équipe pointe au douzième rang individuel ? Inattendu !Cinquième, l’équipe de France dont l’ambition affichée demeure un podium aux JO de Londres selon le DTN Pascal Dubois lors de la dernière conférence de presse fédérale (18 août) est certes revenue dans la course européenne, mais, dans le même temps, il apparaît clairement que le rythme de celle-ci ne cesse de se durcir.Rendez vous, en attendant, dimanche, pour le couronnement individuel ou quatre cavaliers se tiennent en moins d’une faute : Chiaudani (4,47), Maher (6,30), Zoer (7,18) et Guerdat (8,05). Ils sont suivis de Kerrins (8,85), Staut (9,42), Nagel (9,64), Etter (10,54), Hanley (10,83), Michaels Beerbaum (12,31), Hoorn (12,54) et Guillon (12,69). Un tableau qui met Meredith Michaels à moins de deux fautes du leader…Au 22 ème rang Timothée Anciaume (16,31) soit moins de trois fautes… Vingt neuvième, Roger Yves Bost (18,60), lui ne repartira pas.

Résultats détaillés