La Suède inscrit doublement son nom dans l'histoire de la Ville Éternelle
vendredi 24 mai 2019

Fredrik Jönsson, Angelie von Essen et Henrik von Eckermann aux côtés de leur sélectionneur, Henrik Ankarcrona. Ne manquait que Peder Fredricson ! © Simone Ferraro/CONI

La Suède a mis fin cet après-midi à l'hégémonie italienne dans la Coupe des nations du CSIO de Rome. Après deux victoires en 2017 et 2018, les cavaliers de la Squadra Azzura ont finalement laissé place aux Suédois qui n'ont presque pas tremblé malgré la pression mise par la Belgique et l'Irlande tout au long des deux manches.

La deuxième victoire de la Suède... En dix-neuf ans ! 

En près d'un siècle d'existence, la Suède n'avait gagné qu'une fois la Coupe des nations de Rome, c'était en 2000. Les cavaliers bleus et jaunes ont donc remédié à ce manque en inscrivant une deuxième fois le nom de leur pays au palmarès de ce mythique concours. Dès le départ, la formation de Henrik Ankarcrona était des plus sérieuses sur le papier : Henrik von Eckermann, Fredrik Jönsson et Peder Fredricson ayant tous les trois fait partie de l'équipe médaillée d'argent aux JEM de Tryon. Aidés par le double sans-faute de Henrik et Toveks Mary Lou, la victoire de la Suède n'a été acquise que lors de l'ultime rotation. Peder Fredricson a encore su faire preuve de nerfs d'acier pour offrir le sans-faute nécessaire à la victoire sur un Christian K tout à son aise sur la Piazza di Siena. Coup de chapeau également à Angelie von Essen, moins expérimentée que ses compatriotes, qui a tout de même produit deux bons tours avec Luikan Q (0+4). 

La Suède a donc devancé l'Irlande à douze points. Les cavaliers en vert comptaient de nouveaux couples parmi ses rangs dont celui formé par Peter Moloney/Chianti's Champion (0+5) ou Cian O'Connor/PSG Final (8+0). Darragh Kenny et Important de Muze, déjà troisièmes du Grand Prix de La Baule la semaine passée, ont confirmé leur forme en signant un parcours sans-faute et un autre à quatre points. L'Irlande sera encore une nation à surveiller cette année, d'autant qu'elle va se battre pour décrocher sa qualification olympique. 

La troisième a été partagée par la Belgique, exceptionnellement dirigée par l'ancien champion du Monde Philippe Le Jeune, et les Pays Bas. Ces derniers ont effectué une sacré remontée en deuxième manche en n'étant pourtant pas aidés par les scores de Jeroen Dubbeldam (21+20). Le multi-médaillé lançait pour la première fois son Roelofsen Horse Trucks Eldorado S dans une épreuve de cette ampleur, il lui faudra sûrement encore du temps pour s'affûter. 

Le retour impérial de Daniel Deusser

Ce n'est pas un secret, Daniel Deusser et la fédération allemande étaient en conflit depuis les Jeux Olympiques de Rio. Depuis, le cavalier n'avait plus porté la veste rouge mais il y a peu, un accord avait été trouvé (lire ici). La Coupe des nations de Rome célébrait donc le retour de Daniel sous les couleurs de la a Mannschaft, retour réussi puisque le pilote a réussi à boucler le deuxième (et dernier !) double sans-faute de l'épreuve aux commandes du génial Scuderia 1918 Tobago Z. De quoi réjouir l'Allemagne qui traverse une passe délicate et qui se trouve en pleine reconstruction. La performance de Daniel n'aura toutefois pas suffit pour espérer un podium : suite aux parcours de Katrin Eckermann (8+8), Gerrit Nieberg (4+12) et Christian Kukuk (13+5), l'Allemagne termine sixième avec 25pts. 

En parlant d'équipe en reconstruction, on ne peut que penser à celle d'Israël. En plus d'avoir recruté de bons cavaliers, l'équipe est dorénavant entrainée par Jeroen Dubbeldam et Hans Horn (lire ici). Le quatuor formé par Daniel Bluman, Robin Muhr, Elad Yaniv et Ashlee Bond faisait ses premiers pas ensemble, quelques fautes les ont éloignés de la victoire mais mais il pourrait bien réserver quelques surprises dans les mois qui viennent. L'équipe qui rêve tant des Jeux semble en tout cas avoir les cartes en main pour y parvenir. 

Une triste huitième place pour la France 

La France présentait une équipe inédite dans cette Coupe. Après plusieurs succès en début d'année, Félicie Bertrand et Sultane des Ibis couraient leur deuxième Coupe des nations en 5*.  Le couple a concédé douze points dans la première manche avant de ne renverser qu'une barre en début de parcours dans la seconde. Olivier Perreau et Venizia d'Aiguilly étaient également de la partie. Comme Félicie et Sultane, ils ont renversé trois barres sur le premier parcours à la différence qu'ils n'ont pas su améliorer leur score sur le deuxième. Trop gros ? Trop difficile ? Trop tôt ? La fille de Diamant de Semilly ne s'était jamais confrontée à des parcours de cette taille. Gageons que ces deux parcours leur aient au moins permis d'engranger un maximum d'expérience pour la suite. Sur sa nouvelle monture, Calevo 2, Kévin Staut a également du encaisser un lourd score en première manche, la faute à une incompréhension sur l'entrée de triple. Le couple s'est ensuite ressaisi dans la seconde, ne laissant qu'un pied dans la rivière. Seul Simon Delestre s'en est finalement bien sorti. Auteur d'une petite faute en sortie de double sur la première manche, le Lorrain a ensuite parfaitement corrigé le tir. Uccello de Will, pour sa première Coupe des nations, n'a pas buté face à la technicité et la hauteur des parcours proposés par Uliano Vezzani. Déjà réserviste à La Baule, le couple semble se faire une place dans l'équipe. 

Au final, la France a terminé huitième avec trente-six points, juste devant la Suisse qui en a sacrément bavé aujourd'hui entre les 24pts de Pius Schwizer et l'élimination de Martin Fuchs, dont la monture The Sinner, s'est bloquée vers l'entrée de piste et n'a pas souhaité en bouger. 

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