La Suisse toujours au sommet à La Baule
vendredi 11 juin 2021

Comme en 2019, date de la dernière édition du CSIO5* de La Baule, la Suisse s'est imposée
Comme en 2019, date de la dernière édition du CSIO5* de La Baule, la Suisse s'est imposée © Scoopdyga

Au terme d'une épreuve qui s'est tenue non pas à huit mais à dix nations (suite à l'annulation des étapes de Falsterbo, Hickstead et Dublin), c'est comme en 2019 la Suisse qui a pris le meilleur sur ses adversaires. Après une bonne prestation au CSIO5* de Rome fin mai dernier et une troisième place, les Bleus ne sont pas parvenus à réitérer cette bonne prestation dans cette Coupe des nations, deuxième étape du circuit qualificatif pour la finale de Barcelone, et termine au neuvième rang. Thierry Pomel dresse le bilan de cette journée et avoue à demi-mot que trois des quatre places pour Tokyo sont très probablement déjà pourvues.

Moins d’une semaine après l’étape suisse de Saint-Gall, le circuit Coupe des nations de la FEI faisait escale cet après-midi sur la piste en herbe du stade François André de La Baule. Face à un public, certes réduit, mais tout aussi chaleureux qu’à l’accoutumée, les dix nations engagées ont tenté de déjouer les pièges tendus par le chef de piste, Frédéric Cottier. En première manche, nombreux sont les couples à avoir fait fi des difficultés du parcours. Après le passage des trois premiers concurrents - tous sans aucune pénalité - le chronomètre a été abaissé de deux secondes, pour passer à 79 secondes. Pas moins de quatre nations n’avaient aucune barre à leur compteur à l’issue de la première manche. La Suisse (qui n’a d’ailleurs pas eu besoin de faire partir son quatrième couple !) et l’Irlande n’affichaient aucune pénalité tandis que la Grande-Bretagne et l’Italie ne comptaient qu’un point de temps. 

En deuxième manche, pour corser le jeu, Frédéric Cottier a décidé de modifier quelques éléments de son parcours : l’oxer n°2 ainsi que le vertical aux couleurs de La Baule ont été réhaussés de quelques centimètres tandis que l’oxer n°4, estampillé du violet caractéristique du circuit Coupe des nations, a été quant à lui élargi. Au cours de cette deuxième manche, deux nations se sont retrouvées à trois. D’abord, le Brésil. Suite à son parcours, pourtant sans faute et d’apparence tout en fluidité et en décontraction, Quabri de l’Isle, le comparse de Pedro Veniss, n’est pas reparti en seconde manche après une blessure dont la gravité n’a pour l’heure pas été précisée. Ensuite, la Suède s’est retrouvée à trois couples suite à l’élimination d’Angelica Augustsson Zanotelli et Kalinka van de Nachtegaele, les ouvreuses de leur nation. La cavalière s’est retrouvée éjectée de sa monture après un mauvais saut sur la spa, placée le long des tribunes. Alors que sa jument évoluait librement sur la piste, elle a trouvé une ouverture qui lui a permis de se glisser entre les panneaux lumineux du bord de piste et la haie et de parcourir une cinquantaine de mètres au galop au milieu des câbles avant de sauter, presque de pied ferme, par-dessus la haie et de se retrouver sur le bitume. Fort heureusement, lorsque la jument a été rattrapée et a rejoint le paddock en traversant la piste, elle ne semblait pas blessée. Pour ces deux nations, la seconde manche s’est révélée douloureuse, avec respectivement quatorze et vingt-six points supplémentaire alors qu’elles n’en comptaient que cinq en première manche.

La Suisse impériale, l’Italie surprend

Il fallait avoir les reins et les nerfs solides pour aller arracher un parcours parfait au cours de cette deuxième manche dont les fautes ont été majoritairement concentrées sur le double, placé en toute fin de parcours en numéro 12, ainsi que sur l’oxer n°2. La Grande-Bretagne et l’Irlande n’ont pas connu une deuxième manche aussi heureuse que la première. Les Britanniques pouvaient encore prétendre au podium à l’entame de la quatrième rotation, notamment grâce au double parcours sans-faute d’Emily Moffitt, très solide pour sa première Coupe des nations, avec Winning Good. Malheureusement, les neuf points récoltés par John Whitaker (sur l’oxer n°4 et la spa) ont fait retomber son pays au pied du podium, à la quatrième place. Même issue pour leurs voisins irlandais qui terminent cinquième après que chacun des membres de l’équipe, composée de Shane Sweetnam/Karlin van’t Vennehof, Darragh Kenny/VDL Cartello, Bertram Allen/Pacino Amiro et Cian O’Connor/Kilkenny, aient accusé quatre points, portant le total de l’équipe à 12 points, après élimination du dropscore. Des petites déconvenues qui ont arrangé la Belgique. Pénalisé de quatre petits points en première manche, le Plat Pays a doublé sa mise après une faute de Jérôme Guéry et Grupo Prom Milton, tandis que les quatre points de Niels Bruynseels et Jenson van’t Meulenhof étaient effacés du tableau. 

Au milieu de ces nations, qu’on pourrait qualifier de "fortes" dans le rang du jumping mondial, l’Italie s’est confortablement installée sur la deuxième marche du podium. Après n’avoir accusé qu’un point en première manche, la nation a pu compter sur le sans-faute de Riccardo Pisani, sur Chaclot, 12 ans - couple déjà sans-faute en première manche - et le parcours pénalisé d’un petit point de temps de Filippo Bologni, 27 ans, associé pour l’occasion à Quilazio, un fils de Quidam de Revel. Mais aujourd’hui, personne n’a pu faire mieux que la Suisse, qui termine l’épreuve avec seulement quatre points au compteur. Déjà troisièmes de la Coupe des nations de Saint-Gall, chez eux, dimanche dernier, les hommes de Michel Sorg ont confirmé leur très bonne forme, malgré des chevaux inexpérimentés sous la selle de Steve Guerdat (Albfuehren’s Maddox) et Martin Fuchs (Conner 70). « Les bons résultats d’Elian Baumann dans le Grand Prix de Saint-Gall lui ont permis de décrocher sa place pour La Baule, quant à Beat Mandli et Dsarie, ils étaient aussi dans la Coupe des nations de Saint-Gall et je savais qu’ils feraient bien le travail, précisait le chef d’équipe en conférence de presse. Elian a littéralement lancé l’équipe, il nous a mis sur de bons rails et dans un bon état d’esprit en faisant un sans-faute en première manche. Nous sommes particulièrement fiers de lui. » Arrivé à la tête de la Suisse en septembre dernier, Michel Sorg semble avoir déjà bien pris ses marques avec une troupe suisse qui semble plus soudée que jamais, et prête à aller décrocher une breloque olympique. 

Thierry Pomel : « C’était une journée de merde »

En revanche, pour les Bleus, « tout ne s’est pas passé comme prévu », comme le confiait le sélectionneur national, Thierry Pomel, à l’issue de l’épreuve. Pénélope Leprévost, sur GFE Excalibur de la Tour Vidal, ouvrait le bal et accusait huit points récoltés sur le dernier obstacle du parcours, le double vertical/oxer aux contrastes verts. Même sanction pour Olivier Robert et Vivaldi des Meneaux. « Olivier reconnaît avoir fait une erreur technique en mettant une foulée de moins avant le double. », affirmait le sélectionneur. Néanmois, le chef de file des Bleus estime que cette journée n’est pas perdue pour autant. « J’affirme que c’était une journée de merde, mais c’est la compétition. Ça n’a pas tourné en notre faveur aujourd’hui mais ça nous permet de réfléchir, de débriefer. À côté de ça, il y a eu de très bonnes choses. Je suis ravi de Quel Filou 13 (un point en première manche puis cinq points avec Mathieu Billot). C’est un cheval particulier mais il répète. Nicolas (Delmotte, sur Urvoso du Roch, ndlr) a fait deux beaux parcours (quatre points puis un sans-faute, ndlr), ce n’est que la première Coupe des nations du cheval cette année. » Conscient que les supporters des Bleus aient pu être déçus de la neuvième place de l’équipe, le sélectionneur explique les erreurs de Pénélope Leprévost/GFE Exaclibur de la Tour Vidal (huit points également en deuxième manche) ainsi que d’Olivier Robert et Vivaldi des Meneaux (quatre points en deuxième manche) : « C’était la première coupe des nations de Vivaldi, il doit prendre des repères. Olivier reconnaît avoir fait une erreur technique en mettant une foulée de moins avant le double. Quand à Excalibur, c’est est un grand cheval, avec une grande mécanique et il n’a pas su résoudre le problème (également sur le double, ndlr). Pénélope était juste dans son abord, mais le corps du cheval a continué à se propulser, ce qui a entraîné les fautes. Il apprend encore. La moitié du chemin est fait pour la moitié de l’équipe, mais il reste encore deux places à prendre. » 

Thierry Pomel a reconnu, mais sans le dire clairement, que dans l'immédiat Quel Filou 13 et Urvoso du Roch ont leur billet pour Tokyo. Il a ensuite ajouté que « il va y avoir un choix de la part de Pénélope parce que c’est elle qui va choisir son cheval pour Tokyo. » À en croire les mots du sélectionneur, trois des quatre places disponibles pour les Jeux olympiques seraient donc déjà pourvues.

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